EFFETS PHYSIOLOGIQUES
1018. Actions sur les nerfs et sur les muscles. — On a VU que
ces effets furent les premiers observés, puisque c'est à eux qu'est due la découverte de l'électricité dynamique par Galvani. Ils consistent en commotions et en contractions musculaires, d'autant plus énergiques que les piles sont plus puissantes.
1° En prenant dans les deux mains les rhéophores d'une forte pile, on ressent une commotion violente, comparable à celle de la bouteille de Leyde, surtout si les mains sont mouillées d'eau acidulée ou salée, ce qui augmente la conductibilité. La commotion est encore plus intense au moment où on lâche l'un des rhéophores. Avec une pile de Bunsen de 50 à 60 couples petit modèle, la commotion est forte; avec 150 à 200 couples, elle est insupportable, et même dangereuse. Elle se fait ressentir moins avant dans les bras que la commotion de la bouteille de Leyde et, transmise par une chaîne de plusieurs personnes, elle n'est ressentie que par celles qui sont plus rapprochées des pôles.
2° Les effets physiologiques des courants ne sont pas les mêmes sur les nerfs sensitifs, sur les nerfs moteurs et sur les muscles. Si le courant agit sur les premiers seuls, il y a douleur; sur les
seconds, il y a commotion; sur les muscles, il y a contraction, mais il faut alors un courant à plus forte tension.
3° Tous ces effets ne se font sentir qu'à la fermeture et à l'ouverture du courant, et ils cessent aussitôt que le courant est établi. Toutefois avec des courants très énergiques les commotions et les sensations persistent; seulement elles sont beaucoup plus faibles qu'à la fermeture et à l'ouverture du circuit.
4° Enfin, les effets des courants sur les nerfs varient suivant qu'ils se propagent dans le sens des ramifications nerveuses ou en sens contraire.