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TROUBLES SÉCRÉTOJRES DE L'APPAREIL LACRYMAL

L'appareil lacrymal a deux fonctions principales : l'une d'elles a pour but d'assurer la lubrification de la conjonctive et de l'œil, l'autre est liée

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à l'expression de certaines émotions et constitue la principale manifestation de l'acte de pleurer. Pour certains ailleurs, la glande palpébrale et les glandes accessoires assureraient plus particulièrement la première de ces fonctions : la glande lacrymale orbitaire serait spécialement affectée à l'hypersécrétion lacrymale, qui se traduit par les larmes. La dissociation de ces deux fonctions, au point de vue sémiologique, n'a pu être faite que dans un très petit nombre de cas de paralysie faciale périphérique que nous signalerons dans le cours de ce chapitre.

L'étude des troubles sécrétoires comprend d'abord V hypersécrétion; mais, comme celle-ci se traduit par le larmoiement et que le larmoiement par hypersécrétion n'est pas absolument distinct du larmoiement par obstruction lacrymale, nous réunirons les deux troubles dans l'étude sémiologique du larmoiement que Ton trouvera plus loin. A côté de l'hypersécrétion, se place tout naturellement l'absence ou la diminution de la sécrétion lacrymale. Il ne nous restera plus alors qu'à envisager les modifications sécrétoires dues à la présence du sang, de l'acide u ri que, etc.

Modifications quantitatives de la sécrétion lacrymale. — L'absence ou la diminution de la sécrétion lacrymale se traduit par un état de sécheresse relative de la conjonctive, ou encore par l'absence de larmes émotionnelles.

Trousseau a signalé, dans le cours de certaines fièvres graves, un ♦ tarissement relatif de la sécrétion lacrymale, et Berger l'a observé au début du (foitre exophtalmique. Dans cette affection, comme d'ailleurs dans le tabès, l'hyposécrétion fait souvent place à l'hypersécrétion. Chez certains diabétiques nous avons noté cette sensation de sécheresse de la conjonctive correspondant réellement à une hyposécrétion lacrymale et qui nous paraît assimilable à la sécheresse de la muqueuse buccale, si fréquente dans la glycosurie.

Kirchstein, Axenfeld ont attiré l'attention sur ce fait que les enfants nouveau-nés ne pleurent pas, alors que la sécrétion lacrymale existe cependant. Ce n'est qu'après trois ou quatre semaines que l'on voit des larmes accompagner leurs cris.

Goldzieher a montré que, dans certains cas de parahjsie faciale périphérique siégeant en amont ou au niveau du ganglion géniculé et se caractérisant par une paralysie du voile du palais, il y avait constamment abolition de la sécrétion des larmes du côté paralysé. Dans les conditions normales, on ne constate pas de différence notable d'humidité des deux conjonctives. 11 peut même se faire que, par suite du lagophtalmos paralytique et de la gène qui en résulte pour l'écoulement de la sécrétion lacrvmale, l'œil du côté paralysé paraisse plus humide que l'œil sain; mais si, par contre, le malade vient à pleurer, on remarque que les larmes ne coulent sur la joue que du côté sain, alors que l'œil paralysé se montre seulement un peu plus humide. Goldzieher a conclu de ces

[F. BRUN et V, MORAX ]

SÉMIOLOGIE DE L'APPAREIL VISUEL

faits d'observation clinique que les fibres sécrétoires de la glande proviennent du facial, suivent le grand nerf pétreux superficiel, se rendent du ganglion sphéno-palatin au nerf temporo-malaire et de là au lacrymal. Tribaudeau a démontré expérimentalement chez le chien l'exactitude des déductions de Goldzieher. — L'existence ou l'absence du larmoiement unilatéral sera intéressante à rechercher dans les cas de paralysie faciale périphérique pour la localisation de la lésion du nerf facial. A défaut de larmes émotionnelles, on pourra recourir à une irritation chimique (vapeurs ammoniacales) ou mécanique de la muqueuse pituitaire pour provoquer l'hypersécrétion lacrymale et constater si les deux côtés se comportent de la même façon.

Modifications qualitatives de la sécrétion lacrymale. — Les

larmes de sang que l'on observe chez certains hystériques ne semblent pas résulter d'une exsudation sanguine dans la glande lacrymale, mais d'une hémorragie réelle en nappe de la surface conjonctivale. 11 en était ainsi chez une hystérique de dix-sept ans, dont Salvaa rapporté l'observation. Notre confrère a eu la chance de voir une de ces hémorragies se produire sous ses yeux alors qu'il avait renversé les paupières : « Toute la conjonctive bulbaire et palpébrale prit tout d'un coup une teinte rougeàtre, produite par une transsudation en nappe du sang à travers cette membrane ; puis le sang se réunit dans le cul-de-sac inférieur où il forma une grosse goutte, qui s'écoula sur la joue. J'avais donc la preuve que le sang ne venait ni de la glande lacrymale, ni d'un point spécial de la conjonctive, mais qu'il passait à travers toute la conjonctive comme à travers un filtre. »

Les larmes contenant de l'acide nrique ou des urates s'observent chez certains goutteux ou dans certains cas de rhumatisme chronique. Lorsque la larme s'écoule sur la joue, on voit, après évaporation, persister une petite trace blanchâtre constituée par le dépôt cristallin.

Dans certaines intoxications, on a noté des modifications sécrétoires du côté de l'appareil lacrymal.

C'est ainsi que, dans Y intoxication arsenicale chronique produite par la bière (les mélasses, qui sont utilisées pour la production de l'alcool de la bière, étaient interverties par de l'acide sulfurique contenant des doses assez élevées d'arsenic) et qui a fait de nombreuses victimes en 1900 à Manchester et dans différents centres du Royaume-Uni, l'intoxication se traduisait tout d'abord par l'apparition d'une sécrétion aqueuse et gênante des yeux et de la muqueuse nasale. Ce premier symptôme est resté, pendant plusieurs semaines, à l'état de symptôme isolé. Ultérieurement se produisit de la pigmentation de la peau; puis, deux à trois mois seulement après l'apparition des symptômes oculaires, des symptômes paralytiques et douloureux du côté des membres. Dans un assez grand nombre de cas, on a noté que le pourtour des yeux était boursouflé.

W'IWREIL LACRYMAL

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