‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 95 sur 181 · VISION DES MYOPES · texte numérisé non relu

VISION DES MYOPES

sur lui, de pouvoir vieillir sans être obligé de faire usage de verres convexes pour la vision de près. Dès que la myopie atteint 5 D.

c'est-à-dire - r- la vision sera toujours possible à 0m,20, sans 0"',20 '

que l'accommodation entreenjeu ; peu importe que cette fonction s'affaiblisse, la presbytie n'est plus à craindre.

Quand la myopie dépasse 3, 4 et 5 D. les myopes ont une tendance marquée à rapprocher les objets, et à incliner la téte en les regardant; ils aiment à lire les petits caractères, l'écriture fine, ce qui s'explique, car ils peuvent ainsi embrasser plus d'étendue à la •fois, et éviter les mouvements de la tête et des yeux, forcément nécessaires avec de gros caractères.

La possibilité de pouvoir atteindre un âge avancé sans qu'il soit utile de recourir aux lunettes a fait considérer la myopie comme un vice de réfraction ayant plutôt des avantages que des inconvénients. De plus, bien des personnes croient que la myopie diminue avec le temps et que la vision va constamment en s'améliorant. Il est bon de s'expliquer une fois pour toutes sur ce sujet et de faire ressortir tout ce qu'il y a d'erroné dans un préjugé si universellement répandu.

Les faibles degrés de myopie peuvent, à la rigueur, être considérés comme sans inconvénients; mais il n'en est plus de même pour les degrés moyens et élevés. Loin de s'atténuer, la myopie a toujours de la tendance à augmenter, et quand elle dépasse une certaine limite, des complications graves, ramollissement du corps vitré, décollement de la rétine, etc., sont toujours à redouter.

Aussi ces yeux-là sont véritablement malades et exposés à des dangers qu'on ne peut prévenir que par des soins assidus et en usant des plus grands ménagements. La seule chose vraie, c'est qu'avec l'âge le rétrécissement de la pupille augmente un peu l'acuité visuelle; la sclérose du cristallin vient aussi compenser en partie l'excès de longueur de l'axe antéro-postérieur ; mais ce sont là de minces avantages comparés aux lésions du fond de l'œil, qui ont toujours de la tendance à faire des progrès menaçants.

Les myopes se plaignent fréquemment de mouches volantes; celles-ci peuvent être objectives, c'est-à-dire visibles à l'ophthalmoscope; elles dépendent alors de lésions déjà connues, sclérochoroïdite, ramollissement, hémorrhagies du corps vitré, etc. Mais souvent elles sont purement subjectives, et les corps flottants qui leur donnent naissance sont tellement ténus, qu'ils échappent à l'exploration la plus minutieuse.

Sauf dans les faibles degrés de myopie où Vacuité visuelle est souvent parfaite, elle est en général diminuée, et cela d'autant plus que la myopie est plus forte; c'est surtout quand la myopie atteint 8 D. et au-delà que Pacuïlé visuelle se réduit d'une façon très sensible. En dehors des lésions spéciales qui se produisent en pareil cas et qui ont été décrites dans plusieurs chapitres fsclérochoroïditc postérieure, troubles du corps vitré), le seul fait de l'expansion du môme nombre d'éléments sensibles de la rétine sur une plus large surface doit évidemment amoindrir la sensibilité de cette membrane. Chez le myope, en effet, le nerf optique possède les mêmes dimensions que chez l'emmétrope et par suite de Pectasie du globe il se développe sur une étendue beaucoup plus grande.

Les myopes ont une puissance d'accommodation qui, dans les faibles degrés et chez les jeunes sujets, est à peu près la môme que chez l'emmétrope; mais dans les forts degrés, où les faisceaux circulaires du muscle ciliaire sont aplatis et atrophiés, la puissance d'accommodation diminue considérablement et finit par être nulle ; du reste, dans ces hauts degrés, cette fonction n'a jamais besoin d'entrer en jeu.

Il importe de faire remarquer que l'amplitude relative d'accommodation du myope est bien différente de celle de l'emmétrope. Alors que ce dernier ne peut faire un effort de convergence sans faire un effort d'accommodation correspondant, le myope, au contraire, a la faculté de fixer un objet rapproché sans contracter son muscle ciliaire. Comme nous le verrons plus tard, cette considération doit ôtre toujours présente à l'esprit quand il s'agit de donner aux myopes des verres correcteurs. Si, en effet, par des verres neutralisant exactement la myopie, on rend l'œil emmétrope, comme cet œil ainsi transformé n'est plus en état de faire l'effort d'accommodation désormais nécessaire, pour une convergence donnée, sa vue se fatigue et il lui est impossible de continuer à se servir de ses lunettes pour le travail de près.

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