RUPTURES DE UA CHOROÏDE
Les ruptures de la choroïde sont toujours la conséquence d'un traumatisme violent ayant porté sur le globe oculaire. Habituellement elles se produisent en même temps que les déchirures des autres enveloppes de l'œil. De Grœfe a, le premier, signalé un cas de rupture de la choroïde avec intégrité de la sclérotique; depuis, cette lésion a été observée un certain nombre de fois dans les mêmes conditions.
Pendant les premiers jours qui suivent l'accident, le trouble des milieux est tel qu'il est impossible de reconnaître l'existence d'une lésion choroïdienne; mais dès que l'épanchement sanguin consécutif au traumatisme commence à se résorber, et que les milieux de l'œil reprennent leur transparence, on entrevoit, dans le point diamétralement opposé à celui où a porté le choc, en général vers le pôle postérieur, une large raie blanchâtre irrégulière, allongée, comparable à une crevasse, formée par la sclérotique devenue visible à travers la solution de continuité de la choroïde. En général, cette large fissure est curviligne et embrasse la papille dans sa concavité; quelquefois elle est double et les deux ruptures sont parallèles; enfin, dans deux cas rapportés par de Grsefe et Franck, des déchirures multiples s'irradiaient autour de la papille.
Les bords de la déchirure présentent d'abord une teinte rouge foncé, h&morrhagique, due au sang provenant de la rupture des vaisseaux choroïdiens. Plus tard, à mesure que la résorption du sang épanché s'effectue, cette teinte rouge disparaît, le fond de l'œil reprend sa coloration normale, sur laquelle se détache alors très nettement la sclérotique mise à nu dans toute l'étendue de la rupture.
L'aspect caractéristique du fond de l'œil, joint aux circonstances
particulières dans lesquelles se produit l'accident, rend à peu près impossible une erreur de diagnostic ; cependant, lorsque la déchirure occupe les régions antérieures de l'œil, il peut être fort difficile de la découvrir. L'intégrité de la réline au niveau delà rupture se reconnaît à ce que les rameaux de l'artère et de la veine centrale passent au-devant de la raie blanche sans subir aucune interruption.
Au premier abord, il semble que les déchirures de la choroïde ne doivent donner lieu par elles-mêmes qu'à des troubles fonctionnels de peu d'importance, et pourtant ceux qu'on observe en pareil cas sont toujours assez graves. Cela tient , sans doute, à ce que cette lésion ne se produit que dans les traumatismes d'une certaine violence, ayant déterminé en môme temps d'autres désordres moins apparents (subluxation du cristallin, décollement de la rétine, épanchement de sang dans l'épaisseur du muscle ciliaire), mais qui contribuent, dans une large mesure, à augmenter le trouble de la vision. Nous renvoyons, du reste, pour ce qui concerne le pronostic et le traitement, à ce que nous avons déjà dit dans le premier volume à propos des contusions du globe oculaire.
COLOBOMA DE LA CHOROÏDE.
Le coloboma de la choroïde est une malformation congénitale consistant dans l'absence d'une partie plus ou moins considérable de cette membrane au niveau de la région inféro-interne du globe oculaire. Signalée d'abord sur le cadavre par de Ammon, elle a été reconnue plus tard sur le vivant par de Grœfe (1) au moyen de l'ophthalmoscope.
La surface de la sclérotique mise à nu présente, dans toute l'étendue du coloboma, une teinte blanchâtre ou bleuâtre légèrement chatoyanle. Les inflexions que subissent les quelques vaisseaux choroïdiens persistant encore en ces points, les reflets d'ombre et de lumière qu'on y aperçoit, en modifiant l'inclinaison du miroir prouvent que l'enveloppe fibreuse de l'œil présente à ce niveau des ectasies irrégulières.
L'étendue du coloboma est variable; tantôt il s'arrôte dans le voisinage de la papille, tantôt il l'entoure complètement. Celle-ci,
(f) Arch. /tir Ophth., t. II, I" part., p. 231».
COLOBOMA DE LA CHOROÏDE. 213
par un effet de contraste, paraît alors hypérémiée; sa forme devient ovalaire, à grand axe horizontal, ce qui tient à ce qu'étant entraînée dans le sens du coloboma et n'étant plus vue de face, son diamètre vertical subit un raccourcissement apparent.
Quelquefois le nerf optique lui-môme est atteint de coloboma. La réunion de sa gaine s'étant effectuée d'une- façon incomplète, il existe en dedans et en bas de la papille, qui semble démesurément grande, une espèce d'excavation très apparente à l'ophthalmoscope.
Le coloboma ne se prolonge pas toujours jusqu'à la région ciliaire, ses limites antérieures sont alors visibles à l'ophlhalmoscope; d'autres fois il atteint le segment antérieur de l'œil, les procès ciliaires font défaut et il existe alors presque toujours simultanément un coloboma de l'iris. Plus rarement il y a aussi coloboma du cristallin, qui présente à l'opbtbalmoscope une échancrure intéressant son bord inférieur.
Au niveau du coloboma la rétine existe, mais elle est généralement atrophiée, tantôt elle s'enfonce et tapisse l'excavation bosselée de la sclérotique, tantôt elle est tendue au-devant comme un pont membraneux.
Sauf une lacune du champ visuel correspondant à la zone rétinienne atrophiée, les troubles fonctionnels sont à peu près nuls ; dans certains cas, pourtant, l'acuité visuelle est mauvaise, ce qui tient à d'autres malformations congénitales concomitantes, telles qu'une hypermétropie excessive, de la microphthalmie, etc.
Le coloboma delà choroïde existe fréquemment des deux côtés à la fois; quand il est unilatéral, c'est presque toujours à gauche qu'on l'observe.
Cette anomalie congénitale doit être considérée comme le résultat d'un arrêt de développement de la choroïde. L'on sait d'après les recherches de de Ammon que les membranes enveloppantes de l'œil présentent, pendant les premiers mois de la vie intra-utérine une fente antéro-postérieure et inféro-interne, connue sous le nom de fente choroïdienne . C'est au défaut de réunion de cette fente qu'il faut attribuer la formation du coloboma.
MÀLAIHKS l»l COUPS VITRÉ.
INFLAMMATION DU CORPS VITRÉ, HÏALITI*. — OPACITÉS PO CORPS VITRK, MOUCHES VOLANTES, MYODÉSOPSIE. — RAMOLLISSEMENT, DÉCOLLEMENT DU CORPS VITRE. — SnrCBtUS ÉTINCELANT. — CORPS ÉTRANGERS. CYST1CER«IE DU CORPs VITRE .