‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 152 sur 181 · PARALYSIE DU DROIT SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

PARALYSIE DU DROIT SUPÉRIEUR

On sait que le muscle droit supérieur n'est pas seul à agir pendant le mouvement d'élévation de la cornée; son action est combinée avec celle du petit oblique.

Le droit supérieur étant paralysé, la cornée du côté malade reste un peu au-dessous de celle du côlé sain quand le regard est dirigé en haut, et il en résulte une inégalité de niveau entre les deux pupilles. Celte différence de hauteur atteint son maximum quand l'œil est porlé en haut et en dehors, parce que c'est surtout dans cette position que le droit supérieur agit comme élévateur.

En haut et en dedans, au contraire, c'est le petit oblique qui joue le principal rôle dans les mouvements d'élévation, aussi la différence de niveau est-elle toujours moins sensible.

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En recherchant la dèriation secondaire au moyen d'un voire dépoli placé devant l'œil sain, pendant qu'on fait regarder l'œil malade en haut et en dehors, on constate qu'elle est plus considérable que la déviation primitive de ce dernier.

Le phénomène de la fausse projection a lieu en haut : si le malade cherche à saisir un objet placé dans cette direction, il porte la main beaucoup plus haut qu'il ne faudrait; car les efforts qu'il est obligé de faire pour regarder dans cetle direction lui donnent la sensation d'un déplacement beaucoup plus considérable crue celui qui a lieu en réalité.

La gène occasionnée par le vertige est minime dans la paralysie du droit supérieur, ce phénomène ne se produisant que d'une façon exceptionnelle et intermittente, quand le regard est dirigé en haut.

Tant qu'il n'existe pas encore de rétraction du muscle antagoniste, la diplopie ne commence que lorsque l'objet fixé est situé au-dessus du plan horizontal. A. ce moment, la ligne visuelle de l'œil malade ne s'élevant pas pour suivre le mouvement de l'objet, l'image de celui-ci se peint au-dessous de la macula, et est projetée sur le prolongement d'un axe secondaire passant au-dessus de la ligne visuelle, par conséquent en haut; il s'ensuit que l'image de l'œil malade est vue au-dessus de celle de l'œil sain. Plus l'objet s'élève, plus leur écart augmente, la fausse image étant projetée de plus en plus en haut.

Mais le droit supérieur, tout en étant élévateur, est légèrement adducteur; sa paralysie entraîne donc une légère déviation du globe oculaire en dehors et les images sont croisées.

•En outre, le droit supérieur, pendant les mouvements d'élévation, agit sur l'extrémité supérieure du méridien vertical, et tend à l'incliner en dedans. Dans les conditions normales, cette action est contre-balancée par celle du petit oblique, qui tend à incliner le méridien en dehors. Mais quand l'équilibre est rompu, ce dernier muscle l'emporte; le méridien vertical du côté malade cesse d'être parallèle à celui de l'autre œil, et s'incline en dehors. Dès lors, l'image de cet œil étant vue dans la position où elle serait si le méridien était redressé et parallèle à celui de l'autre </■/'/, paraîtra inclinée de bas en haut et de dehors en dedans. Comme la diplopie est croisée, l'extrémité supérieure de la fausse image s'écartera de la vraie, tandis que l'extrémité inférieure s'en rapprochera.

Ce que nous avons dit à propos de l'action du droit supérieur sur le déplacement de la cornée fait comprendre que la diplopie

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