AFFINITÉS DES NÉVRALGIES
La multiplicité des causes des névrites fait que, dans l'ensemble, l'importance des névrites arthritiques est restreinte. On en peut dire autant des névralgies.
Les maladies fréquentes qu'on trouvera en tête de la liste, la dilatation gastrique, la dyspepsie, le gros foie, n'ont que des rapports faibles, inférieurs à l'unité; de même l'albuminurie, de même l'anémie, de même la névropathie qui est rare chez les malades atteints de névralgie et semble n'offrir avec elles aucune affinité, les rapports étant 0,40 et 0,57. Mais parmi ces maladies, il en est une qui s'accompagne très fréquemment d'un état morbide qui n'est pas sans inttuence sur le développement des névralgies. La dilatation gastrique n'engendre pas les névralgies, les rapports sont 0,75 et 0,70. Mais la dilatation gastrique produit l'ectopie rénale avec une remarquable fréquence que j'ai signalée en 1884 et que Bartels avait indiquée avant moi. Cette fréquence est de 169 ectopies rénales pour 1000 dilatations gastriques, tandis que sur 1000 malades dont l'estomac n'est pas en souffrance il n'y a que 10 ectopies rénales. Or, dans 1000 cas d'ectopie rénale on note 65 fois les névralgies. Le tiraillement habituel des nerfs qui accompagnent le pédoncule vasculaire peut rendre compte chez certains malades de cette excitabilité anomale du système nerveux qui peut aboutir à l'endolorissement spontané des nerfs, même éloignés du centre d'excitation. Aussi si le rapport pour la dilatation est inférieur à l'unité, pour l'ectopie il monte à 2,47.
L'hystérie est aussi cause de névralgies; les rapports sont 5,14 et 5,19, de même le saturnisme.
Le nombre des cas où les névralgies relèvent du trouble préalable de la nutrition est donc à diminuer de tous les cas où les névralgies relèvent de ces diverses causes. Cependant, dans l'ensemble des cas de névralgie, on trouve encore des relations manifestes avec les maladies arthritiques, avec la lithiase urique d'abord, puis avec le diabète et la goutte. Pour les
TROUBLES PRÉALABLES DE LA NUTRITION
autres maladies arthritiques, le rapport, hien que supérieur à Uuuité, u'indique qu'une parenté relâchée. Mais on voit reparaître avec les caractères de réelle dépendance les maladies du cœur et de Taorte et Tangine de poitrine.
Les névralgies rentrent, à un moindre degré que les maladies déjà examinées, dans le domaine de Uarthritisme ou de la nutrition retardante. Elles sont pour ce motif au noud)re des maladies accompagnées. Mais iualgré la multipUcité des causes ])athologiques, on les rencontre à Tétat d'isolement plus souvent qu'aucune autre maladie arthritique. L'ahsence d'association morbide s'observe 91 l'ois sur 1000 cas.