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L'ÉPREUVE DU VÉSICATOIRE

Par H. ROGER

Professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris. Médecin des hôpitaux.

L'étude cytologique de l' exsudât séreux provoqué par l'application d'un vésicatoire fournit au diagnostic et au pronostic quelques indications intéressantes. Nous croyons utile d'indiquer brièvement les résultats obtenus par cette méthode que nous avons fait connaître dans une note publiée avec M. Josué(!). La question a été reprise, tout récemment, à la clinique de M. Bard, par M. G. Humbert (2) : les recherches de cet auteur ont le mérite d'avoir bien établi que l'épreuve du vésicatoire peut rendre les plus grands services dans le diagnostic précoce de la tuberculose.

La technique est fort simple. On applique un vésicatoire de 4 à 5 centimètres de côté; douze heures plus tard, quand la bulle est bien formée, le liquide est recueilli, centrifugé et décanté. Le culot de centrifugation est étalé sur des lames et les préparations sont fixées et colorées par les procédés habituels.

Chez l'homme normal, on trouve les mêmes cellules que dans le sang, mais en proportions différentes. Le nombre des polynucléaires neutrophiles oscille entre 65 et 78 pour 100; celui des éosinophiles, entre 20 et 25; celui des mononucléaires, entre 5 et 9. Les cellules éosinophiles, qui sont si abondantes à l'état normal, diminuent dans les états pathologiques, et notamment dans les infections ; elles peuvent même faire complètement défaut. Elles réapparaissent si l'organisme prend le dessus, et deviennent souvent fort abondantes à la convalescence. A la suite du rhumatisme articulaire aigu, leur nombre peut être plus élevé que chez l'homme sain : dans un cas, il atteignait 27 pour 100 (Humbert).

La différence des résultats obtenus chez l'homme sain et chez l'homme malade doit tenir à l'action exercée, par les poisons morbides et notamment par les toxines microbiennes, sur les organes hématopoétiques et, spécialement, sur la moelle osseuse. Sous l'influence de ces poisons, la moelle osseuse donne naissance à des polynucléaires neutrophilcs ; elle se

(') Roger et Josué, L'épreuve du vésicatoire. Soc. méd. des kôp., 3 mai 1001. — Roger, Les maladies infectieuses, p. 1255-1261. Masson, édit. Paris, 1002.

(2) Humbert, De l'examen cytologique du liquide de vésicatoire et du sang. Gazette hebdomadaire, 24 avril 1002.

IH. ROGER

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