‹ Traité de thérapeutique et de matière médicale [electronic resource]Chapitre 6 sur 175 · MANDRAGORE · texte numérisé non relu

MANDRAGORE

A cette dose, qui est la dose ordinaire pour un adulte, l'injection hypodermique donne lieu presque constamment à des phénomènes d'intoxication atropique plus ou moins intenses suivant les individus; et quand ils dépassent une certaine mesure, M. Béhier les combat avec avantage par l'opium sous forme d'extrait ou de sirop diacode.

Une première injection suffit quelquefois pour faire disparaître l'affection névralgique, mais le plus souvent elle ne fait que la calmer momentanément, et dans ce cas il est nécessaire de revenir à cette injection à plusieurs reprises, suivant l'ancienneté ou le degré de résistance de la maladie.

Si au lieu d'une névralgie ou d'une douleur rhumatique ou autre, on a à combattre une paralysie locale, on a recours aux injections de sulfate de strychnine.

En résumé, la méthode de injections hypodermiques est devenue une très-précieuse ressource dans le traitement des névralgies, pour peu qu'on ait affaire à des névralgies un peu profondes ou réfractaires. On en a également obtenu d'utiles résultats dans certaines paralysies, plus ou moins localisées , et même dans des paraplégies , à condition toutefois que ces paralysies ne fussent pas sous la dépendance d'une lésion cérébro-spinale profonde, ou bien que cette lésion, déjà ancienne et en quelque sorte vieillie, eût perdu son caractère de cause active.

Nous devons ajouter ici que M. le docteur Foucher a traité avec succès plusieurs cas de chute du rectum chez les enfants par l'injection souscutanée avec une solution de sulfate de strychnine (8 à 15 gouttes d'une solution contenant 10 centigrammes pour 100 grammes d'eau distillée).

Enfin signalons, en terminant, une application ingénieuse de cette méthode qui vient d'être faite assez récemment par M. le professeur Courty, de Montpellier. Il s'agissait d'une dame affectée depuis quatre ans d'un asthme, et qui avait été soumise, sans résultat, à tous les traitements les plus usités contre cette affection. La malade ayant été prise d'un trèsviolent accès, M. Courty eut l'idée de faire une ponction à l'aide de laquelle il porta aussi près que possible du nerf pneumogastrique une solution de sulfate d'atropine, représentant environ 2 milligrammes de sulfate. Grâce à ce moyen, l'accès cessa presque immédiatement, et après une année la guérison s'était maintenue. Assurément ce succès isolé ne suffit pas pour consacrer l'efficacité de cette médication contre une affection aussi rebelle que l'asthme; mais, tel qu'il est, il peut, tout au moins, autoriser de nouvelles expériences [Union médicale., novembre 1859).

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