HISTOLOGIE
Il importe, avant de commencer l'étude de la rétine, de retracer brièvement les diverses phases deson développement, cespremières notions étant indispensables pour comprendre et la nature et les fonctions des diverses couches de cette membrane.
La rétine se développe aux dépens de la vésicule cérébrale antérieure. Dès le début de la vie embryonnaire, cette vésicule envoie deux prolongements latéraux qui arrivent presque au contact de l'ectoderme et qui forment les vésicules oculaires primitives. Ces vésicules, d'abord sphériques, sont bientôt déformées par le bourgeon cristallinien qui, en se développant, refoule leur paroi antérieure contre la postérieure, de sorte que, sur la coupe, leur ensemble a l'aspect d'un croissant formé de deux feuillets. L'antérieur formera toutes les couches de la rétine moins l'épithélium pigmenté, le postérieur ne consliluera que cet épilhélium.
A ce moment, le feuillet réfléchi conserve toujours la structure des centres, c'est-à-dire qu'il est constitué par une seule rangée de cellules cylindriques, dont les noyaux sont situés à des hauteurs inégales, tandis que le feuillet pariétal diminue d'épaisseur. Peu à peu les diverses couches de la rétine se différencient, et leur développement continue jusqu'à la naissance.
(I) L'étude hiltologique de la rétine que nous donnons ici ■ été développée dans son cours du Collège de France par le professeur Ranvier. Klle a été publiée par M. Desfossés dans le u° de mars 1882 des Archive* dophthalmologie.
Ce n'est qu'à une époque très tardive que se forment les cônes et les bâtonnets; chez les mammifères, il arrive môme qu'ils ne parviennent à leur complet développement qu'après la naissance. Ces éléments dérivent du feuillet réfléchi de la vésicule oculaire et se trouvent du côté qui est en contact avec le feuillet postérieur, contrairement à ce qu'avaient dit les premiers observateurs, Tréviranus. Remak, Henle, qui les avaient crus dirigés vers le centre de l'œil, et placés de manière à recevoir directement les rayons lumineux.
Sur des coupes fines et colorées par les divers réactifs usités, on voit nettement les diverses couches de la réline.
En les passant en revue, nous trouvons de dehors en dedans :
1° La couche d'épithélium pigmenté de la rétine, qui envoie de fins prolongements protoplasmiques entre les éléments de la couche sous-jacente ;
2° La couche des cônes et des bâtonnets ;
3° La limitante externe, membrane hyaline criblée d'une multitude de petits orifices, que traversent les segments internes des cônes et des bâtonnets ;
4° Les noyaux et les corps cellulaires correspondant aux cônes et aux bâtonnets (cellules visuelles) ;
5° Le plexus basai.
Au-dessous de ce plexus se trouve, chez quelques animaux, une rangée de cellules, cellules basâtes, que nous réunissons à la couche du plexus basai dans lequel elles se trouvent quelquefois incluses ;
6° Les cellules bipolaires;
7° Les cellules unipolaires;
8° Le plexus cérébral ;
0° La couche des cellules multipolaires;
10° La couche des fibres du nerf optique ;
11° La limitante interne.
On sera sans doute étonné de nous voir produire une classification tellement différente de celle qui est classique, mais l'étude exacte des faits, et les confusions regrettables qui étaient la conséquence des anciennes dénominations, nous ont contraint de donner aux diverses couches de la rétine et aux éléments qui les constituent des appellations plus en rapport avec leur nature et eur constitué, tout en conservant de l'ancienne classification tous les noms qui nous ont semblé convenables.
Avant de passer à l'analyse de chacune de ces couches, établissons à quel niveau se fait la séparation en deux couches.
après l'usage des divers réactifs que nous avons énumérés. C'est toujours au-dessous du plexus basai, au niveau de la couche des cellules basales, qui le plus souvent restent adhérentes a ce plexus
lorsqu'elles existent. C'est à celle couche externe que nous réservons le nom de névroépithélium rétinien.
Nous réservons l'étude des cellules hasales pour la joindre à celle du plexus basai . Si nous cherchons ce qui sert de soulien aux diverses couches de la réline, nous trouvons les éléments connus sous le nom de fibres de Miiller, et nous verrons que ce ne sont pas des libres, mais de véritables éléments cellulaires, ayant la signification de cellules épithéliales, et sur la structure et l'examen desquelles nous reviendrons après avoir décrit les diverses couches de la rétine.
Ces cellules de soutènement et les cellules basales étant des éléments accessoires dans la réline, nous allons passer en revue les diverses couches auxquelles on altribue une signification fonctionnelle au point de vue de l'acte de la vision.
Couches des cônes et des bâtonnets.— Ces deux éléments, différents de forme, ont pourtant une structure analogue et des réactions identiques : tous les deux sont décomposables en deux segments, l'un interne, l'autre externe.
Le segment externe, qu'il appartienne à un cône ou à un bâtonnet, se présente toujours à peu près avec les mêmes caractères.
Fig. 15. — Schéma tic la rétine.
I. Couche des cimes et des bâtonnets. — a. Corps intercalaire. — b. Corps accessoire.
i. Limitante externe.
i. Couche des cellules visuelles. — c. Massue de Lnndolt.