ÉTAIN
MATIERE MEDICALE
L'Étain, Stannum (Jupiter des alchimistes), est un corps simple métallique, d'un blanc argentin, très-mou, facile à couper au couteau, malléable, et faisant entendre lorsqu'on Je plie un liruit particulier nommé cri d'Ëtain. On le rencontre dans la nature à l'état natif, mais plus souvent combiné avec le soufre et l'oxygène. L'Étain que l'on rencontre dans le commerce est rarement pur, il contient du cuivre, du fer, mais surtout une grande quantité de plomb qui le. rend alors impropre à l'usage médical ; le meilleur et le seiH que l'on puisse employer est VÉtain de Malacn, d\i l'Ëtain en chapeau. L'Étain fond à 228, et absorbe l'oxygène a une température élevée; il s'oxyde" également par le contact de l'air humide à la température ordinaire.
L'Étain s'emploie en limaillr et en poudre. La limaille s'obtient à l'aide d'une râpe à bois ; en faisant fondre l'Ëtain, le versant dans un mortier de fer chauffe, triturant de suite et tamisant le métal refroidi, on obtient la poudre d'Ëtain.
L'Étain faisait autrefois partie de quelques préparations inusitées aujourd'hui, comme V Âniihectique de Polerius,\e Lilium de Paraatse, etc.
Les préparations avec l'Ëtain sont :
Électuaire d'Étain.
Pr : Poudre d'étain,
Miel, Mêlez.
Bols d'Étain.
Pr. : Poudre d'Étain,
Ëcoi'i .es d'orange confites, Pou iie de sucre, Mêlez. (Swediaur.)
Amalgame d'Étain.
1 part.
l part.
On fait fondre l'Ëtain ; on ajoute le mercure ; on fait un mélange exact et l'on pulvérise l'amalgame refroidi.
On l'emploie en poudre et en électuaire,
Oxyde d'Étain.
L'Étain se combine en deux proportions avec l'oxygène : 1° le protoxyde, qui est d'une couleur gris noirâtre, blanc à l'état d'hydrate, inodore, insipide; on le prépare en Lisant fondre l'Ëtain et en enlevant la couche d'oxyde au fur et à mesure qu'elle se forme. 2° Le bioxydeou acide stanniqve, que l'on obtient par l'action de l'acide nitrique sur l'Ëtain ; cet oxyde est blane, insipide, et se combine avec les bases,
Sulfure d'Etain.
iPersulfure d'Étain, or mussif.)
Il existe trois sulfures d'Ëtain, dont un seul, le persulfure, est employé; il est cristallisé en paihfttes d'un jaune d'or, insipide et insoluble dans l'eau. On l'obtient par le procédé suivant :
Pr.
Êtaiu. Mercure, Fleurs de soufre, Sel ammoniac,
12 part.
fi
Pr. : Étain pur,
Mercure coulant,
3 paît.
On fait un amalgame des deux métaux que l'on broie avec le soufre et le sel ammoniac, et l'on chaude ce mélange dans un matras jusqu'à ce qu'il ne dégage plus de vapeurs blanches; on casse celui-ci, et l'on trouve deux couches : l'une inférieure, d'un gris de plombagine, qui est du protosulfure, l'autre supérieure, formée de pelles écailles, qui est l'or mussif.