IRIS
Anatoniic — L iris, membrane musculo-vasculaire, constitue une sorte de diaphragme mobile, place au milieu de l'humeur aqueuse, et séparant en deux chambres espace compris entre e cristallin et la cornée; l'une est la chambre antérieure 1 autre la chambre postérieure (fig. 148). '
On a successivement admis et rejeté l'existence de la chambre postérieure- mais orsqu on examine attentivement la figure ci-dessous, on est facilement convaincu que les procès chaires, qui font saillie derrière l'iris, ne peuvent pas rester constamment appliques contre cette membrane, d'autant plus qu'ils sont les seuls organes sécréteurs de 1 humeur aqueuse. Cette humeur s'accumule en plus ou moins grande quantité derrière lins dans l'état normal; elle forme une véritable poche ou chambre postérieure lorsque la pupille est obstruée.
L'iris est percé d'un trou circulaire appelépupiV/e (fig. 1 19).Quoiquecenlrale, celte ouverture incline habituellement un peu plus vers l'angle interne de l'œil ; elle paraît noire au grand jour, et rouge lorsque, avec l'ophthalmoscope, on projette une lumière dans le fond de l'œil.
La couleur de l'iris varie beaucoup selon les individus, l'âge et la constitution. Ainsi, les sujets blonds ont les yeux bleus, les individus à cheveux noirs les ont bruns. Chez les albinos, la pupille, ainsi que l'iris, apparaît rouge, ce qui lient à l'absence du pigment et à la coloration que lui donnent les vaisseaux sanguins.
On distingue dans l'iris les éléments analomiques suivants :
1 . Les cellules êpithéliales de la membrane de Descemett,qui se portent sur la surface antérieure de l'iris, et peuvent être distinguées jusqu'au bord pupillaire sous forme de cellules hexagonales allongées, et ne présentant qu'une seule rangée, comme l'a très-bien fait voir J. Arnold (1). Quant à la membrane séreuse, dont on a longtemps parlé, elle n'existe pas; tout au plus trouve-t-on quelques fibres isolées de la membrane de Descemett, qui se perdent à la surface de l'iris, et non loin de sa grande circonférence.
Fie. 148. — Iris (*).
(1) Arnold, Archiv f. patholog. Analomie. Bd. XXVII, S. 3G5.
(*) 1, iris ; 2, cornée ; 3, cristallin.
nus.
2. La couche piijmcntaire est constituée par des cellules étoilées (fi,'. 150J fortement pigmentées, pareilles à celles que l'on trouve dans la choroïde, mais un peu plus petites. °Le pigment épilhélial n'existe point dans cette membrane.
3. Le tissu interstitiel de l'iris est constitué par un tissu cellulaire lâche, contenant des cellules étoilées, incolores ou pigmentées, et qui constituent comme une sorte de charpente destinée à servir de support aux muscles et aux vaisseaux.
Yio. — Iris el choroïde (*). FiG. 150. — Cellules de pigment (**).
4. Les fibres musculaires de l'iris sont des fibres lisses; les unes sont circulaires et constituent une sorte d'anneau ou de sphincter de la pupille. Elles sont surtout rapprochées de la face postérieure. Les autres sont rayonnées, d'après Rouget (1), elles forment à la surface antérieure des creux, des sortes de cryptes, dont le fond est parcouru par de nombreux vaisseaux, et les bords sont formés par les fibres musculaires. Ces dernières se croisent avec les fibres circulaires, près de l'ouverture pupillaire et près de la grande circonférence de l'iris. Au voisinage du bord ciliaire, elles se réunissent, d'après Rouget, en un grand nombre de petits faisceaux très-nettement isolés chez certains animaux (chien, bœuf, mouton), moins distincts chez l'homme. Au lieu de s'insérer au sillon kérato-sclérolical, elles s'épanouissent de nouveau et se continuent avec la couche profonde du muscle ciliaire. D'après Kôlliker, Henle et Rouget, les fibres radiées constituent le dilatateur de la pupille.
5. Les vaisseaux de l'iris sont très-nombreux et forment un lacis vasculaire trèsserré, comme le montre la figure 151 .
a. Les artères proviennent des ciliaires longues et des ciliaires antérieures. Les premières sont au nombre de deux. Arrivées au muscle ciliaire, elles concourent, avec quelques ciliaires antérieures, à former le grand cercle artériel de l'iris. De ce cercle se détachent des branches postérieures qui se rendent au muscle accommodateur et
(1) Rouget, Note sur la structure de l'œil, et en particulier sur l'appareil iriu-choroïdien (Gazette médicale de Paris, 1856).
(*) c, c, nerf ciliaire se ramifiant dans l'iris; d, nerf ciliaire plus petit; c, e, vnsa corticosa; h, ligament et muscle ciliaire ; k, filirea convergentes du plus grand cercle de l'iris ; i, forme entortillée tic celles qui sont prés Bc la pupille, avec les libres convergentes du cercle plus petit do l'iris ; o, nerf optique.
O fi 0) Cellules irrégulières avec dentelures ou prolongements ; q, q, cellules pigmentairea de l'albiuos à tonne polyédrique régulière on irrégulière. (6h. Robin.)
nus.
^S£Stot&lî^ S(ir6pandentSU,',,irisloutenli^^^..lis.son, au petit , Les ctiiaires antérieures ou courtes proviennent des branches musculaires, qui Irai
versent la sclérotique en divers points, et se confondent avec les ramuscules des'ci- Iiaires longues pour former le grand et le petit cercle artériel.
b. Les veines de l'iris sont très-nombreuses ; elles vont du bord pupillaire vers la grande circonférence de l'iris, et aboutissent, soit dans les veines du cercle ci-j liaire, soit dans les veines ciliaires longues postérieures, soit enfin dans les veines ciliaires antérieures, dont une partie se jette dans le plexus veineux ou canal de Fontana.
Dans la vie intra-utérine, ces mêmes vaisseaux forment la membrane pupillaire, qui ferme cette ouverture jusqu'au sixième mois. Sœmmerring, Haller et J. Cloquet l'ont observéé à partir du troisième mois de la vie intra-utérine ; puis elle se déchire vers le centre et s'atrophie progressivement.
6. Les nerfs de l'iris appartiennent aux deux ordres de filets nerveux, comme Claude Bernard (1 ) l'a démontré: les nerfs ciliaires , . directs, qui donnent la sensibilité à la con-
jonctive et a 1 iris; et les filets indiretcs, c'est-à-dire ceux qui ont passé par le ganglion ophthalmique, et donnent la sensibilité à la cornée transparente et à l'iris.
Les nerfs ciliaires longs perforent la sclérotique au nombre de deux, et se rendent au muscle ciliaire et à l'iris.
Les nerfs qui constituent le ganglion ophthalmique proviennent de trois sources : nerf moteur oculaire commun, branche ophthalmique de Willis et rameau carotidien du grand sympathique. Les filets nerveux du moteur commun se rendent au sphincter de l'iris, et servent à contracter la pupille; ceux, au contraire, qui naissent du grand sympathique, se distribuent aux libres rayonnées, et président à leur contraction, par conséquent à la dilatation de la pupille. Le filet nerveux de la cinquième paire entretient la nutrition, et concourt en même temps à donner la sensibilité à celte membrane. Les expériences de Brown-Séquard tendent à démontrer que l'iris possède la sensibilité directe pour la lumière, et sans intermédiaire du nerf optique.
Développement. — L'iris apparaît à une période avancée de la vie intra-utérine, notamment vers le quatrième mois, lorsque la fente sclérolicale et la fente choroï- ! dienne se sont totalement fermées. D'après Ammon (2) et Ch. Bobin (3), on aperçoit, vers cette époque, l'anneau irien complet tout près des procès ciliaires, qui se déve- \ loppe en même temps que le tenseur de la choroïde. Petit à petit, l'iris s'épaissit et s'élargit de la périphérie vers le centre, et forme une pupille qui se ferme ensuite complètement, et pour quelque temps, par la membrane pupillaire, laquelle ne disparait, d'après Cloquet, que vers le septième mois de la gestation.
Fig. 151. — Disposition des vaisseaux de l'iris (*).
(1) Claude Bernard, leçons sur le système nerveux. Paris, 1858, t. Il, p. 86.
(2) Ammon, ArcMi) /'. Ophthalm. von Graefe. Bd. IV, Ablh. 1, S. 12/1.
(3) Ch. Robin, Dicfionn. de médecine, 12* edit. Paris, 1865, art. Pnui.i.AiitK, p.
(*) rt,n, termiiiuisnn des vaisseaux nu bord pupillaire; b,b, crawle circonférence de l'iris, adhérente m mit'» cle ciliaire ; c,c,c, artères et veines de l'iris ; d,d tissu musculaire apparaissant dans les interstices des vaisseaux.
MODE d' EXPLORATION DE L'JHIS ET DE LA PUPILLE. 335
Philologie. — L'iris est une membrane extrêmement mobile; elle forme une sorte de diaphragme qui, comme nous l'avons dit, sépare la chambre antérieure de la chambre postérieure, et dont l'ouverture pupillaire, en se rélrédssant ou se dilatant, laisse entrer dans l'œil une quantité plus ou moins considérable de rayons lumineux 11 aide, en outre, d'après Donders, à l'accommodation.
On regarde généralement cette membrane comme sécrétante, mais cette opinion nous paraît tout à fait invraisemblable. L'humeur aqueuse n'est point sécrétée par l'iris mais par les procès ciliaires qui font saillie dans la chambre postérieure. Nous ft'en donnerons d'autres preuves que l'existence de l'humeur aqueuse dans les cas ou l'iris manque complètement. ,
Nous croyons aussi que l'iris, par ses mouvements continuels exécutes sur la surface du cristallin, sert pour ainsi dire à nettoyer cette surface des dépôts ou des flocons qui pourraient troubler la vue en s'arrêtant sur la capsule cristalline.
Bibliographie — Rouget, Note sur la structure vasculaire de l'iris et de la choroïde (Gaz. mèd. de Paris, 1856). — Leber, Anatomische Untersuch. ûber die Blutgef&sse des menschl. Auges, Wien, 1865, et Journal cPanatomïe de Ch. Robin, 1866.