‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 3 sur 142 · SUR CETTE SECONDE ÉDITION · texte numérisé non relu

SUR CETTE SECONDE ÉDITION

I. Le succès obtenu par le Traité clinique des maladies du cœur, tant en France qu'à l'étranger , est la plus douce récompense que son auteur pût ambitionner.

Depuis cinq ans qu'il a publié la première édition de ce Traité, en même temps qu'il n'a cessé de poursuivre ses travaux sur les maladies du cœur, l'auteur s'est livré, avec une ardeur égale et dans le même esprit d'exactitude, à l'étude clinique des affections des autres organes en général. Depuis la même époque, il s'est aussi appliqué à formuler les principes de la philosophie médicale qui le guide au lit des malades. De là trois nouveaux ouvrages publiés par lui dans l'espace de temps indiqué (1). Réunis au Traité clinique des maladies du cœur, ces trois ouvrages démontrent, de la manière la plus victorieuse, que la médecine est enfin heureusement entrée dans cette ère d'exactitude qui la constitue pour jamais à l'état de véritable science.

(1) Ces ouvrages sont les suivants: 1° Essai sur la philosophie médicale; 2° Clinique médicale de l'hôpital de la Charité , ou Exposition statistique des diverses maladies traitées à cet hôpital; 3° Traité clinique du rhumatisme articulaire, et de la loi de coïncidence des inflammations du cœur avec celle maladie (ce dernier ouvrage était le complément nécessaire du Traité clinique des maladies da cœur).

VIII AYERTISSEMEHT

Pour se constituer ainsi , la médecine a dû procéder dans ses recherches à l'instar des sciences physiques et chimiques proprement dites. Or, cette manière de procéder consiste à recueillir les faits particuliers avec tous les détails que nos diverses méthodes d'observation et d'expérience exactes nous permettent de saisir, et, lorsqu'ils ont été recueillis en assez grand nombre , à en déduire les lois et les principes qu'un esprit rigoureux et pénétrant y découvre. Quand les faits particuliers ont été bien étudiés , bien observés, bien comptés, bien analysés, leurs rapports de ressemblance ou de dissemblance se présentent comme d'eux-mêmes ; et leur classification logique vient couronner en quelque sorte l'œuvre de l'observateur philosophe.

L'auteur n'insistera pas plus long- temps ici sur ce point , qu'il approfondira de son mieux dans un prochain Traité systématique de médecine exacte. Son objet essentiel, dans cet avertissement, est de donner aux lecteurs une idée rapide des additions et des perfectionnements dont il a pu , grâce à cinq nouvelles années d'une patiente observation, enrichir cette seconde édition de son ouvrage, et de montrer qu'il n'a rien négligé pour le rendre de plus en plus digne de la faveur àà public éclairé.

II. Consacrés à de nouvelles recherches sur l'anatomie et la physiologie du cœur, les prolégomènes de ce traité ont reçu des développements assez étendus. On y li a une analyse raisonnée des travaux qu'à lVxe iïple de l'auteur, d'autres observateurs ont entrepris sur le poids et les dimensions du cœur de l'homme

DE LA. SECONDE EDiTlOïT. IX

et de quelques animaux, sur les bruits et les mouvements de cet organe.

J'ai redoublé d'efforts pour bien développer toutes les causes de bruit qui se rencontrent dans le jeu du cœur, et je crois avoir prouvé jusqu'à l'évidence que le bruit de tic-tac normal de cette pompe vivante provient des mouvements alternatifs de redressement et d'abaissement des valvules, ses véritables soupapes.

Cette doctrine, je le sais, est loin d'être encore généralement adoptée. C'est ainsi , par exemple, qu'après avoir exposé les résultats de quatre expériences pratiquées sur des veaux, en i835, le comité de Dublin déclare que, malgré les recherches faites jusqu'alors , la question des bruits du cœur n'était pas complètement élucidée. Ce comité reconnaît que la production du second bruit est liée à V intégrité des valvules aortiques et pulmonaires , mais il affirme que le premier bruit ne dépend pas de F occlusion des valvules mitrale et tricuspide , assertion qu'il appuie sur une bien fragile raison.

J'ai étudié également , avec un nouveau soin , les mouvements et les bruits anormaux du cœur. Les faits assez nombreux que j'ai recueillis depuis la première édition de ce traité sur le triple et quadruple bruit du cœur, m'ont permis d'ajouter quelque chose à la théorie de ce curieux phénomène , nié d'abord même par des médecins versés dans l'étude des maladies du cœur, et entre autres par M. Hope (i).

O Dans le tripla bruit, le cœur bat en quelque sorte une mesure qui

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