MEDICAMENTS TONIQUES NEVROSTHEN1QUES
accès diminuer d'intensité et disparaître quand la fièvre était simple et légitime, l'éther quinique est aujourd'hui très-peu employé.
SAULE
MATIÈRE MÉDICALE
Arbre de la famille des Salicinées; une espèce seule est usitée en médecine, c'est le Saule blanc, Salix alba.
Parties usitées. L'écorce.
Caractères génériques. Fleurs dioïques disposées en chatons écaillenx'; chaque fleur mâle se compose de i à 5étaminesattachées à la base d'une écaille, qu'accompagne une lancuette tronquée. Les fleurs femelles offrent un ovaire lusiforme pédicellé, surmonté d'un style très-court et de deux stigmates profondément bifides. Le fruit est une capsule unilocnlaire, renfermant plusieurs graines recouvertes de soies fines et nacrées. (Richard.)
Caractères spécifiques. Salix alba, Saule blanc, arbre de 8 à 10 mètres de hauteur. Son écorce est lisse et d'un vert tendre; feuilles lancéolées aiguës, dentées en scie sur leurs bords, glabres à leur face supérieure, velues en dessous. Les chatons se développent en mémetempsque les feuilles.
L'écorce est amère et en même temps un peu astringente.
Kl le contient, suivant Pelletier et Caventon : matière giasse verte, matière coloiante jaune amère, tannin, extrait résineux, matièiegommeu^e, sel magnésique et acidu organique. M. Fontana et M. Leroux, pharmacien à Vitry-le-François, y ont découvert un principe immédiat qu ils ont appelé Salicine, et qui se prépare de la manière suivante :
Pr. : Écorce de Saule, 5000 Eau, q. s.
Faites une forte décoction de l'écorce de Saule, passez-la à tra* ers une toile, aioutezy un lait de chaux clair pour précipiter la matière colorante; filtrez la liqueur, évaporez-la en consistance de sirop clair; ajoutez alors une quantité si disante d'alcool à 3G° pour précipiter la matière gommeuse; filtrez de nouveau; sépnnz l'alcool par distillation. Le. résidu de cette distillation, suffisamment évaporé et mis dans un lieu frais, abandonnera la salicine qui cristallisera en aiguilles aplaties.
Pour la purifier, il faudra la dissoudre dans l'eau bouillante, y ajouter un peu de noir animal, filtrer et faire cristalliser par refroidissement.
La salicine pure se présente en aiguilles fines aplaties, légèrement nacrées; sa saveur est amère et rappelle celle du Saule; elle n'est ni aciite ni alcaline; brûlée sur une lame de platine, elle ne laisse pas de résidu.
100 parties d'eau froide dis.-olvent 5 à 0 parties de salicine ; l'a cool et l'eau bouillante la dissolvent en toute proportion ; le tannin, la gélatine, le sous-acétate de plomb, ne la précipitent pas de ses dissolutions. Elle est coloiée en touge par l'acide sulfuri'iue concen té ; la phloridzine prési nte le même caractère.
On peut dire que la salicine a été trouvée dans la plupart des espèces du genre Snlix et même dans quelques-unes du genre Populus, le Peuplier blanc et le Peuplier tremble, entre autres,
La phloridzine, principe immédiat de l'écorce de pommier, possède les mêmes propriétés thérapeutiques que la salicine.
THÉRAPEUTIQUE
On peut lire dans Murray ce que nos devanciers avaient dit des propriétés thérapeutiques de l'écorce de Saule. Us lui attribuaient des propriétés antiputrides aussi puissantes que celle du quinquina ; et quelques-uns la croyaient aussi éminemment fébrifuge que l'écorce du Pérou.
Stone [Philos, transact., vol. LUI, p. 195) cite cinquante cas de guérisons de fièvre intermittente légitime , obtenues a l'aide de l'écorce de Saule donnée à la dose de 1 gramme et demi à 3 grammes (1 ou 2 scrupules) toutes les heures , pendant l'apyrexie. Clossius (Non. variol. med. meth., p. 128) vante le même remède dans le traitement de la fièvre quo-