‹ Traité des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 89 sur 167 · Conjonctivites ou ophthalmies puru- J blcnnorrhagique · texte numérisé non relu

Conjonctivites ou ophthalmies puru- J blcnnorrhagique

'en*es j leucorrhéique.

[ scrofuleuse.

^ granuleuse.

CONJONCTIVITE SIMPLE.

ARTICLE PREMIER

CONJONCTIVITE SIMPLE.

La conjonclivite simple est celle qui se développe chez les individus de bonne Institution sous l'influence d'une cause d'irritation locale quelconque. Elle se présente .habituellement sous une forme chronique, mais quelquefois elle prend les caractères d'une conjonctivite aiguë cl phlcgmoneuse, surtout quand clic est occasionnée par une brûlure.

symptomatoiogic. - Signes physiologiques. — Le plus souvent, cette forme de conjonctivite est chronique et peu développée. : les malades se plaignent de pesanteur et de lourdeur des paupières, surtout le soir. En même temps ils éprouvent une sensation de chaleur dans les yeux, et de temps à autre il leur semble qu'un corps étranger s'est introduit entre les paupières.

Les yeux se fatiguent très-facilement au travail, et sont le siège de picotements et môme de douleurs sourdes.

Signes anatomiques. — La conjonctive palpébrale est celle qui s'injecte la première; ses vaisseaux deviennent flexueux, sinueux, variqueux; les branches collatérales, ainsi que les capillaires, se remplissent outre mesure dans toute l'étendue du tarse, au point que les glandes de Meibomius et la couleur blanche du tarse ne sont plus visibles. La conjonctive scléroticale reste intacte.

Consécutivement à cette injection, la muqueuse oculaire gonfle; le tissu cellulaire sous-jacent se boursoufle, et si cet état se prolonge, la rougeur se communique au globe de l'œil, et l'on remarque alors une injection superficielle qui se déplace facilement en même temps que l'œil et les paupières.

Quelquefois, au bord de ces dernières, on aperçoit des petites taches d'un rouge jaunâtre, isolées, mais très-foncées, et qui sont dues à une altération des glandes de Meibomius.

I n développement aussi marqué des vaisseaux de la conjonctive ne peut persister sans provoquer une élimination plus grande des cellules épitliéliales, qui, mélangées aux larmes et à la sécrétion huileuse, donnent lieu à une sécrétion morbide. Le matin et le soir, vers les angles de l'œil, on aperçoit une matière blanche ou verdâtre, et l'on dit habituellement, dans ce cas, que les yeux sont chassieux.

L'exagération de la rougeur, l'augmentation de chaleur des paupières, la douleur et la sécrétion morbide sont autant de signes qui caractérisent l'inflammation. Pour nous, cet étal est une plilcgmasie simple de la conjonctive, et nous pensons qu'on se tromperait beaucoup de croire qu'une simple hypérémie peut donner lieu à ces symptômes. Les hypérémies conjonclivales se rencontrent chez les sujets astbmaliques, pléthoriques, emphysémateux ; mais ces malades n'éprouvent aucun de ces symptômes, et il n'y a aucune sécrétion morbide.

Étlologle. — Les causes des conjonctivites simples sont très-variées; elles sont souvent dues à des brûlures, à des blessures ou à des corps étrangers qui se trouvent dans le cul-de-sar, conjonctival supérieur ou dans l'épaisseur de la conjonctive elle-même.

Certaines professions prédisposent a cette sorte de conjonctivite; ainsi, elle est fréquente chez les carriers, les sculpteurs, les maçons, et chez tous ceux qui vivent constamment dans une atmosphère remplie de poussière. Cette dernière entre dans les yeux et provoque une irritation qui peut ahoutir à une conjonctivite.

Le séjour dans un air vicié ou dans la fumée prédispose aussi à celte affection.

Les glandes de Mcibomius peuvent s'hypertrophier, s'engorger; leurs conduits peuvent s'oblitérer en partie ou en totalité, d'où s'ensuivra aussi une conjonctivite qu'on pourrait appeler glandulaire.

Enfin, le séjour prolongé des larmes occasionne également une conjonctivite que nous appelons lacrymale, dont nous nous occuperons spécialement dans un article à part.

Traitement. — Le premier soin est de rechercher la cause de la maladie et de l'éloigner si son action se prolonge encore. Ainsi, l'on examinera soigneusement le cul-de-sac conjonctival supérieur et inférieur, et l'on recherchera s'il n'y a pas de corps étranger.

Les personnes qui travaillent dans un air vicié ou an milieu de la poussière et

de la fumée doivent se soustraire à cet air nuisible, au moins pour le temps qu'exige le traitement.

Les conjonctivites occasionnées par les brûlures faites avec des caustiques doivent être soignées par des compresses imbibées d'eau froide. On aura soin, eu même temps, de laver les yeux une ou / deux fois par jour en dirigeant sur les paupières un jet d'eau con- Fig.79. — Appareil de Follin pour les douches oculaires. (j,iu au moyen d'une petite seringue ou d'un appareil de Follin poulies douches oculaires (fig. 79).

Pour cela, j'ai fait adapter à un irrigateur ordinaire un tube en caoutchouc muni d'un robinet et d'une œillère (fig. 80). Au fond de celte dernière se trouve une plaque ronde percée de nombreux trous qui laissent passer l'eau sous forme de petits jels.

Les douches sont prises d'abord sur les paupières fermées, et puis, petit à petit, le malade s'habitue à

„ , . • . , i • recevoir le iet d'eau directement

Fig. 80. — Irrigateur a douches oculaires. i»*>eiw« jv»

sur l'œil. Chaque douche ne dure qu'une demi-minute ou une minute, et on la renouvelle deux ou trois fois par jour.

CONJONCTIVITE LACRYMALE. • 157

Quant aux collyres, on ne recommandera que des lotions légèrement astringentes, dont voici les formules :

IL Eau distillée 100 gr. Eau distillée 100 gr.

Borax 1 Sous-acétate de plomb

Eau de laurier-cerise. . 5 liquide 5 gouttes.

Dans les affections des glandes de Meibomius, on devra faire des scarifications sur la conjonctive palpébrale, au niveau des glandes, et l'on appliquera ensuite des compresses froides.

Il arrive quelquefois que les orifices de ces glandes étant en grande partie obstrués, les bords des paupières deviennent secs et les cils cassants ; les glandes elles-mêmes s'engorgent et amènent des conjonctivites. Dans ces cas, j'ai pour habitude de prescrire aux malades des frictions une fois par jour sur les bords libres des paupières avec la pommade dont voici la formule :

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