PROPAGATION PAR MULTIPLICATION DE PARTIES
lieu que par l'effet d'une division accidentelle , comme lorsqu'on reproduit les végétaux vivaces de bouture ; de même , quand un morceau de Tillandsia usneoides , arraché par le vent, reste suspendu aux branches d'un arbre, il y pousse sur-le-champ des racines, et il croît tout aussi bien que s'il était provenu d'une graine (1). La propagation peut également s'opérer par des feuilles arrachées de leur tige ; Schweigger (2) a vu dix jeunes plantes se développer d'une feuille de Verea crenata , qui était étendue sur de la terre humide ; ce phénomène est plus connu à l'égard du Bryophyllum calycinum , chez lequel les yeux situés dans les angles des dents des feuilles se développent peu à peu quand une feuille vient à entrer en contact avec la terre humide. Cependant, à proprement parler, ce n'est là qu'une propagation par des bourgeons latéraux, qui seulement ont une situation insolite dans cette plante.
Quant à ce qui concerne les animaux, la propagation par séparation de segmens a lieu fréquemment chez les Vers cestoïdes, lesNaides,les Néréides (3) et peut-être aussi quelques espèces de Lombrics (4).
II. Génération accrémentitielle par multiplication de parties.
§ 26. Le second mode de génération accrémentitielle dépend d'une multiplication de parties , d'une formation de nouvelles parties organisées plus ou moins différentes de celles qui existaient déjà , et non essentielles à l'individu procréateur luimême. Ces parties, tantôt sont simples, et leur masse entière se développe en nouveaux individus ( § 27-29 ), tantôt sont composées d'autres parties hétérogènes, dont il n'y a qu'une seule qui produise un nouvel individu en se développant , les autres ne servant qu'à favoriser ce développement (§ 30-34).
(1) Treviranus, Biologie , III , p.'365.
(2) Schweigger , loc. cit. , p. 56.
(3) O.-F. Muller , JSaturgeschiclite einiger Wurmarten , p. 34. — Rœsel, lnsektenbelustigungen , t. III, p. 571.
(4) O.-F. Muller , lôc. cit., p. 41.
^6 GÉNÉRATION SURCULAIRE.
A. Génération surculaire.
§ 27. La Gemmiparité ou génération surculaire ( gêner atio surcularis ) tient de près à la fissiparité. En effet , la gemme est une partie de l'organisme souche , qui , à la vérité , n'est point absolument nécessaire à l'existence de ce dernier, mais qui a la même structure et fait corps organiquement avec lui, de telle sorte qu'elle en reçoit la nourriture, et qu'elle contribue aussi à la conservation de sa vie. La reproduction par scission transversale des corps composés de segmens ( § 25, 6° )se rapproche beaucoup de celle par gemmes ; car le nouvel être s'y développe aussi comme partie de l'organisme souche , et la manière dont les gemmes se détachent a de l'analogie avec celle dont s'opère la scission. Mais la scission transversale n'est déterminée que par un accroissement en longueur, c'est-à-dire par une extension du développement dans le sens de la direction primordiale, par une simple élongation , tandis que , dans la formation des gemmes , il apparaît , dès le principe , une partie nouvelle , affectant une direction qui lui est propre.
Les gemmes peuvent être externes (§ 28) ou internes (§ 29).