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L'ÉPREUVE DU VÉS1CAT0IRE

Il nous a semblé aussi que les cellules affectent, chez les tuberculeux, un aspect spécial; elles sont gonflées, comme hydropiques, beaucoup plus volumineuses que chez les sujets normaux. Cet état particulier des éléments cellulaires n'est pas absolument spécial à la tuberculose, mais il est très marqué dans cette infection, beaucoup plus que dans les autres. Aussi, quand il est manifeste, peut-il mettre sur la voie d'une tuberculose latente. C'est ce qui nous est arrivé dans un cas. Ayant appliqué un vésicatoire chez un homme que nous considérions comme normal, nous fûmes surpris de ne trouver dans le liquide que 7,8 d'éosinophiles et de voir un grand nombre de cellules hydropiques. On comptait en même temps 13 pour 100 de lymphocytes, ce qui confirmait l'hypothèse d'une tuberculose. Or, l'examen plus minutieux de l'appareil respiratoire permit en effet de trouver des lésions légères, mais indiscutables : de la submatité au sommet droit, quelques craquements secs et des frottements pleuraux.

L'épreuve du vésicatoire rend encore de grands services quand on hésite entre une tuberculose miliaire aiguë et une affection à symptômes analogues, comme la fièvre typhoïde et les septicémies cryptogénétiques; un chiffre élevé de lymphocytes permettra de diagnostiquer la tuberculose (Humbert).

Les recherches que nous avons faites avec M. Josué et celles qu'a publiées M. Humbert établissent que la formule leucocytaire se modifie dans toutes les infections : érysipèle, oreillons, amygdalite aiguë, zona, fièvre typhoïde, pneumonie. Ce qu'on observe, en général, c'est une diminution ou une disparition des éosinophiles qui reparaissent progressivement à la convalescence; à ce moment les polynucléaires neutrophilcs diminuent, tandis que les mononucléaires augmentent.

Il suffit d'une infection extrêmement légère et passagère pour provoquer un changement cytologique très marqué. Chez un malade atteint de pleurésie, des accidents gastro-intestinaux intercurrents modifièrent complètement la formule cytologique du vésicatoire. La sensibilité même de la méthode peut rendre délicate, dans certains cas, l'appréciation des résultats.

Au point de vue purement théorique, il est curieux de constater combien une infection même bénigne, même bien localisée, modifie toutes les réactions organiques. Dès lors une même cause irritative produira des effets autres que chez un sujet normal. Ces résultats éclairent bien des faits de pathologie générale et expliquent l'évolution si particulière de certaines infections secondaires.

Il était intéressant de déterminer la formule dans les maladies chroniques. M. Humbert a étudié, à ce point de vue, les cardiopathies, et il a constaté que si les lésions sont en voie d'évolution, la formule est celle des états infectieux; s'il s'agit au contraire d'une lésion valvulaire constituée, l'équilibre leucocytaire est normal.

Bien que les faits publiés jusqu'ici soient encore peu nombreux, nous

[H. ROGER

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