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Blépharite ciliaire avec ses différentes formes

'2. Orgeolel, furoncle et anthrax; pustule maligne; phlegmon et abcès; érysipèle des paupières, emphysème, éphidrose et chromhidrose.

Les affections darlreuses des paupières comprennent: eczéma, psoriasis, herpès, zona, acné, vililigo, alopécie, pustules varioliques et scrofulides des paupières.

Quant aux affections syphilitiques de cette région, nous devons nous occuper du chancre, des syphilides bénignes et tuberculo-serpigineuses.

L'étude des tumeurs comprendra : 1° celle des kystes, tels que : chalazions, kystes sébacés et séreux, dermoïdes et hématomes; 2° celle des tumeurs solides, telles que : tumeurs érectiles, verrues, lipomes, gommes syphilitiques, éléphantiasis, névromcs, épithéliomes et carcinomes.

ARTICLE PREMIER

BLÉPHARITE CILIAIRE.

L'inflammation du bord libre des paupières désignée sous le nom de blépharite ciliaire affecte d'ordinaire la forme chronique.

La structure particulière de cette partie des paupières, surtout la présence des bulbes pileux, est une des causes de celte chronicité.

Nous distinguerons deux variétés de blépharite : la blépharile glandulaire ou bulbaire, et la blépharite furfuracéc ou pityriasis. Ces deux formes sont les seules qui puissent être facilement distinguées. Les divisions adoptées par les auteurs, en blépharile catarrhale et scrofuleuse (Warthon Jones) simple, diphthéritique, furfuracéc, ulcéreuse et folliculaire (Velpeau), quoique justifiées par l'anatomie, ne nous paraissent pas pratiques et sont un embarras pour le diagnostic; d'autres au contraire sont irrationnelles et mal fondées, par exemple la division en blépharites ciliaire simple, hypertrophique et ulcéreuse (Wecker), car elles n'expriment que les différentes périodes et les degrés de la même maladie.

L'inflammation du bord libre des paupières peut affecter, soit uniquement la peau à sa surface et au pourtour des cils, soit toute son épaisseur. Dans le premier cas, il y a blépharite simple furfuracéc ou pityriasis ; dans le second, c est une vraie blépharile glandulaire ou bulbaire.

A BrÉPHARiTE furfuracée ou pityriasis. — Le phénomène caracténsiique de la blépharite furfuracée est une desquamation de l'épiderme, sous forme de petites lamelles blanchâtres, pulvérulentes, que l'on a très-justement comparées à de la farine.

blépôXrite CILUIBB. 11

C'est une affection identique avec celle que l'on constate au cuir chevelu, à la face ci dans d'autres parties du corps. Développée sur le bord des paupières, ou la eau est très-mince et très-sensible, elle ne tarde pas h être accompagnée de demandons et d'une vive irritation. Les glandes de Meibomius et les glandes sébacées sont le siège d'une irritation analogue; la sécrétion est augmentée et «accumule b |a surface du bord libre; les lamelles de l'épiderme s'agglutinent à la base des cils et forment des espèces de croûtes jaunâtres ou d'écaillés luisantes, quelquefois s'attachent aux cils, même à une certaine dislance de leur base. Par le frottement, ces lamelles se détachent et tombent souvent entre les paupières, ou elles produisent une sensation de corps étranger.

En examinant attentivement cette région à la loupe, on constate quelquefois de petites pustules presque transparentes, situées entre les cils. Dans d'autres endroits, ce sont de véritables boutons d'acné. Peu à peu l'épiderme s'amincit et s'exfolie, le derme s'injecte, devient rouge, etc. Si la maladie dure longtemps, des ulcérations et des abcès peuvent s'y former; l'inflammation gagne les parties sous-jacentes, et peut envahir successivement les glandes sébacées, les bulbes pileux, et par conséquent se transformer en une blépharite glandulaire.

La blépharite furfuracée peut avoir d'autres conséquences non moins désagréables ; les cils, ne reposant plus sur le derme sain, deviennent fragiles et cassants, et les paupières s'en dégarnissent de plus en plus.

L'irritation des conjonctives, et même la conjonctivite, peuvent accompagner cette forme.

B. Blépharite cilimre glandulaire. — La blépharite ciliaire glandulaire ou bulbaire est beaucoup plus fréquente que la précédente. Elle est caractérisée par les symptômes suivants :

Symptoniatoiogie. — 1. line boursouflure du bord des paupières, soit par places, soit sur toute son étendue.

2. Une rougeur de la peau et des conjonctives au voisinage du point affecté. Il y a surtout une rougeur marquée dans l'angle de l'œil.

3. Le changement de direction des cils, qui deviennent cassants et tombent en grande partie ; ou bien ils sont ramassés en pinceau, et s'entrecroisent. Ça et là ils manquent complètement, tandis qu'ailleurs ils sortent par faisceaux à travers les mêmes orifices.

Quand la maladie persiste, les cils tombent de plus en plus, et ceux qui les remplacent n'acquièrent pas le même développement ; ils pâlissent et s'étiolent , quelquefois la paupière est dépourvue de cils {madarosis), et quelques poils rares et incolores se montrent ça et là.

4. La sécrétion morbide des glandes palpébrales altérée s'accumule sur le bord libre et au pourtour de la racine des cils. Mélangée à la sécrétion huileuse des glandes de Meibomius, elle forme une sorte de croûte ou des écailles friables, luisantes, adhérentes aux cils et à l'épiderme. Si l'œil n'est pas irrité, les croûtes peuvent rester inaperçues pendant un certain temps à la racine des cils ; s'il y a irritation et inflammation, ces plaques écailleuses deviennent plus évidentes. On trouve audessous une surface ulcérée qui saigne au moindre contact.

Chez les malades peu soigneux, les bords des paupières sont recouverts sur toute leur étendue par une large croûte comparable à une forte cuirasse, derrière laquelle

11 PAUPIÈRES ET SOUKCII.S.

s'accumule le pus; ou bien ce sont des pustules el des abcès qui se développent sur le bord, ou encore de véritables boulons d'acné situés dans le tissu cellulaire sous-cutané, pouvant même constituer une forme particulière, que Soelberg -Wells appelle acne ctïiaris.

5. Les cils sont très-souvent agglutinés et collés pendant le sommeil, et, chaque fois que le malade fait, le matin, des efforts pour ouvrir les yeux, il les arrache par pinceaux.

6. Il y a ulcération sur le bord libre el à la racine des cils. C'est un des phénomènes constants de celte forme de maladie. Celte ulcération peut être superficielle, dans ce cas elle occupe une large surface du derme et consiitue une érosion secondaire ; ou bien elle est profonde el disséminée, alors elle affecte la forme de cupule, au milieu de laquelle on trouve un ou plusieurs cils. Ces derniers s'arrachent très-facilement avec une pince à épilcr.

A cet étal d'altération, les cils ne tiennent plus à 1 épidémie (voy. fig. 10, b). Ranvier et Cornil l'ont démontré sur les préparations que je leur ai fournies. Des trajets fistuleux se sont ouverts sur le bord libre autour de chaque cil malade, et ont formé, en se réunissant, des ulcères en cupule.

7. Consécutivement à ces altérations, tout le bord des paupières s'arrondit, surtout à sa marge interne; il devient rouge et luisant par suite de la rétraction de la peau et des cicatrisations^ des excoriations sur la joue. La paupière inférieure se renverse en dehors, et constitue un état qui est appelé logophthalmie.

Dans certains cas, il y a désorganisation complète de tous les tissus du bord libre succédant à une blépharite accompagnée d'épaississement et d'induration, avec éversion du bord libre des paupières et du tarse lui-même (tylosis).

8. L'oblitération partielle ou totale des orifices des glandes de Meibomius est aussi une des conséquences de ces graves altérations des bords libres ; de là des kystes el des lésions conjonctivales se développant dans ces conduits.

9. La muqueuse oculaire est souvent injectée et renversée sur les bords palpébraux : elle devient charnue, sarcomateuse ou veloutée.

10. Les points lacrymaux sont tantôt déviés, tantôt rétrécis.

11. Pour compléter le tableau de la maladie, il suffira d'y joindre les signes fonctionnels caractérisés par une sensation de démangeaison, de picotement, de roideur des paupières, de photophobie accompagnée de larmoiement, d'une sensation de gravier entre les paupières, etc.

Étfologic. — Comme nous l'avons dit, la blépharile ciliaire peut avoir pontcause des altérations diverses des conjonctives et des voies lacrymales. Ainsi les conjonctivites granuleuses et les rétrécissements ou obstruclions des voies lacrymales amènent le plus souvent des blépharites.

Sur 150 blépharites ciliaires que nous avons trailées dans les deux dernières années, 60 étaient occasionnées par les altérations des voies lacrymales, 6 par les granulations des conjonctives, elles Ih autres reconnaissaient pour cause l'inflammation directe des glandes et du bord libre des paupières.

Les diathèses lymphatique, slrumeusc el scrofuleusc ont aussi une grande influence sur la produciion de cette affection. Nous avons souvent constaté l'existence de la blépharite bulbaire en même temps que l'engorgement des glandes du cou et des glandes sous-maxillaires. Les individus mal nourris, habitant des appar-

BLÉI'IIAIUTE CILlAIUIi.

tenienls hamides, froids et mal aérés, ou travaillant dans une atmosphère chargée de miasmes putrides, de gaz irritants, etc. ; les enfants, les sujets faibles et anémiques, sont plus que les autres prédisposés au dévolppement de cette maladie.

Marche, durée. — La blépharite ciliaire est une affection chronique; elle dure des mois, des années; mais il y a des périodes d'amélioration très-notable, simulant la guérison, suivies de nouvelles poussées inflammatoires.

Diagnostic différentiel. — Il est diflicile de confondre la blépharite ciliaire avec aucune autre maladie ; tout au plus pourrait-on la prendre pour une simple conjonctivite, granuleuse ou lacrymale, surtout si les cils sont collés en pinceaux par les mucosités. Mais dans une conjonctivite, les mucosités, au lieu d'être accumulées à la racine des cils, les collent au contraire vers leur sommet.

La boursouflure des paupières qui accompagne les conjonctivites occupe toute !a paupière, tandis que dans la blépbarite elle est limitée au bord libre.

Anatomie pathologique. — Nous avons déjà indiqué quelles altérations subissent les tissus. La maladie débute le plus souvent par les glandes sébacées

•c 9.— Bulbe pileux avec glande sébacée (*).

Fie. 10. — Poils sortant de la peau au milieu d'un ulcère (**).

2 L^"^.^"?1 'CS Ca"a"X <1CS Ci'S ; IC'"' s"PP«'«io" donne lien h ,Ies n e 1 S" °m S'"' 10 b,0rd 'ibrC 3" l",,"'t<""' *» * K«r réuninn

(6g. 10) et jonent le rôle d'nn corps étranger. Ranvier et Cornil

ont constaté ces faits sur les pièces que je leur ai fournies. Dans d'autres cas, il y a altération de l'enveloppe des cils cux-inèines. Ch. Hobin, de son côté, avait démontré que la gaîne du cil était dans ces cas remplie d'une quantité considérable de cellules épithéliales, de matière sébacée et souvent de pus.

Quant à la présence des champignons {(richopjiyipn), nous n'y attachons pas d'importance; les recherches que nous avons faites sur un grand nombre de malades nous ont conduit à cet égard à des résultats négatifs.

Pronostic. — La terminaison dépend en grande partie du degré d'altération, lin général, elle est bénigne et se laisse guérir. Les tylosis et les logophthalmies deviennent de plus en plus rares, car on oppose à la maladie un traitement plus rationnel qu'autrefois.

Traitement. — Avant tout traitement il est indispensable de reconnaître si l'on a affaire à un pityriasis palpébral ou à une blépharite bulbaire, et ensuite si la maladie est idiopathique, ou si elle a pour cause une conjonctivite granuleuse ou une affection des voies lacrymales.

Le traitement de la blépharite furfuracée est très-simple.

1. On doit recommander au malade de se laver les yeux pendant cinq ou six minutes, deux ou trois fois par jour, avec une solution faible (1 gramme) de sous-carbonate de soude dans 100 grammes d'eau tiède. C'est un excellent adoucissant, qui facilite en même temps la dissolution des écailles graisseuses du bord libre.

L'usage des collyres astringents n'a ici aucune utilité, comme l'a très-bien démontré Vel peau.

2. Pour combattre l'irritation des conjonctives et diminuer la photophobie, on i ordonnera des injections d'eau tiède dans les points lacrymaux avec la seringue ^ d'Anel. Ces injections, qui nous ont donné des résultats remarquables, dégagent les voies obstruées et contribuent très-efficacement à la guérison.

3. Le badigeonnage des paupières avec la teinture d'iode concentrée constitue un des points essentiels du traitement. Le chirurgien lui-même le fera une ou deuxi fois par semaine, en ayant soin de préserver soigneusement, pendant l'opération, le bord ciliaire avec un morceau de linge.

il. Les rechutes seront efficacement combattues par les préparations arsenicales, iodées, ferrugineuses, toniques et fortifiantes.

Le traitement de la blépharite glandulaire est plus complexe, plus long et en même temps plus difficile. Nous pouvons pourtant arriver à une guérison certaine si nous réussissons à enlever la cause de la maladie.

1. Lorsque l'affection reconnaît pour cause la conjonctivite granuleuse, ceslt cette dernière qu'il faut surtout combattre.

2 On inspectera avec un grand soin les voies lacrymales, qui sont le plus souvent le point de départ de la maladie, et, en guérissant l'altération dont elles sontt le siège, on guérit la blépharite ciliaire elle-même.

3 Pour une inflammation idiopathique du bord libre des paupières, il faut recommander aux malades, d'une manière toute spéciale, les soins d'une propreté ■ minutieuse. Ils doivent ramollir toutes les matières, toutes les croûtes desséchées qui occupent la base des cils. Dans la journée, à mesure qu'elles se forment, le nu* Sade devra aussi les ramollir et les détacher avec l'ongle du doigt. Laissées sur place, elles abriteraient le pus et activeraient l'irritation.

BLÉPHARITli CILIAIKE.

h. Pour ramollir et détacher plus facileinent la sécrétion morbide, on peut se servir avec avantage de fomentations ou de lotions d'eau tiède, de décoctions de tètes de pavot, d'eau de guimauve ou de laitue. On fera ces lotions à l'aide d'une éponge fine et très-douce.

5. L'épilation des cils les plus malades doit être pratiquée sans relard. Les croûtes une fois enlevées, on examinera attentivement le bord libre avec une forte loupe, afin de découvrir les ulcères en cupule qui entourent les cils. On enlèvera ces cils dans les endroits les plus malades et qui présentent des ulcères profonds. Pour les arracher, on se sert d'une pince (fig. 11), puis on cautérise les ulcérations avec un crayon effilé de nitrate d'argent mitigé.

Fig. 11. — Pince à épiler.

Je regarde l'arrachement des cils comme le moyen le plus efficace qu'on puisse employer dans le traitement de cette affection. En effet les cils, se trouvant au centre de l'ulcération, jouent le rôle de corps étrangers, et s'opposent à la cicatrisation. L'épilation des cils ne détruit pas les bulbes pileux, qui sont très-souvent intacts, mais elle active la cicatrisation des ulcères. Les cils repoussent au milieu d'un tissu déjà cicatrisé.

L'arrachement a fourni aussi de bons résultats à Ouadri, de Naples, et Lawrence au commencement de ce siècle; mais leur opération avait pour but de rendre plus facile la cautérisation des bords des paupières. Bazin (1) a indiqué le moyen de guérir les blépharites ciliaires par l'épilation des cils, croyant qu'il s'agissait là d'une végétation cryptogamique. Sans accepter l'opinion de Bazin, Cramoisy (2) a introduit en pratique l'épilation générale des cils comme moyen de guérisou. Il a recours quelquefois à plusieurs épilations successives.

Je pense que l'épilation générale de tous les cils pourrait amener une trop grande irritation, et qu'il ne faut y recourir que dans des cas exceptionnels.

Ma méthode de traitement consiste à n'arracher que quelques cils les plus malades, et à cautériser ensuite l'ulcère. Mais, pour ne pas provoquer une trop grande irritation, il ne faut épiler que tous les deux jours et sur des points éloignés.

L'épilation n'est donc pas, comme quelques auteurs l'ont dit, un moyen accessoire aeguénson, mais bien une indication essentielle du traitement.

6. On combattra l'inflammation et les excoriations étendues des paupières en touchant ces parties avec une solution de nitrate d'argent (Ôf',25 pour 10 ou 15

STpm'rt 0,,'SCl°n 16 COnSOil A'Anûc™n> avec une solution de potasse Rustique (0e%r>0 p()m. 30 grammes d'eau distillée).

donner rèS°IUli011 1° Vci^mc^ *■ W libre, il est utile de

badigeonne, de temps en temps les paupières avec de la teinture d'iode ou bien «vec un crayon de nitrate d'argent mitigé.

8. L'usage des pommades au précipité rouge et blanc, à l'oxyde de zinc ou au nitrate de mercure, est en général considéré comme un remède spécifique contre la bfêphàrite ciliaire. des pommades sont en effet utiles, lorsqu'elles sont employées h l'origine de la maladie, au moment où les bulbes ne sont pas très- altères et où les ulcères ne sont ni profonds ni étendus; Il faut aussi que la dose de précipité ne soit pas très-élevée. Les pommades de Lyon, de la veuve Farnié, de Desault, du Régent, d'Arlt, ne doivent leur réputation qu'au précipité rouge simple ou additionné de quelque autre agent, tel que : acétate de plomb et camphre (Régent), oxyde de zinc (Dcval), précipité blanc (Arlt), etc.

Des résultats favorables ne seront obtenus à l'aide de ces pommades que si on les applique à doses faibles (0gr,10 à 0sr,l 5 pour 10 grammes d'axonge), et en couches très-minces sur les bords des paupières. Voici quelques formules des plus ellicaces :

■1° Précipité rouge 10 centigr.

Acétate de plomb cristallisé . 5 —

Axonge fraîche 5 gram.

Huile d'amandes douces. . . 5 gouttes.

(Galezowski.)

2° Précipité rouge 15 centigr.

Camphre 15 —

Huile d'olives 1 goutte.

Beurre lavé à l'eau chaude. 3 grain.

(Desmarres.)

Si les orifices de Meibomius sont bouchés ou engorgés, et si la sécrétion ne s'opère librement, il est bon d'ajouter à ces pommades une petite partie de tutie préparée. Par le frottement, on déchire les pellicules qui bouchent les orifices,, et la sécrétion se rétablit. La pommade de Janin peut être avantageusement employée dans ce dernier cas. Fano conseille l'huile de cade. |

3° Tutie préparée 2 gram.

Bol d'Arménie 2 —

Précipité blanc

Axonge 4

(Janin.)

4° Beurre très-frais 18 gram.

Camphre 1 centigr.

Précipité rouge 1 —

Sel de Saturne 1

9 Dans le cas d'une inflammation trop vive des paupières et de tendance auxi abcès, on aura recours aux cataplasmes de fécule de riz ou de glycérolé d'amidon, tiédi, que l'on maintiendra sur l'organe deux ou trois fois par jour, pendant unci demi-heure ou une heure.

10 Si malgré cela, la paupière reste tuméfiée, Desmarres père conseille de, recourir â des ponctions multiples du bord libre pratiquées deux ou trois fois pan semaine. On exécute cette petite opération en tendant la paupière sur l index,, dont l'ongle correspond à la face interne du tarse, et l'on fait des piqûres avec la. pointe d'un bistouri. Desmarres dit avoir obtenu par ce moyen de bons résultats.

H Après la disparition des symptômes inflammatoires, Mackenzie conseille de baigner souvent les paupières avec une solution de 0r,05 * 0*',10 de sublime

dans 260 grammes d'eau. ,„„:„„«. pi

1 2 On prescrira en même lemps au malade un régime convenable, tonique, en on défendra l'usage des alcooliques, du café et des mets fortement ep.cés.

13 L'usage des conserves bleues ou neutres pourra être recommande pendant, tout le traitement. Le malade doit éviter une lumière trop vive et le travail au 0az.

ORGEOLET, FURONCLE, ANTWAX.

lli. Le sirop anliscorbutique ou de brou de noix, l'huile de foie de morue, les préparations iodées et arsenicales, seront prescrits pour combattre les causes générales prédisposantes de la maladie. C'est pour cette même raison que l'usage de l'eau de la Bourboule devra être préconisé. Le séjour aux stations thermales sulfureuses, d'Aix-la-Chapelle, de Bagnères-de-Luchon, peut être indiqué dans la forme du pityriasis du bord libre réfractaire aux autres traitements.

Bibliographie. — Quadri, Annotazioni pratiche sulle malattie degli çcchi, lib. I, p. 145. Napoli, 1818. — Chassaignac, Du décapage des cils dans les ophthalmies (Archives d'ophthalmologie, Paris, t. II, p. 88). — Velpecu, Dict. de méd. en 30 vol., ou Répertoire des se. méd., art. Ophthalmologie, t. XXII, p. 114. — Molière/au f. Ophth., t. VI, Abth. 1, p. 286. — Anderson, A praclical Treatise upon Eczéma, p. 107. — Cramoisy, De la btépharite glandulo-ciliaire et de son traitement radical (Courrier médical, 1860, p. 87, 100 et 111).

ARTICLE IL

ORGEOLET, FURONCLE, ANTHRAX.

Orgeolet. — L'orgeolet est nne sorte de petit furoncle envahissant le tissu cellulaire épitarsien ou le derme lui-même. II présente la grosseur d'un grain d'orge, et c'est de là qu'il tire son nom.

Scarpa (1) est le premier qui ait émis celte opinion sur la nature de la maladie; Boyer, Carron du Villards, Gosselin et Denonvilliers ont été du même avis. Mais de même que le furoncle a son siège primitif, d'après Richet, dans le follicule pilosébacé, nous pensons que l'inflammation d'une des glandes sébacées des cils est le point de départ de l'orgeolet.

La tumeur est dure, rouge foncé, se perdant d'une manière insensible dans les parties voisines. Le toucher ainsi que les mouvements des paupières provoquent une douleur très-vive. D'abord limitée au bord libre, le gonflement envahit bientôt toute la paupière, qui prend alors un aspect luisant.

Au bout de quatre ou cinq jours, il se forme une élevure d'un blanc jaunâtre qui ne tarde pas à se rompre, et qui donne issue à un pus épais, contenant de pelils lambeaux de tissu cellulaire mortifié. L'ouverture se produit, soit sur la face cutanée, soit sur la marge conjonctivale du bord libre. Immédiatement après, son gonflement cesse, et la cicatrisation qui en résulte ne laisse pas de trace.

L'orgeolet amène un gonflement des lissus voisins, et il n'est pas rare d'observer l'oblitération d'un ou de plusieurs orifices des glandes de Meibomius ou des glandes sébacées, produisant assez fréquemment un kysie sébacé ou chalazion. Certaines personnes sont prédisposées d'une manière toute particulière aux orgcolets, et elles sont sujettes à des récidives si fréquentes, que, pendant des mois entiers, toute occupation leur est interdite.

La douleur qui accompagne l'orgeolet, bien qu'elle ne soit pas des plus vives et qu elle n oblige pas le malade à renoncer à tout travail, est cependant très- gênante et peut même devenir insupportable quand le malade se livre à des travauxde cabinet, surtout le soir.

(l^Scrpa, Traité pratique des maladies des yeux, trad. française. Paris, 1802, t. 1,

GALEZOWSKI

18 PAUPIKUhS ET SOURCILS.

Lorsque l'orgeolct proémine sur la peau, il est moins douloureux cl produit moins d'inflammation que lorsqu'il fait saillie sur le bord libre ou la muqueuse, comme l'ont remarqué MM. Denonvilliers et Gossclin (1).

Furoncle. — Ce qui dislingue le furoncle de l'orgeolet, c'est qu'il occupe une étendue plus considérable et que son siège est différent. Comme l'orgeolet, c'est une inflammation du derme et du tissu cellulaire; il se montre sur tous les points des paupières ou des sourcils. La paupière tout entière devient œdémateuse; souvent la paupière inférieure y prend part, et le ebémosis séreux envahit le globe de l'oeil. L'aspect extérieur d'un œil ainsi affecté fait penser a une ophtbalinie purulente, si ce n'est que la douleur est circonscrite et limitée à un point fixe, et que la suppuration est presque nulle.

La région sourcilière est le siège d'élection du furoncle ou de l'anthrax ; il peut quelquefois y atteindre des proportions considérables et amener même une sorte d'œdème et d'érysipèle sur toute la face.

Anthrax. — L'anthrax est une inflammation du tissu cellulaire sous-cutané, se propageant au tissu aréolaire du derme, et amenant très-rapidement la mortification de la peau. Contrairement à l'opinion de Rokitanski et de Hunter, Dupuytreu etBrodie pensent que l'anthrax débute par les prolongements du tissu cellulaire au derme. Four Richet (2) l'anthrax, de même que le furoncle, a son siège dans les follicules pilo-sébacés.

L'anthrax des paupières est excessivement rare. A. Guérin (3) déclare ne l'avoir jamais observé dans cette région. En effet, c'est plutôt le sourcil qui est le siège de cette tumeur inflammatoire, et la paupière ne sera enflammée que d'une manière secondaire et par voisinage.

L'anthrax débute par la rougeur, le gonflement et la chaleur de la partie malade. Au bout de quelques jours, la douleur devient excessivement vive et comme déchirante. Au centre de la grosseur apparaît une phlyetène qui crève en laissant s'écouler un liquide glutineux sanguinolent. Quelques jours plus tard, des ouvertures cribriformes se montrent au centre ; il s'en échappe un peu de pus et des lambeaux du tissu cellulaire, que l'on appelle bourbillon.

Une fois les tissus malades éliminés, on aperçoit une large ulcération à bords frangés, au milieu de laquelle se trouve une masse grisâtre, pultacée, qui n'est autre que les tissus de la paupière désorganisés. Celte cavité se remplit bientôt de bourgeons charnus, et la cicatrisation a lieu, mais avec raccourcissement de la paupière et son renversement en dehors.

Cette description montre que l'orgeolet, le furoncle et l'anthrax sont le résultat d'une inflammation des follicules pilo-sébacés et du tissu cellulaire. Mais le premier se déclare sur le bord libre et ne prend pas une grande extension ; les deux autres, au contraire, peuvent se déclarer, soit dans le sourcil, soit dans toute l'étendue de la paupière. La première maladie est très-fréquente cl expose les malades à des récidives, les deux autres affections sont excessivement rares.

Traitement. — Orgeolet. — Au début de la maladie, lorsque le pus n'est pas

(1) Denonvilliers et Gosselin, Traité des maladies des yeux. Paris, 1855, p. àb.

(2) Richet, Anatomie médico-chirurg,, 2e edit., p. 11.

V) A. Guérin, Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiqua* Pans, i»oj, t. II p. 563, art. Anthrax.

ORGEOLET, FUROiNCLE, ANTHRAX. 19

encore formé, on peut ordonner, à l'exemple de Scarpa et Mackenzie, des fomentations glacées, quelquefois additionnées de vinaigre.

Mais ce traitement doit être abandonné aussitôt que la période de suppuration commence; on aura alors recours aux fomentations d'eau de guimauve chaude et aux cataplasmes de fécule de riz ou de pomme cuite.

Quand l'abcès tarde à percer, il est urgent de l'ouvrir avec une lancette, en donnant à la plaie une direction parallèle au bord libre de la paupière.

Pour combattre la prédisposition aux récidives, on doit badigeonner les bords des paupières avec une solution de nitrate d'argent (0^,50 pour 20 grammes d'eau) ou de potasse caustique (0*%50 pour 30 grammes d'eau).

Des fomentations avec de l'eau blanche pourront aussi être employées avec succès. Des frictions faites avec la pommade de nitrate d'argent (0e%10 à Qw,2Q pour 30 grammes) ont donné à Soelberg Wells (I) de bons résultats.

Le traitement interne consistera en purgatifs salins et eaux minérales de Pullna, de Friedricbshaller-Bitterwasser, de Néris, etc. , et en pédiluves souvent répétés.

Les toniques conviennent aux personnes faibles, et les ferrugineux à celles qui sont chloro- anémiques.

Hardy emploie avec avantage l'eau de goudron prise régulièrement pendant quelque temps à l'intérieur. Ce moyen combat efficacement la diathèse furonculaire, et peut être mis en usage pour la guérison des orgeolets.

Furoncle. — Il est très-rare que l'on puisse faire avorter le furoncle des paupières. Peut-être même s'obtient-il plus difficilement sur la paupière que partout ailleurs. Pourtant, je ne saurais trop recommander, au début de la maladie, l'application sur la paupière d'une couche assez épaisse de collodion élastique, que l'on renouvellera tous les jours. Ce moyen peut arrêter le progrès du mal, et quelquefois l'enrayer ; mais il faut que ce médicament soit bien préparé. Voici sa formule :

Collodion 30,0

Térébenthine.

Huile de ricin 0,5

(Robert Latour.)

Si la maladie est trop avancée, il est nécessaire de pratiquer une large et profonde incision, et d'appliquer ensuite des compresses d'eau fraîche sur la paupière que l'on recouvre avec un petit morceau de toile cirée ou de caoutchouc.

Ce moyen réussit mieux que les cataplasmes pour calmer les douleurs et empêcher le gonflement. D'un autre côté, les compresses humides, même froides, se réchauffent très-vite sous une loilc imperméable et agissent à la façon des émollicnts.

Anthrax. — L'anthrax réclame, dès le début de la maladie, un traitement très-énergique. On doit pratiquer, selon les conseils de Dupuylren et de Richet, une incision cruciale sur la tumeur, de manière à en dépasser les limites. C'est une sorte de débridement qu'il faut faire, et alors l'incision doit être profonde et atteindre non-seulement la peau, mais aussi le tissu cellulaire sous-cutané. Broca ne se contente pas d'incisions, mais il excise toutes les parties de la peau qui doivent plus tard se mortifier.

(1) Wells, A Treati.se on tlie Dùeases of the eijes. London, 1869, p. G77.

On panse d'abord la plaie avec des cataplasmes émollients el plus tard avec des compresses aromatiques légèrement alcoolisées.

A. Guérin craint, à juste titre, qu'un érysipèlc ne se développe à la suite de l'incision de la peau : c'est pour cette raison qu'il a proposé de faire une incision cruciale sous-cutanée des tissus enflammés (1). Voici comment il opère: Plongeant au centre de l'anthrax la lame d'un bistouri étroit, il le glisse à plat sous la peau jusqu'au delà de la partie tuméfiée; dirigeant ensuite le tranchant vers les parties profondes, il incise de dehors en dedans dans trois rayons différents qui viennent tous converger au point d'introduction du bistouri.

D'après A. Guérin, cette opération pratiquée au début de la maladie en arrête la marche et s'oppose à la mortification de la peau. Elle paraît en même temps être peu douloureuse, n'expose pas à l'érysipèle et ne laisse aucune cicatrice difforme.

Dans ces derniers temps, la compression a été préconisée par les auteurs anglais, entre autres par O'Ferral et Collis. Elle doit se faire au moyen d'un emplâtre de savon opiacé que l'on incise au centre.

Bibliographie. — Dupuytren, Leçons uvales de clinique chirurgicale, t. IV, Anthrax. — Collis, Dublin quarterly Journal of med. se, Febr. 186Û. — A. Guérin, Nouveau Diction», de méd. et dechirurg. prat., Paris, 1865, t. II, art. Anthrax.

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