BUT DE LA SEXUALITÉ
plus le caractère général rde l'humanité que d'une manière incomplète. Car , tendant à ce qu'il y a de plus élevé et de plus général , l'homme doit le faire suivant la direction qui lui est prescrite parla nature, et s'accommoder des bornes de la spécialité. Les mythes nombreux de divinités hermaphrodites , imaginés par les anciens , étaient donc une remarquable aberration d'esprit , car on ne peut pas supposer, comme le pense Heinrich (1) , que le hasard seul ait fait qu'il existât des bustes doubles où la tête de Mercure se trouvait unie à celle de divers autres dieux, de Minerve, d'Hercule, etc., et il faut que cette conception soit née de l'idée que les sexes tirent leur origine d'un seul , qu'on personnifiait par F effet d'une tendance générale à tout matérialiser. C'est du moins ainsi que Ricklefs (2) explique le mythe phrygien d'Agdiste , androgyne , engendré par Jupiter , et dans lequel il voit l'expression de la force procréatrice primordiale de la nature ; les dieux lui enlevèrent les organes mâles , et de là naquirent les sexes; ces organes devinrent un arbre , qui engendra le soleil avec la nymphe du fleuve céleste , et l'Agdiste femelle , comme terre mère , aspire depuis lors à produire avec le soleil mâle. De même, la divinité de la lune , chez les Egyptiens, Harpocrate, Astarté, les Cabires (3), et Aphrodite ou Hermaphrodite , étaient à la fois mâles et femelles. Les artistes se plaisaient à créer , par la fusion des formes de l'homme et de la femme , des figures qui étaient plus propres à aiguillonner la sensualité qu'à réaliser l'idée de la beauté , de même que le voluptueux Grec, après avoir considéré un hermaphrodite humain comme une apparition du dieu Aphrodite, ne vit plus ensuite en lui qu'un objet de désirs effrénés.
(1) Comment, qua hermaphroditorum artis antiquœ operibus illustrium origines et causée explicantur, p. 15.
(2) Allgemeine Encyclopcedie 3 t. II, p. 185.
(3) Heinrich , loc. cit., p. 19.
Section troisième.