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et locales seront déterminés par l'intensité de la maladie, la force, l'âge des sujets, les complications, etc. On trouvera , d'ailleurs , dans notre Clinique médicale et dans notre Traité du rhumatisme articulaire, tous les détails qui se rapportent au traitement de l'endocardite qui coïncide avec cette dernière maladie ou bien avec les grandes inflammations de la plèvre et des poumons, espèce la plus fréquente de toutes, ainsi que nous l'avons démontré par tant de faits. On verra, dans ces ouvrages, quelles sont les quantités moyennes et extrêmes de sang qu'on a retirées, dans un espace de temps donné, selon que la maladie appartenait à l'une des trois catégories admises par nous et comprenant les cas graves, légers et moyens.
III. Lorsque les émissions sanguinesontété poussées assez loin (et il ne faut jamais dépasser les bornes que prescrit la prudence, éclairée par la plus saine expérience) , si la maladie n'est pas complètement enlevée, il faut avoir recours aux larges vésicatoires sur la région précordiale, que l'on panse ensuite avec vingt, trente ou quarante centigrammes de poudre de digitale, pour ralentir les battements du cœur, et donner ainsi à cet organe tout le repos compatible avec l'exercice des fonctions essentiellement vitales. Nous avons eu recours à ce moyen dans un très grand nombre de cas, et nous avons toujours eu à nous en louer. Nous le recommandons avec la certitude expérimentale de ses bons effets.
La diète la plus absolue et les boissons antiphlogistiques seconderont l'action des médications précédentes.
IV. En général, dans les cas où notre méthode de traitement a été commencée à temps", c'est-à-dire dès les premiers jours après la déclaration de la maladie, dans ces cas, vers la fin du premier septénaire après le début du traitement, et quelquefois même un peu plus tôt, la convalescence arrive, et le moment est venu de permettre du bouillon. On augmente ensuite graduellement la dose dei aliments , et l'on
HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'eNDOCARDITE. 387
prend toutes les précautions nécessaires pour éviter ces recrudescences ou ces récidives, dont on a dit, non sans raison, qu'elles étaient pires que la maladie primitive.
V. Lorsque l'endocardite affecte la forme chronique, et qu'elle n'a pas encore entraîné de graves désordres organiques , on peut espérer d'en obtenir la guérison par une longue persévérance dans l'emploi des émissions sanguines mitigées, des révulsifs, des bains, du repos absolu , de la digitale et d'un régime sévère.
VI. L'induration et l'épaississement de la membrane interne du cœur et surtout des valvules avec rétrécissement des orifices, les adhérences, le ratatinement de ces mêmes valvules , etc. , etc. , ne sont, ainsi que nous l'avons déclaré déjà (Art. Pronostic), susceptibles d'aucune guérison radicale, puisque ces lésions mécaniques réclameraient l'intervention des moyens également mécaniques ou chirurgicaux , et que nulle opération chirurgicale n'est malheureusement praticable dans le cas qui nous occupe. Il ne reste donc plus au médecin d'autre ressource que la méthode dite palliative. Les saignées répétées à des intervalles plus ou moins éloignés, le repos, un régime ténu, la digitale, les diurétiques et les purgatifs, lorsque des collections séreuses se sont opérées , l'évacuation de la sérosité par des moyens chirurgicaux, lorsque les agents de la matière médicale sont impuissants, tels sont les éléments fondamentaux de la méthode dite palliative. Par ce système de traitement, nous avons soulagé un bon nombre de malades; plusieurs même qui semblaient menacés d'une prochaine suffocation et partant d'une mort inévitable, ont pu reprendre leurs occupations, quand elles n'étaient pas trop fatigantes.
Nous devrons , au reste , revenir sur ce point en traitant de l'hypertrophie et de la dilatation du cœur, lésions presque constantes, du moins à un certain degré, chez les individus atteints d'une ou de plusieurs des graves lé-
sions organiques qui peuvent succéder à l'endocardite chronique.
§ II. Observations d'endocardite aiguë terminée par la guérison.