CAUSES DE LA PROGRESSION DE LA MYOPIE
et se trouve entraînée en avant. Les tiraillements répétés de cette membrane, se faisant sentir principalement au niveau de son insertion fixe autour de la papille, sont une des causes les plus actives du développement de lascléro-choroïdite postérieure et de l'amincissement des enveloppes de l'œil à ce niveau. De plus, le muscle ciliaire du myope (voyez fig. 72), ainsi que l'ont montré les belles recherches d'Iwanoff, possède une structure spéciale qui augmente encore cette traction en avant de la choroïde. Les fibres longitudinales prédominent aux dépens des fibres circulaires, et comme les premières vont s'insérer et se perdre dans l'épaisseur de la choroïde, leur contraction a pour résultat d'exagérer le déplacement en avant de cette membrane.
Dans les efforts de convergence, les muscles droits internes, par le seul fait de la forme ovoïde allongée du globe oculaire, sont obligés de se contracter énergiquement. Quant aux droits externes, ils compriment, soit directement, soit par l'intermédiaire du tissu graisseux de l'orbite, le nerf optique, au niveau de son insertion sur le globe oculaire. La distension qui se produit à ce niveau a pour résultat de séparer, de disjoindre les feuillets fibreux delà sclérotique qui sont la continuation des deux gaines du nerf. Cette dissociation des enveloppes s'accomplit peu à peu et a pour résultat d'affaiblir leur résistance dans cette région et de favoriser le développement de l'ectasie. Ainsi s'explique le siège constant du staphylôme postérieur au côté externe de la papille.
D'autres causes, moins accusées, il est vrai, que les précédentes, peuvent contribuer encore aux progrès de la myopie. Ainsi, nous devons citer toutes les lésions des milieux transparents ou des membranes profondes, affaiblissant l'acuité visuelle et provoquant un certain degré d'amblyopie. 11 est clair, en effet, que la nécessité, en pareil cas, de rapprocher les objets très près pour arriver à les distinguer nettement, oblige précisément à ces efforts d'accommodation et de convergence exagérés dont l'influence nuisible vient d'être démontrée.
Mannhart a fait remarquer que, plus la distance qui sépare les centres optiques des yeux d'un côté à l'autre de La face est grande, plus la fixation des objets rapprochés doit être pénible.
La situation et la grandeur de l'angle « (voyez fig. 51) ont aussi une certaine importance. La ligne visuelle passe-t-elle en dehors du centre de la cornée, le muscle droit interne sera obligé de se contracter énergiquement pour l'amener sur le point fixé, et cet effort musculaire devra ôtre d'autant plus considérable, que cet écart de la ligne visuelle sera lui-même plus accusé.
Fig. 72.— Muscla cilùirc chci un mynpo.M, Fibres circulaires en petit nombre cl atrophiées; N, fibres longitudinales, très nombreuses et hypertrophiées Le reste de l'explication comme à la figure 07.
Tant que la myopie ne dépasse pas 3D., elle ne présente que de légers inconvénients, le sujet n'est pas forcé d'incliner la tête pour lire et la convergence n'a rien d'exagéré. Mais, au-dessus de ce degré, les conditions de la vision de près commencent à devenir défavorables, et plus la myopie est forte, plus l'acte de la vision binoculaire s'accomplit difficilement, et plus les diverses causes énumérées ci-dessus, font sentir leur influence pernicieuse; enfin, à un moment donné, quand La myopie s'élève au-delà de 12 D., le plus souvent un des yeux est exclu pendant la fixation et le sujet évite ainsi des efforts de convergence devenus impossibles.