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Mascart, Traité d'électricité statique

trisation. Si l'on tenait directement le métal à la main, on ne verrait pas le moindre signe d'électrisation; cependant il y aurait bien encore production

d'électricité par le frottement, mais

elle se perdrait immédiatement

dans le sol.

Ce fait général explique l'anrig. 8±S. cienne classitication des corps faite

par Gilbert en idioéleclriques, c'està-dire pouvant s'électriser (c'étaient les corps isolants) et en anélec trique s, c'est-à-dire incapables de s'électriser (c'étaient les corps conducteurs).

886. Isoloirs, réservoir commun. — Les corps mauvais conducteurs servent d'isoloirs, c'est-à-dire de supports destinés à conserver aux corps conducteurs leur électricité en les isolant du sol. La terre étant formée de substances plus ou moins bonnes conductrices, aussitôt qu'un corps conducteur électrisé communique avec elle par un autre conducteur, l'électricité s'y écoule immédiatement : c'est pourquoi l'on appelle quelquefois le sol le réservoir commun. On isolera donc un corps soit en le soutenant sur des pieds de verre, soit en le suspendant à des cordons de soie, ou bien en le posant sur un gâteau de résine. Toutefois il n'existe pas d'isoloirs parfaits; les corps les plus mauvais conducteurs n'isolent jamais complètement et tout corps électrisé perd toujours plus ou moins lentement son électricité par les supports. Il se fait, en outre, une déperdition continue par la vapeur d'eau qui est dans l'air, et c'est ordinairement la plus abondante.

887. Troisième fait général : Distinction de deux électricités.

— Il existe deux modes différents cVélectrisation, et par conséquent deux électricités : les corps se repoussent ou s'attirent, suivant qu'ils sont chargés de la même électricité, ou d'électricités différentes.

Ce fait important fut découvert et interprété théoriquement en 1754 par le physicien français Dufay 1. On le démontre aisément de la manière suivante.

On a vu (882) que, lorsqu'on présente au pendule électrique un bâton de verre frotté avec un morceau de drap, il y a attraction d'abord, puis répulsion après le contact. Les mêmes effets se produisent avec un bâton de cire à cacheter, frotté de la même manière, et il semble au premier abord que l'électricité développée sur le verre soit identique avec celle de la résine. Mais si, pendant que le pendule électrique est repoussé par le verre électrisé, on en approche la résine frottée, celle-ci attire vivement la balle de sureau; de même, si au pendule repoussé par la résine électri-

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