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quelconque à une cause extérieure. J'ai fait clans mes interrogatoires une attention toute spéciale à ce qui se rapporte aux violences extérieures comme cause du cancer, et je suis arrivé à ce résultat, que ce n'est que dans les maladies non cancéreuses confondues avec le cancer, dans celles de la mamelle surtout , que les coups ont eu une influence directe. Quant au vrai cancer j'ai bien souvent rencontré des malades qui me disaient que leur mal était la suite d'un coup ; mais en examinant de plus près, je n'ai point pu déterminer cette causalité. Le coup ou la chute ont eu lieu bien longtemps avant le premier développement du cancer ou au moment où celui-ci existait déjà. Rien de plus commun, du reste, que ces violences extérieures. Et comme dans l'immense majorité des cas , d'après l'avis des pathologistes, aucune tumeur cancéreuse ne s'ensuit, on admet qu'une violence externe ne peut provoquer le cancer et ne le localiser, pour ainsi dire, que lorsque l'individu y est déjà prédisposé. Cela est possible et rationnel à admettre, mais pas suffisamment prouvé. Nous ne nions pas cette cause d'une manière absolue, mais pour l'admettre il faut que la science possède à ce sujet des matériaux bien autrement sérieux que des doctrines basées sur l'assertion pure et simple des malades.
Si jusqu'à présent nous n'avons rencontré qu'obscurité et incertitude dans l'étiologie du cancer, nous arrivons en dernier lieu à deux points sur lesquels les documents sont heureusement plus positifs, l'influence du sexe et de l'âge. Il est incontestable aujourd'hui que le cancer est beaucoup plus fréquent chez la femme que chez l'homme, et l'on sait que le cancer de l'utérus et du sein, organes le plus fréquemment atteints de cancer, sont les principaux éléments de cette prépondérance numérique.
Voici la proportion à laquelle nous sommes arrivé dans 349 cas de véritables cancers dans lesquels le sexe a été noté : 131 hommes et 218 femmes, ce qui établit la proportion un peu au-dessous de 2/5es, à un peu au-dessus de 3/5°% ou en proportion plus exacte, de 0,38 à 0,62, et l'on peut dire que le cancer est d'un tiers à la moitié plus fréquent chez la femme que chez l'homme. Le résultat auquel est arrivé M. d'Espine se rapproche tout à fait du nôtre. Sur 66 cas de mortalité moyenne à Genève, il y a 23 hommes et 43 femmes, ce qui fait la proportion de 0,35 à 0,65. On se perdrait évidemment dans les hypothèses si l'on voulait expliquer la raison de cette prédominance, et, avec tous les raisonnements possibles, on tournerait dans un cercle vicieux dont l'admission d'une prédisposition plus
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grande serait le point de départ et le résultat. Pour montrer comment quelques pathologistes expliquent facilement les faits d'étiologie , nous citerons le passage suivant du livre de M. Bruch (1). En parlant de la fréquence plus grande de la mortalité cancéreuse chez les femmes que chez les hommes , d'après les tableaux de M. Tanchou, M. Bruch s'exprime ainsi : « Proportion que l'on peut à la vérité » expliquer par la prédisposition énorme des organes sexuels, l'état » social et la vie de famille en France; mais qui reste assez éton- » nante pour nous guider dans quelques cas , dans lesquels l'obser- » vation ne nous éclaire pas sur la succession de tumeurs multiples. » Il est vraiment inconcevable de voir expliquer ainsi par l'état social et la vie de famille cette plus grande prédominance du cancer chez la femme en France. D'abord, c'est une inconvenance toute gratuite que de s'exprimer ainsi sur le compte d'un pays comme la France , et ensuite on n'énonce pas une assertion aussi peu courtoise sans l'appuyer sur des preuves ; sans cela , l'argumentation scientifique devient libelle et pamphlet.
Nos relevés sur l'âge des cancéreux nous fournissent également des résultats à la fois positifs et intéressants , et se trouvent généralement d'accord avec les bons relevés que l'on a fait ailleurs. Seulement l'âge moyen général est un peu plus élevé à Genève que celui auquel nous sommes arrivé , ce qui tient en partie à ce que nous avons recherché avec un soin tout particulier les cas de cancer dans le jeune âge , dont l'étude a été ordinairement négligée ailleurs à cause des nombreuses erreurs de diagnostic commises à cette période de la vie où le praticien ne s'attend guère à rencontrer le cancer. Le cas le plus précoce que j'aie vu est celui d'un enfant de sept mois qui avait succombé à une affection cérébrale , et chez lequel j'ai rencontré à l'autopsie un cancer des poumons qui en occupait presqu'un lobe tout entier. J'ai toujours regretté de n'avoir pu observer de plus près un fœtus de quatre mois qui provenait d'une mère morte d'une affection cancéreuse des plus générales. Il y avait dans la cavité péritonéale de ce fœtus une masse molle et grisâtre qui avait certainement de la ressemblance avec l'encéphaloïde. Malheureusement ce fœtus, présenté à la Société anatomique, et qui devait m'être remis pour un examen plus complet, a disparu sans que j'aie pu en découvrir les traces. Sur 377 cas de cancer, dans lesquels l'âge a été Ici les proportions sont assez analogues à celles du cancer de l'utérus,
(4.) Op. cit., p. 469.