‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 65 sur 167 · KYSTES DE LA GLANDE LACRYMALE (DACRYOPS · texte numérisé non relu

KYSTES DE LA GLANDE LACRYMALE (DACRYOPS

Les kystes se développent rarement dans la glande lacrymale ; ils se forment ordinairement aux dépens des vésicules de cette glande qui se distendent considérablement.

Symptomaioiosic. — C'est une tumeur fluctuante, qui atteint la grosseur d une petite noix et même d'un œuf de pigeon. Faisant saillie à la partie supérieure de la paupière, le kyste se porte tout entier en avant. Lorsqu'on renverse la paupière, on constate une saillie presque transparente et fluctuante. A sa surface ou au voisinage, on aperçoit deux ou trois petits orifices qui sont ceux des conduits excréteurs de la glande.

Ces kystes se portent rarement vers l'intérieur de l'orbile, probablement à cause de la facilité avec laquelle le liquide peut se frayer un passage vers la paupière. Dans d'autres cas, et ceux-là sont les plus fréquents, ces tumeurs se montrent dans les glandules palpébrales, et par conséquent se localisent tout entières dans l'épaisseur de la paupière supérieure.

En exposant l'œil malade à l'action des rayons solaires, on peut faire sortir par les petits orifices de la glande un liquide aqueux et transparent. Ce fait a été mis hors de doute par Broca, qui l'a observé chez un de ses malades.

Selon Soelberg Wells (1), la sécrétion des larmes augmente toutes les fois que le malade pousse des cris, ou quand la conjonctive est irritée.

La ponction exploratrice, pratiquée au moyen d'un petit îrocart filiforme, fait sortir le liquide transparent, qui n'est autre que les larmes ; ce que Réveil a constaté par l'analyse chimique, dans le cas publié par Broca (2). Immédiatement après cette ponction, le kyste s'affaisse, mai» il ne manque pas de se reproduire au bout d'un temps relativement très-court.

Étiologie. — Ces kystes sont formés dans une des vésicules de la glande conglomérée lacrymale (portion palpébrale); ils se produisent consécutivement à une obstruction d'un de ses conduits. Telle est l'opinion de Broca, que nous partageons complètement. Schmidt et Joncs ont vu tics kystes hydaliques se développer dans la glande lacrymale. Quelquefois ces kystes lacrymaux s'ouvrent spontanément à travers la peau ; celte ouverture reste alors presque toujours Iistulcu.se, et constitue le dacryops fistuleux de Bowman.

Traitement. — Pour la guérison de ces kystes, deux méthodes peuvent être préconisées : l'extirpation et l'établissement d'un orifice artificiel.

L'extirpation doit être pratiquée, selon les procédés que nous avons indiqués plus haut, en fendant préalablement la commissure cxlerne de l'œil. Il n'esi pas

(1) Wells, Trealiseon Ihc Diseuses ofthe Eye. London, 1869, p. 007.

(2) Broca, Union médicale, avril 1861, p. 169,

toujours possible d'enlever I, kyste tout entier, surtout s'il ,st multiple et constitue par des hydalides, comme dans le cas de Jones. On se contente alors d'ex- UL'per la partie antérieure, et on laisse suppurer la paroi postérieure.

Dans un cas, Weckera obtenu un succès complet par l'extirpation.

Graefc propose d'établir une ouverture en passant un lil à travers l'orilia naturel de la glande cl le faisant sortir à travers la paroi interne du kvsle. U bl étant I.6, il s'établit une fistule, et plus tard ou peut même couper le petit non' qui en résulte. Nous pensons qu'il est difficile d'obtenir un résultat favorable pat I emploi de ce procédé.

L'extirpation de la glande lacrymale peut être pratiquée dans le cas des fistules qui accompagnent quelquefois les kystes ou les blessures de celle glande. C'est ainsi que A. Graefc a été obligé, dans un cas, d'enlever la glande "lacrymale elle-même. Bowman procède autrement: il pratique d'abord une ouverture artificielle du côté de la conjonctive au moyen d'un séton filiforme; après quoi il ferme l'orifice cutané.

Szokalski (1) a proposé de lier en masse les conduits excréteurs de la gland clans le but de provoquer l'atrophie de la glande; mais, à mon avis, celte opé ration doit offrir de nombreuses difficultés, et son succès est incertain.

Bibliographie,— Schmidt, Ueber die Krankheiten der Truncnorgans, S. 63. Wien, 1803

— Becr, Lettre von dm Augen Krankheiten, Bd. It, S. 597. Wien, 1817. — Hayne Wallon, Med. Times and Gazette, n° 190, 1854, p. 318. — Jarjavay, Mémoires de laSorifii de chirurgie, 1853, t. III, p. 501, et Gaz. des hôpit., 1854, n> 124. — Bcrard, Ann d'oculist., t. XII, p. 259. — Hulke, Ophthah Hosp. Reports, 1857-1859, vol. I, p. 285

— Bowman, Ophth. Hosp. Reports, ibid., p. 280. — Broca, Union méd., avril 1801, p. 159

— Graefc, Archiv fiir OphthaL, 1801, Bd. VIII, Abth. I, S. 279. — Jones, Brit. Med. Jour nal, 1804, p. 075. — Wecker, Kliaische MonatsbL, 1807, S. 34.

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