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SIC

SEDATIFS ET CONTRO-STIMDLANTS.

Ajoutons enfin que le Collodion est encore utilisé comme moyen de protection contre l'action des matières irritantes incessamment versées par les plaies fistuleuses, les abcès par congestion , les anus accidentels, etc. Grâce à une couche de ce vernis, qu'on renouvelle une ou plusieurs fois par jour, la peau située au voisinage de ces ouvertures malsaines peut être efficacement préservée de ces excoriations, ou éruptions diverses, et notamment de ces phlegmasies érysipélateuses qui sont trop souvent les fâcheux résultats de ces contacts irritants.

Si des inflammations et des plaies de cause externe, qui n'éprouvent d'obstacle à leur résolution et à leur cicatrisation que de l'action nuisible de l'air ou d'autres contacts irritants, nous passons au traitement des mêmes affections de cause interne, nous verrons le Collodion perdre de plus en plus de son opportunité. Ainsi, l'érysipèle de la face ne nous a jamais paru notablement modifié par les applications de cet enduit. Dans la variole discrète, appliqué dès l'apparition de la pustule, il la comprime, l'empêche de s'élever et quelquefois de suppurer. Elle reste alors à l'état siliqueux et remplie seulement de cette matière plastique qui en forme le noyau. Dans les confluentes il ne s'oppose pas à la suppuration, mais enfermant le pus qui s'étale et se durcit sous la forme d'une épaisse membrane, il ne fait de toute la surface sur laquelle on l'étend, qu'une énorme phlyctène et une vaste ulcération. Celle-ci guérit plus difficilement que les parties voisines découvertes qui ont librement suppuré au contact de l'air. Nous en dirons autant de l'érysipèle ambulant des membres chez les jeunes enfants. Nous ignorons jusqu'à quel point on pourrait se servir du Collodion pour arrêter les hémorrhagies quelquefois graves qui, chez les enfants surtout, ont pour siège des piqûres de sangsues ou toute autre surface d'où le sang coule en nappe d'une manière faible mais continue.

Si le Collodion est d'une utilité assez précaire dans le traitement des inflammations cutanées aiguës de cause interne qui se rapprochent des fièvres à tant d'égards, que faut-il en espérer contre les maladies chroniques de la peau entretenues, elles aussi, par une cause qui a le plus souvent ses racines dans un vice général de l'économie, comme cela se voit pour les dartres ?

Et d'abord, l'analogie ne nous prévient pas en faveur de cette application. Nous voyons, en effet, les affections vésiculeuses, pustuleuses et squammeuses de la peau ne point s'améliorer sous les croûtes, les pellicules ou les écailles qui les recouvrent. L'expérience clinique a sanctionné cette contre-indication naturelle. Des essais tentés sur un grand théâtre, à l'hôpital Saint-Louis, n'ont donné que des déception?. Le Collodion n'est appelé à rendre quelques services que dans les complications des dermatoses chroniques par certains accidents, tels que gerçures, excoriations : inflammations surajoutées et analogues à toutes celles qui hors de ces circonstances sont avantageusement modifiées par les enduits imperméables. On devrait peut-être faire une exception pour l'eczéma chronique des

COLLODION

jambes chez les vieillards, cas qui rentre évidemment dans l'indication que fournissent les ulcères atoniques des mêmes parties pour le Collodion.

Convaincu comme nous, sans doute, de l'inefficacité du Collodion pur dans les maladies chroniques de la peau, M. le docteur Aran a eu l'idée de combiner à ce vernis divers agents médicamenteux plus ou moins énergiques, usités comme topiques contre les dartres. Les quelques résultats déjà publiés de ces essais nous semblent avoir une signification moins favorable que celle qui leur est prêtée. Quoi qu'il en soit, les expériences sont encore et trop récentes et trop peu nombreuses, pour autoriser une conclusion quelconque.

On comprend difficilement que des médicaments rendus insolubles par leur combinaison avec le Collodion qui se dessèche sous le pinceau, puissent avoir avec les surfaces malades, des affinités assez faciles pour exercer sur elles quelque action. Il serait sans doute plus sûr d'en enduire d'abord ces parties et de recouvrir ensuite le médicament d'une couche de Collodion?

Des deux manières, on ne voit pas trop bien les avantages de ce mode de pansement, excepté dans des circonstances exceptionnelles qu'une observation patiente permettra sans doute de discerner.

Pourtant, il est des substances si énergiques que, même combinées avec le Collodion, elles jouissent de toute leur action. C'est ce qui arrive pour les cantharides Un Collodion préparé avec \ 5 grammes de Collodion et 3 grammes d'huile verte de cantharides, forme un vésicatoire des plus violents qui produit la phlyctène en trois ou quatre heures. Mais on a reconnu à ce mode d'application plus d'inconvénients que d'avantages. Quel inconvénient, pour ne rien dire de plus, n'y a-t-il pas à emprisonner dans un enduit qui adhère très-intimement, un épispastique comprimé, dont les produits ne peuvent soulever l'épiderme, et qui doit, indépendamment de douleurs horribles, causer des désordres inflammatoires profonds compliqués de la difficulté de lever l'emplâtre ?

Non content d'échouer dans presque toutes les phlegmasies qu'une force morbide interne détermine à la peau et qui s'y épuisent avec leur cause, comme dans les phlegmasies éruptives aiguës, ou s'y perpétuent avec elle comme dans les dartres, etc., le Collodion a porté ses prétentions curatives jusque sur les phlegmasies viscérales. C'est aux inflammations aiguës des membranes séreuses et des parenchymes qu'il s'est spécialement attaqué.

M. le docteur Robert-Latour Ta exalté dans le traitement des ovarites, des péritonites suraiguës, des orchites, etc., avec un enthousiasme que quelques faits ne suffisent jamais à allumer chez les observateurs prudents ou désintéressés de toute idée préconçue. Ce médecin distingué était, en effet, auteur d'une théorie de l'inflammation avant la découverte du Collon, 52

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dion. Cette théorie est bien simple, aussi simple, malheureusement, que la médication qui est venue si à propos la confirmer et être confirmée par elle, aux yeux de M. Robert-Latour.

A l'exception de la chaleur animale sur la nature et le mode de génération de laquelle l'auteur ne s'explique pas et dont l'élévation est pour lui toute l'inflammation, les autres phénomènes de cette affection sont physiques, ou si l'on veut, de simples conséquences physiques de la chaleur en excès dans une partie enflammée. Vaisseaux dilatés, mouvement du sang plus rapide, tuméfaction, rougeur, douleur, etc., tout cela suit de l'élévation de la température comme dans un système inorganique. On voit que M. Robert-Latour a pris Celse à la lettre, et qu'y ajoutant la petite explication que peut lui suggérer tous les jours l'application de sa main sur la boule de son thermomètre, il est à même de diriger avec non moins de facilité les phénomènes de l'inflammation.

Empêcher la formation exagérée de la chaleur animale, tel est donc tout le problème thérapeutique. Or, M. Fourcault recouvrant d'enduits imperméables toute la surface de la peau de certains animaux, affaiblissait remarquablement chez eux la puissance calorifique. Ces animaux se refroidissaient beaucoup, et divers genres de lésions pathologiques se développaient ensuite dans leurs viscères. M. Robert-Latour en a conclu, sans doute, que c'était par une sorte de respiration cutanée que se produisait la chaleur des parties sous-jacentes ; que c'était par l'action de l'air atmosphérique sur la peau du ventre, par exemple, que se formait la chaleur du péritoine, etc., et trouvant dans le Collodion un vernis parfaitement imperméable à l'air, il a vite jugé que, de même que toute la péritonite consiste dans une élévation excessive de la chaleur péritonéale, de même tout le traitement de cette phlogmasie devait consister dans la suppression du foyer cutané de cet excès de chaleur De là, à l'application du Collodion sur la peau du ventre, il n'y avait qu'un pas. Cette théorie, qui ne mérite pas d'être discutée, a eu certainement plus d'influence que l'observation clinique sur la confiance exagérée que M. Robert-Latour témoigne au Collodion dans le traitement des inflammations viscérales aiguës. Il faut examiner la question avec plus de simplicité expérimentale et d'indépendance d'esprit. L'orchite, dont la marche naturelle est assez bien connue, a fourni pour cela une occasion précieuse. Or, il résulte d'expériences nombreuses suivies avec soin par MM. Velpeau et Ricord, que l'applicatiou du Collodion sur le scrotum des individus affectés d'orchite ou d'épididymite, n'abrège pas sensiblement la durée de cette inflammation. Les essais contradictoires de M. Ronnafont ne suggèrent pas des conclusions notablement différentes. Le Collodion eût-il d'ailleurs, dans ce cas, un succès certain, que la compression uniforme qu'il exerce sur les parties tuméfiées aurait sans doute plus de part à la résolution de l'orchite, que les causes imaginées par M. Robert-Latour. N'a-t-on pas vanté, en effet, contre cette phlegmasie, la compression par les bandelettes de diachylon ? Et puis, M. Robert-Latour oublie de nous dire que les animaux vernissés

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