‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer [electronic resource]Chapitre 46 sur 116 · XII. Les organes respiratoires · texte numérisé non relu

XII. Les organes respiratoires

Ils ont été assez souvent secondairement malades. Si nous résumons tous les cas dans lesquels nous avons rencontré quelques altérations pulmonaires , nous arrivons au chiffre très élevé de 29 , près des 2/3, chiffre que l'on pourrait cependant réduire à celui de 18, ce qui fait à peu près les 2/5es de toutes nos observations, si l'on élimine de ces 29 4 cas dans lesquels il y avait pour toute lésion de nombreuses adhérences entre la plèvre pulmonaire et la plèvre costale, 2casd epanchement pleural peu considérable, de 120 à 150 grammes de liquide dans une des cavités pleurales, et enfin 5 cas oùil y avait pour toute lésion des tubercules anciens crétacés, bien guéris. Les 18 qui restent constituent également encore une forte proportion, lorsqu'on prend en considération, surtout, que sur ce nombre il n'y avait que 2 fois des tumeurs cancéreuses dans le poumon. Voici à présent la répartition de ces lésions. Nous avons constaté chez 9 malades (1/5C) les caractères non douteux d'une pneumonie avec hépatisation : une seule fois l'hépatisation était double, et 2 fois lobulaire et disséminée à travers tout un poumon. Chez un malade il existait des abcès métastatiques dans le poumon, coïncidant avec une phlébite utérine. Chez deux individus il y avait un emphysème pulmonaire bien prononcé ; dans tous ces cas la membrane muqueuse bronchique était rouge et vivement injectée. Cinq fois nous avons constaté un épanchement d'une sérosité claire , ou trouble ou rousse , mêlée de quelques flocons albumineux , de 1 à 3 litres , et 2 fois il y avait des fausses membranes à la surface d'une partie des poumons. Nous ne faisons pas entrer ici en ligne de compte les deux cas où l'épanchement était peu considérable.

Si nous comprenons en une seule catégorie toutes les observations qui nous offrent des tubercules anciens ou récents dans les poumons, nous arrivons au chiffre énorme de 13 , à peu près les 2/7es. Sur ce nombre, il y avait 5 cas de tubercules guéris , soit de cavernes cicatrisées, soit de transformation crétacée. Chez 3 malades, soit dans l/15e des cas, il y avait évidemment une affection tuberculeuse récente. Dans l'un d'eux nous avons trouvé 1 litre de sérosité citrine dans la plèvre gauche, des tubercules gris dans les poumons, beaucoup

de lobules infiltrés de matière tuberculeuse, un abcès tuberculeux à droite formé par une poche de près de 3 centimètres de diamètre et de 1 millimètre d'épaisseur dans ses parois, renfermant un mélange de pus et de matière tuberculeuse. Chez un autre malade, nous avons trouvé, au sommet des deux poumons , des cavernes tuberculeuses revêtues de fausses membranes et entourées de granulations grises très nombreuses ; le lobe inférieur du poumon gauche était hépatisé. Chez le troisième individu , les deux poumons renfermaient de nombreuses granulations grises , des tubercules crus , jaunâtres , des petites cavernes et de nombreux tubercules dans les glandes bronchiques. Dans les autres cas, en dehors des cinq tubercules ancens et guéris, il y avait bien , chez 5 sujets , des tubercules récents , mais en assez petite quantité pour ne pas être d'une bien grande importance. Toutefois l'ensemble de ces faits démontre , une fois de plus , qu'à Paris la loi d'exclusion entre les tubercules et le cancer, signalée par M. Rokitansky de Vienne, n'est pas généralement applicable.

Quant au cancer pulmonaire, il a été facile à reconnaître chez l'un de nos malades , l'encéphaloïde formant des masses assez considérables pour ne pas être confondues avec les tubercules. Dans le second cas , il n'aurait pas été aussi aisé de poser le diagnostic d'une manière certaine sans le secours du microscope. Les deux poumons étaient parsemés de petits grains miliaires isolés ou réunis par groupes, d'une consistance molle, d'une teinte jaune légèrement rougeâtre, et montrant au microscope les cellules cancéreuses à peu près comme seul élément. Il existait, de plus , sur quelques points de la surface des poumons de petites plaques blanchâtres de 4 à 5 millimètres , formées aussi par les éléments du cancer.

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