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DIAGNOSTIC DES INFECTIONS A PNEUMOBACILLE DE FR1EDLENDER

Le pneumobacille vit fréquemment à l'état saprophytique à la surface de la cavité buccopharyngée; il est susceptible d'autre part de déterminer soit des affections de cette cavité, angines pseudomembraneuses subaiguës bien décrites par Mcolle et Hébert (*), soit des affections des voies respiratoires, bronchopneumonies et pneumonies, soit des suppurations, soit des septicopyémies.

Une race de pneumobacille ou tout au moins un microbe très voisin a été trouvé par Lœvenberg clans l'ozène, et par Cornil et Alvarez, Paltauf dans le rhinosclérome.

Dans tous ces cas le diagnostic reposera: 1° sur les examens directs qui montreront un diplobacille encapsulé, se décolorant par la méthode de Gram; 2° sur les caractères de culture, particulièrement dans le sérum de lapin (aspect en diplobacille encapsulé); 3° sur l'inoculation à la souris qui succombe après inoculation sous la peau à une septicémie généralisée en 2 ou 5 jours.

Dans les affections ducs au pneumobacille, le sérum des malades agglutine l'échantillon microbien qui est la cause de la maladie.

(*) Nicolle et Hkcert, Presse médicale, 25 janv. 1899.

[F WIDAL et F BEZANÇON ~\

DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

DIAGNOSTIC DES INFECTONS A COLIBACILLE

La présence constante du colibacille à la surface de la cavité intestinale rend singulièrement difficile le diagnostic des affections colihacillaires; il en est ici comme pour le pneumocoque ou le streptocoque ; si Ton isole pendant la vie le microbe dans une région normalement aseptique, comme le tissu cellulaire, le sang, les cavités séreuses, le diagnostic peut être porté à bon droit, mais la difficulté est extrême lorsqu'il s'agit d'une infection intestinale.

Le colibacille étant, d'autre part, l'agent le plus répandu des infections agoniqucs et cadavériques, la simple constatation de sa présence à l'autopsie ne suffit pas pour qu'on puisse porter le diagnostic d'affection à colibacille.

Le recours à la culture ne donne le plus souvent lieu qu'à des erreurs d'interprétation; il suffit en effet qu'il y ait quelques colibacilles dans un milieu, pour que ceux-ci masquent la présence de microbes beaucoup plus abondants, mais moins vivaces; on sait la difficulté de l'isolement du bacille d'Eberth en présence du colibacille et l'on s'expose, en portant le diagnostic d'affection colibacillaire par le simple fait qu'on a constaté des colonies de colibacille sur le tube de culture, à élargir d'une façon démesurée le cercle des affections colibacillaires.

La recherche de la virulence du colibacille aurait une valeur plus considérable, le colibacille normal de l'intestin n'étant pas virulent; pour vérifier le degré de virulence, après avoir isolé le microbe et l'avoir cultivé dans le bouillon, on doit inoculer 1 centimètre cube de culture vieille de deux jours dans la veine de l'oreille d'un lapin; si le colibacille est virulent le lapin meurt avec des phénomènes de congestion intestinale, des ecchymoses, de la tuméfaction des plaques de Peyer et de l'hypertrophie de la rate, le bacille se retrouve dans le sang et les viscères (Macaigne).

Le cobaye est encore plus sensible et l'inoculation de quelques gouttes de culture dans le péritoine détermine une péritonite et des lésions intestinales caractéristiques.

Quel que soit l'intérêt qui s'attache à la recherche de la virulence, le plus souvent on ne pourra porter le diagnostic d'infections à colibacille que dans les conditions suivantes : lorsque l'examen direct aura montré dans un exsudât ou dans un viscère des bacilles ayant les caractères du colibacille que l'étude plus approfondie par la culture et même la recherche de la virulence permettra de différencier plus nettement. C'est cet examen direct qui, d'une façon générale, dans les entérites a permis une ébauche de classification selon qu'il s'agissait d'espèces bacillaires ou de cocci, de bacilles se décolorant par le Gram comme le coli ou d'espèces prenant le Gram, comme le proteus, le bacille pyocyanique, le tyrothrix, etc.

SÉRODIAGNOSTIC DES INFECTIONS A COLIBACILLE

Nous ne pouvons revenir sur les caractères différentiels du colibacille, nous rappellerons que les propriétés fondamentales qui en assurent le diagnostic sont ses propriétés fermentatives, la coagulation du lait, la fermentation du lactose, l'épreuve de l'agglutination par le sérum d'animal vacciné contre le colibacille.

SÉRODIAGNOSTIC DES INFECTIONS A COLIBACILLE (*)

La parenté du bacille typhique et du colibacille légitimait l'application aux infections colibacillaires des procédés de sérodiagnostic de la fièvre typhoïde; les résultats obtenus n'ont pas confirmé les espérances.

Au Congrès de Nancy, MM. Widal et Sicard n'ont obtenu que 5 fois sur 10, avec le sérum de vieux urinaires, une agglutination du colibacille plus marquée que celle que donne le sérum normal.

M. Àchard, d'autre part, a obtenu des résultats négatifs, même en faisant agir le sérum sur l'échantillon de colibacille, retiré de la lésion du malade ; depuis, MM. Widal et Nobécourt, M. Lesage, M. Nobécourt ont obtenu des résultats positifs en recherchant l'agglutination au moyen du microbe qui a déterminé la lésion.

Dans un cas de thyroïdite suppurée, MM. Widal et Nobécourt ont vu que le sérum agglutinait au 1 000e le paracolibacille retiré du pus.

M. Lesage a appliqué la séroréaction au diagnostic des infections gastro-intestinales des jeunes enfants et a vu que, dans les infections aiguës à colibacilles virulents, l'agglutination existait très fréquemment, tandis qu'elle manquait dans les infections chroniques. L'agglutination ne se produit que vis-à-vis du bacterium coli retiré des selles. Les recherches de M. Lesage ne sont pas démonstratives car cet auteur n'a pas fait de mensurations du pouvoir agglutinatif, et l'on sait que le sérum des individus sains agglutine le colibacille dans des proportions variables (Widal, P. Courmont). 11 est donc nécessaire pour avoir des résultats probants de rechercher le taux de l'agglutination. Ces recherches ont été reprises par M. Nobécourt. Cet auteur, malgré de nombreux examens n'a constaté que très rarement l'existence du pouvoir agglutinatif vis-à-vis du colibacille, dans le sérum des enfants atteints d'infections gastro-intestinales, à un taux manifestement supérieur à celui du sérum normal, alors même qu'il se servait du colibacille isolé des selles du malade.

M. Nobécourt n'a pu déceler l'existence d'une race colibacillaire spéciale aux infections gastro-intestinales d'été. En infectant expérimentalement des animaux avec des colibacilles virulents, isolés dans ces infections, il a constaté que le sérum de l'animal acquiert le pouvoir d'agglutiner le colibacille qui a servi à pratiquer l'infection, tandis qu'il n'agglutine pas ou n'agglutine que faiblement les autres colibacilles.

(l) Widal et Nobécourt, Sem. méd., 4 août 1897. — Nodécourt, Soc. de biol., 2b' aov. 1898. — Lesage, Soc. de biol., 10 oct. 1897.

[F WIDAL et F BEZANÇON ]

DIAGNOSTIC DES MALADIES INFECTIEUSES

DIAGNOSTIC BACTÉRIOLOGIQUE DE LA PSITTACOSE (*)

On sait que certaines infections humaines, considérées d'abord comme des pneumonies infectieuses, ont été attribuées «à un microbe très voisin du colibacille, le bacille de la psittacose, étudié par M. Nocard, par MM. Gilbert et Fournier, Sicard, Nicolle.

Le diagnostic de la maladie repose sur l'isolement de ce microbe et sur sa différenciation avec le colibacille et avec le bacille de fièvre typhoïde, avec lesquels il serait facile de le confondre.

Le bacille de la psittacose a le même aspect morphologique que le bacille du côlon, mais il est doué d'une mobilité extrême, semblable à celle du bacille d'Eberth ; comme ce dernier il ne fait pas fermenter le lactose, ne coagule pas le lait, ne donne pas lieu à la production de Pindol; par contre, comme le colibacille, il donne des cultures de couleur jaunâtre sur la pomme de terre et pousse sur les cultures de bacilles d'Eberth préalablement raclées. 11 est très pathogène pour la souris. Le bacille de la psittacose se différencie enfin par sa manière de réagir au sérum typhique ; s'il est agglutiné en effet à 1/10 par le sérum typhique, il ne l'est plus dans les dilutions à 1/40 (Gilbert et Fournier, Widal et Sicard).

Le sérodiagnostic de la psittacose ne donne pas des résultats assez constants pour servir utilement au diagnostic de la maladie ; dans une observation d'Achard et Bensaude (infection générale par le bacille de Nocard), le sérum agglutinait très fortement 3 échantillons de bacille de Nocard, alors qu'il n'agglutinait que faiblement 4 échantillons sur 14 de bacille typhique ; par contre, chez 3 autres sujets atteints de psittacose, MM. Achard et Bensaude n'ont pu déceler l'existence du pouvoir agglutinatif vis-à-vis des différents échantillons de bacille de Nocard. MM. Gilbert et Fournier ont également obtenu des résultats négatifs avec le sérum de malades se trouvant au quatrième et cinquième jour de la maladie.

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