‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 14 sur 167 · A NATO M I K · texte numérisé non relu

A NATO M I K

Il n'existe pas de muscle analogue dans la paupière inférieure, mais Riche t démonlre que le muscle droit inférieur envoie à la paupière inférieure un prolongement metnbraniforme qui peut, par conséquent, être considéré comme l'analogue de l'élévateur de la paupière supérieure. Dans le mouvement de l'œil en bas, la paupière est entraînée dans le même sens.

Dans l'épaisseur du cartilage tarse se trouvent les glandes de Meibomius, disposées en grappe de raisin, représentées dans la figure ci-contre. Pour la paupière supérieure, leur nombre est de 30 à 40 ; pour l'inférieure, de 20 à 30. Ces glandes sont munies de conduits distincts qui, s'ouvrant sur les bords libres des paupières, sécrètent un liquide buileux destiné à humecter les paupières et les conjonctives elles-mêmes.

La conjonctive se trouve au-dessous du tarse, auquel elle est unie par une minée couche de tissu cellulaire.

Bords libres des paupières. — Les bords libres des paupières constituent la fente palpébrale visiblement dirigée de haut en bas et de dehors en dedans, et mesurant de 25 à 30 millimètres. Cette disposition oblique, peu prononcée chez les Européens, est. comme on sait, très-marquée chez les Chinois et les Japonais.

Les bords libres ont de 2 à 3 millimètres d'épaisseur et sont taillés en biseau aux dépens de la face interne pour la paupière supérieure, aux dépens de la face cutanéepour la paupière inférieure. La première présente, à la limite de la peau, une crête aiguë en haut, et qui est beaucoup moins prononcée sur la seconde. C'est sur ce rebord que sont implantés les cils.

Les cils sont des poils roides, recourbés en haut pour la paupière supérieure, et en bas pour l'inférieure. Ils naissent dans les bulbes pileux (fig. 5 et 6) situés d'ans la couche musculaire et adossés au tarse. Chaque cil prend naissance dans un follicule à part, mais il arrive quelquefois que les deux cils voisins naissent dans un follicule commun, comme on peut juger par les figures 6 et 7.

^ Le long de la crête du bord libre, entre la rangée des cils et le bord conjonctival, s'ouvrent les glandes de Meibomius rangées sur une seule ligne.

Chaque paupière présente, près de l'angle interne et sur son bord libre, un tubercule saillant où se trouve l'orifice d'un point lacrymal.

Fig. 8. — Artères des paupières.

monsaT\'l^t^S (%- 8) S0Dl f0mnies ^r les P«1p«brales internes, ramifions dG 1 °P,Uhalm'q»e, et par les deux palpébrales externes, issues de l'anère

h PAUPIÈRES ET SOUHCILS.

lacrymale. Elles s'anastomosent avec la susorbilaire, la sous-orbitaire et la faciale Les quatre premières forment deux arcades placées à 3 millimètres du bord libre des paupières, au-dessous de la couche musculaire.

Les ner/s sensitifs sont ceux de la cinquième paire. Les nerfs moteurs viennent de la septième pa.re pour l'orbiculaire, et de la troisième paire pour l'élévateur de la paupière supérieure.

Développement. — S'il faut en croire Meckel, les paupières commencent à se tormer des la deuxième semaine. Leur base se constitue d'abord, puis le bord libre ; elles arrivent ensuite au conlact, et adhèrent enfin l'une à l'autre. Elles restent ainsi unies pendant toute la vie intra-utérine; ce n'est que deux mois avant la naissance que s'établit la fissure interpalpébrale. Dans certains cas d'anomalie, l'adhérence persiste après la naissance.

Physiologie. — Les paupières exécutent deux sortes de mouvements : les uns soumis à la volonté, les autres échappant à cette faculté.

Les mouvements volontaires permettent l'écarlement des paupières et leur occlusion. Le mouvement d'écarlement s'effectue par la contraction du muscle élévateur de la paupière supérieure et par le relâchement complet de son antagoniste, l'orbiculaire. L'occlusion de l'œil se produit par la contraction de l'orbiculaire et par le relâchement de l'élévateur de la paupière supérieure.

Ces mouvements s'exécutent aussi, à chaque instant, en dehors de tout acte de la volonté et d'une manière instinctive. Ce sont des mouvements qui constituent le clignement. Le clignement est un acte complexe produit par des mouvements successifs d'abaissement et d'élévation des paupières qui glissent sur la surface du globe de l'œil. Le besoin de cligner est dû à l'innervation de la conjonctive par les lîlets du trijumeau.

Le rôle des paupières est d'abord de soustraire l'organe visuel à l'action incessante de la lumière et des corps étrangers, puis de faciliter, au moyen du clignement, la lubrifaclion du globe oculaire, la distribution des larmes et des sécrétions -huileuses sur sa surface.

Les cils servent à éloigner de l'œil les corpuscules étrangers flottants dans l'air ; de plus, ils absorbent une partie des rayons lumineux.

Les sourcils protègent aussi l'organe de la vue, en retenant une partie des poussières répandues dans l'atmosphère. Grâce à eux, la sueur du front est arrêtée et ne peut descendre dans l'œil. Les poils dont ils sont munis absorbent, en outre, une partie des rayons lumineux venant d'en haut.

C'est pour celte raison que les habitants des pays chauds sont d'ordinaire pourvus par la nature de sourcils développés et plus épais que chez les hommes destinés à vivre dans les régions froides ou tempérées du globe.

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