‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 164 sur 181 · STRABISME PÉRIODIQUE INTERMITTENT · texte numérisé non relu

STRABISME PÉRIODIQUE INTERMITTENT

Quelquefois, le strabisme mérite réellement la qualification de périodique ou intermittent, car la déviation ne se produit qu'à certains moments donnés. Tantôt, c'est quand le malade, fixant un objet rapproché, fait des efforts de convergence, que la difformité se manifeste, tandis que dans le regard au loin les axes visuels redeviennent parallèles. Tantôt, au contraire, la déviation se produit dans les conditions inverses, elle apparaît quand le malade regarde au loin, pour disparaître pendant la vision de près.

La raison d'être de celte variété de strabisme est des plus simples; chez l'hypermétrope, par exemple, toute déviation corn-

mence par être périodique et intermittente avant de devenir permanente. Elle ne se produit d'abord que dans la vision de près, pendant les efforts de convergence, alors que, pour éviter la diplopie, le malade dévie instinctivement un de ses yeux; mais, dès que les efforts d'accommodation cessent, dès que la vue se porte au loin, l'équilibre musculaire se rétablit et le strabisme disparaît. D'habitude, quand l'œil se dévie ainsi constamment à certains moments, le muscle droit interne finit par se rétracter à la longue, et entraîne ainsi une déviation définitive; d'intermittent, le strabisme devient monolatéral et permanent; mais, dans quelques cas, le sujet possède un muscle droit externe puissant qui s'oppose constamment à la rétraction de son antagoniste, de sorte que le strabisme se maintient indéfiniment périodique et ne se produit jamais que dans la vision de près.

Nous avons vu de môme que dans la myopie il existe souvent un strabisme divergent latent, dû à l'insuffisance des muscles droits internes, strabisme qui ne devient manifeste que pendant la fixation des objets rapprochés.

Le phénomène inverse s'observe quelquefois, c'est-à-dire qu'un strabisme qui existe habituellement peut disparaître momentanément sous l'influence de la volonté. Ainsi, quand un des muscles de l'oeil a pour une raison quelconque une puissance fonctionnelle prépondérante, il entraîne l'œil de son côté, tant que le regard est vague et que l'attention est détournée, mais il peut se faire qu'ayant intérêt à voir binoculairement, le strabique envoie une innervation considérable au muscle affaibli, et rétablisse ainsi l'équilibre. La fixation attentive d'un objet suffit alors pour faire disparaître le strabisme.

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