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ORIGINE DE L'ÉNERGIE DONT DISPOSENT LES ÊTRES VIVANTS

Or, dans la nutrition des animaux: sujW'rieurs, nous sonunes habitues à un certain rapport entre la niasse de Valiment et celui de rorcjanis))ic entretenu par cet aliment. Ce rapport est chez l'homme de 500 à 600 grammes de matériaux organiques consommés en vingt-quatre heures pour 60 à 70 kilogrammes de poids vif entretenu. Au contraire, il y a une disproportion si énorme entre le poids de levure produite et le poids de sucre transformé en alcool, que pendant longtemps le développement de la levure a passé inaperçu, ou bien a été considéré comme un facteur tout à fait accessoire dans le phénomène de la fermentation alcoolique. Cette disproportion entre la cause et l'effet est précisément, comme Ta montré Pasteur, la caractéristique essentielle des êtres que nous appelons feimients. Elle tient, on le voit, à cette particularité que le ferment ne fait descendre à l'aliment auquel il s'adresse qu'un petit nombre de degrés dans l'échelle de destruction de la matière, et qu'/7 compense la médiocrité du rendement en éiiergie de cette opération par la masse considérable d'aliment transformé. Mais, dans ce mécanisme, on ne saisit rien de spécifique, rien qui établisse une différence de nature entre la physiologie de ces êtres et celle des organismes supérieurs ('). On peut même dire que la disproportion signalée il y a un instant entre la cause et l'effet disparaîtrait sans donte si l'on considérait, non point le poids d'aliment transformé par le ferment, mais la quantité d'énergie fournie au ferment par cette transformation.

§ II. — ORIGINE DE L'ÉxNERGIE DONT DISPOSENT LES ÊTRES VIVANTS

On a dit plus haut que l'énergie dont disposent les êtres vivants, et (ju'ils trouvent accumulée dans leurs aliments sous la forme d'énergie chimique, leur est fournie tout entière par un agent extérieur. 11 n'est pas hors de propos de rappeler en terminant quel est cet agent, c'est-à-dire quelle est l'origine de cette énergie. L'observation montre que les principes immédiats organiques dont sont composés les tissus des êtres vivants proviennent en dernière analyse du règne végétal. On sait, en effet, que les animaux herbivores vivent aux dépens des plantes, que les carnassiers à leur tour se nourrissent des tissus des herbivores, en un mot, que le règne animal est subordonné au règne végétal, qui lui fournit l'instrument de son activité, nous voulons dire les matériaux organiques tout formés et, avec ces matériaux, l'énergie nécessaire à Fentretien de la vie.

(^) On verra plus loin que l'on ne saisit pas davantage quelque chose de spécifique dans la nature des produits formés. Dans l'exemple choisi, l'alcool et l'acide carhoniquc résultent du glucose par une combustion tout à la fois jjartielle, puisqu'une partie seulement du carbone se détache à l'état d'acide carbonique, et interne puisque l'oxygène est fourni non par l'air, mais par le glucose lui-même. Or, nos propres cellules, on le montrera plus lom, réalisent, elles aussi, de telles oxydations (voy. p. 131).

[E. LAMBLING.}

NOTIONS GÉNÉRALES SUR LA MITRITIO.N A L ÉTAT NORMAL

Or, CCS matcriaux organiques sont édifies dans les plantes vertes qui empruntent aux radiations solaires rénergie nécessaire à ce travail chimique. La radiation solaire est donc la cause première de toutes les manifestations vitales. C'est elle qui met en jeu l'instrument couqiliqué de ces synthèses, la granulation chlorophyllienne, c'est elle qui hun iiil l'énergie accumulée sous la forme d'énergie chimique dans les matéi iaux complexes élahorés par la plante. Dans le cycle rotatif que parcourt la matière à travers les êtres vivants, c'est donc là le phcnoinènc inilial. C'est par là que pénètre dans le tourhillon vital, l'énergie qui va alimenter toute l'activité des organismes. C'est la plante verte qui ramasse en quelque sorte les produits que la matière vivante a conduits jusqu'au has de l'échelle des destructions — eau, acide carhonicpie, ammoniaque, ou même azote libre — et qui sont tombés en état d'indifférence chimique; c'est par elle que ces ])roduits rentrent dans le cycle des opérations de l;t vie, mais modifiés, transformés par la synthèse végétale, et apportant aux êtres vivants, sous la forme de substances organiques complexes, tout à la fois la matière qui va les constituer (^) et l'énergie qu'ils vont dépenser pour vivre.

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