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parfaitement dlather mânes; mais M. Tyndall a trouvé que, tandis que l'oxygène, l'azote, l'hydrogène, ont un pouvoir diathermane si faible, qu'ils n'absorbent qu'une quantité à peine appréciable de la chaleur qui les traverse, les gaz composés, comme l'acide sulfureux, le gaz ammoniac, le gaz oléfiant, arrêtent presque complètement la chaleur, même lorsque leur tension n'est que de quelques centimètres de mercure.

Diathermanéité de Voir. — M. Tyndall, ayant expérimenté sur de l'air humide, trouva qu'il absorbe 70 fois plus de chaleur que l'air sec; d'où il avait conclu naturellement que l'air humide a un pouvoir absorbant plus grand que l'air sec. D'autre part, Magnus trouvait que ces pouvoirs sont sensiblement égaux, et qu'on n'observe de différence entre eux que lorsque l'air contient l'eau à l'état de vapeur vésiculaire, analogue à celle qui constitue les nuages. Enfin M. Wild découvrit que c'est la paroi du tube où est renfermé l'air humide qui est cause de la discordance entre ces résultats. Si la surface interne de cette paroi est polie, l'air humide absorbe plus que l'air sec; si, au contraire, elle est noircie ou recouverte de velours, l'air humide absorbe moins. C'est donc à la vapeur condensée sur les parois du tube qu'est due la différence des résultats cités plus haut.

802. Applications des pouvoirs diathermanes. — 1° C'est grâce

à leur grand pouvoir dialhermane que les couches supérieures de l'atmosphère sont toujours à une basse température, malgré les rayons solaires qui les traversent.

2° L'eau étant peu diathermane, le phénomène inverse se produit au sein des mers et des lacs : les couches supérieures participent aux variations de température, suivant les saisons, tandis qu'à une certaine profondeur la température reste constante.

5° Les propriétés des corps dialhermanes ont été utilisées pour séparer la lumière et la chaleur qui rayonnent ensemble d'une même source. Le sel gemme, recouvert de noir de fumée, arrête complètement la lumière et laisse passer la chaleur obscure. Au contraire, des lames ou des dissolutions d'alun arrêtent la chaleur tout en étant parfaitement transparentes. On s'en sert avec avantage dans les éclairages à la lumière électrique ou solaire, lorsqu'il est nécessaire d'éviter une chaleur trop intense. L'iode dissous dans le bisulfure de carbone produit l'effet inverse : il absorbe les rayons lumineux, et laisse passer la chaleur obscure.

L'usage des cloches en verre dont on abrite dans les jardins certaines plantes, et l'emploi des serres froides ou chaudes sont fondés sur la diathermanéité du verre. On a vu dans le tableau ci-dessus (800) que cette substance (qui est diathermane pour la chaleur lumineuse des rayons solaires) est absolument athermane pour la chaleur obscure qui rayonne du sol.

805. Analyse des radiations calorifiques. — Thermochrose. — Les

propriétés que présente la chaleur dans son passage au travers des corps ont conduit Melloni à étendre à la chaleur l'hypothèse faite depuis longtemps sur la lumière. De même que Newton avait démontré l'existence de plusieurs

espèces de lumière, le rouge, Yorangé, le jaune, le vert, le bleu, V indigo et le violet, qui ue se transmettent pas également au travers des corps diaphanes et qui peuvent être réunies entre elles ou séparées, de même Melloni démontra l'existence de plusieurs espèces de rayons calorifiques (797) émis simultanément, en proportions variables, par les diverses sources de chaleur, et doués de la propriété de traverser plus ou moins facilement les substances diathermanes. Celles-ci possèdent donc une véritable coloration calorifique, c'est-àdire qu'elles absorbent certains rayons de chaleur et laissent passer les autres, de la même manière qu'un verre bleu, par exemple, est traversé par la lumière bleue, et ne l'est pas par les autres couleurs. Melloni a donné le nom de thermochrose à cette espèce de coloration calorifique des corps diathermanes.

801. Analogies entre la lumière et la chaleur. — Le spectre calorifique qui accompagne le spectre lumineux (797) prouve une grande similitude entre la radiation calorifique et la radiation lumineuse. Cependant, Melloni ayant fait voir que certaines substances, comme le quartz, la glace pure, qui laissent très bien passer la lumière, sont peu perméables à la chaleur de certaines sources, et que le quartz enfumé, qui est fort peu transparent, est au contraire très diathermane, il semble y avoir là un caractère distinctif entre la chaleur et la lumière; mais cette différence disparait quand on fait la distinction de la chaleur obscure et de la chaleur lumineuse.

En effet, en considérant d'abord la chaleur lumineuse, c'est-à-dire celle qui se trouve dans la partie visible du spectre, et en expérimentant successivement sur les sept faisceaux du spectre d'un prisme de sel gemme, MM. Jamin et Masson ont trouvé que les substances parfaitement transparentes, comme le sel gemme, le verre, l'alun, sont aussi parfaitement diathermanes, abstraction faite des pertes dues à la réflexion. De plus, en faisant passer les différents faisceaux du spectre à travers des plaques de verre vert, bleu et violet, ils ont constaté que, dans la partie lumineuse du spectre, la chaleur et la lumière se transmettent toujours dans les mêmes proportions à travers un milieu quelconque.

Les résultats ne sont plus les mêmes avec la chaleur obscure, c'est-à-dire avec les rayons infra-rouges, émis par le cuivre à -400°, ou par le cube à 100° (795). En effet, tandis que le sel gemme laisse passer également tous les rayons calorifiques obscurs, le verre, l'alun et, en général, tous les corps transparents et les substances translucides colorées, arrêtent ces mêmes rayons. Enfin, le sel gemme, le verre, le quartz qu'on a recouverts de noir de fumée, ne laissent plus passer la lumière, mais continuent à être traversés par les rayons calorifiques obscurs.

Quant aux rayons chimiques, ou ultra-violets, M. Ed. Becquerel a trouve que le sel gemme et le quartz les laissent passer tous, que l'eau et le verre les transmettent à un degré moindre, mais que l'essence de térébenthine et surtout le bisulfate de quinine et le verre d'urane les éteignent complètement.

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