DOUCE-AMÈRE
MATIÈRE MÉDICALE
La Douce-Amère (Solanum dulcamara, L.) est un sous-arbrisseau indigène qui fleurit en juin et en juillet.
Parties usitées. Les tiges.
Caractères botaniques. Tiges sarmenteuses, ligneuses à leur base, herbacées dans le reste de leur étendue; feuilles alternes, les supérieures laciniées; fleurs violettes, pédonculées et en grappes; calice persistant, très-petit; corolles à lobes étroits et marqués à leur base de deux petites taches vertes ; étamines rapprochées en cône; fruit, baie ovoïde, rougeâtre. Cette plante a une odeur forte et vireuse qui s'affaiblit par la dessiccation ; ses tiges ont une saveur très-amère, qui bientôt laisse un arrière- goût agréable.
M. Desfosses a trouvé de la solanine dans les tiges et dans les feuilles. C'est sans nul doute à ce principe actif que sont dus les effets de la Douce-Amère.
La matière sucrée de la plante a reçu de Pfatf le nom de Picroglycion (Soubeiran).
La Douce-Amère n'est guère employée que sous forme de tisane ou d'extrait. Elle cède très-bien à l'infusion ses principes solubles.
On prépare la tisane de Douce-Amère de la manière suivante :
Tisane de Douce-Amère.
Pr.: Tiges de Douce-Amère
sèches et concassées, 20 gr.(5gros).
Eau bouillante, 1,000 (2Iit.).
Faites infuser pendant deux heures et passez. (Hôp. de Paris.)
Sirop de Douce-Amère.
Pr. : Douce-Amère, 1 part.
Sirop de sucre, 3
On fait pendant douze heures infuser la Douce-Amère dans deux parties et demie d'eau ; on passe sans expression, on fait une seconde infusion que l'on mêle au sirop, et l'on évapore jusqu'à ce que le sirop ait perdu un poids égal à celui de la première liqueur de Douce-Amère; on ajoute alors cette première qu'on a conservée à part, et l'on passe le sirop à travers un blanchet.
Chaque once (32 grammes) de sirop contient la substance de 1 gros (4 grammes) de tige de Douce-Amère.
THÉRAPEUTIQUE
La Douce-Amère est un de ces médicaments dont les propriétés thérapeutiques ont été exaltées avec une telle exagération, que les expérimentateurs qui sont venus depuis, trompés presque toujours dans leur attente, ont fini par contester à cette plante toute vertu médicinale ; et si le discrédit dans lequel est tombée la Douce-Amère n'est pas tout à fait mérité, au moins faut-il reconnaître que les éloges dont elle avait élé l'objet étaient plus injustes encore.
Indiquée par Dioscoride, qui la croyait diurétique et qui la conseillait