‹ Traité clinique des maladies des pays chaudsChapitre 184 sur 190 · PARASITES DU FOIE · texte numérisé non relu

PARASITES DU FOIE

vent habités par des taenias ; mais ces animaux vivent au dehors des cases et les familles indigènes se nourrissent de céréales ou déracines qui échappent aux souillures des œufs des parasites; là sans doute est la raison de l'immunité des populations de la zone torride.

Les bœufs sont souvent infestés de cysticerques, probablement susceptibles d'être rapportés à l'espèce C. tenuicollis, mais qu'il serait intéressant de mieux étudier dans nos diverses colonies; c'est ce que nous avons observé tout particulièrement au Sénégal et ce que Thorel a signalé dans son exploration de la vallée du Mékong (Indochine).

Une douve, de dimensions 3 ou 4 fois plus grandes que l'espèce de nos régions [fasciola ou distoma hepatica), a été observée chez un Hindou par le D"" Phfilh : elle n'avait donné lieu à aucun symptôme hépatique, mais seulement à des manifestations dysentériques; elle se présentait dans les selles, comme u une petite masse rouge, offrant l'aspect et le volume d'une boulette de viande crue ou d'un fragment de piment rouge ; sur un plateau, cette masse offre des mouvements d'allongement et de rétraction analogues à ceux de la sangsue; elle est ovale, épaisse au centre et finit de chaque côté en bords tranchants; elle est longue de 2 centimètres environ et l'on remarque à l'une des extrémités du grand diamètre un orifice régulièrement circulaire, rétractile, légèrement pédicule, et du volume d'une tête d'épingle ; c'était à n'en pas douter, une douve du foie... «Le malade en expulsa 33 en 10 jours et guérit à la suitede l'administration d'une dose purgative de calomel * .

A Formose, sur le littoral avoisinant de la Chine et jusqu'au Japon, oii il aurait été importé, on rencontre un distome hépatique particulier, récemment décrit par le D'' Wallace Taylor^ et désigné par Baëlz sous le nom de Distoma perniciosimi^ . Cette espèce, longue de 8 à 11 millimètres, large de 3 à S, a des œufs de couleur rougeâtre, pigmentés, operculés à l'une de leurs extrémités. Le parasite provient des eaux, s'observe principalement dans les classes pauvres et chez les enfants. Il habite la vésicule et

* Arch. de méd.~nav. août 1884.

* China imp. mar. cust., med. ser., 27" suite, 1883.

' Remy, Maladies du Japon. Arch. gén. de méd., 1883.

les conduits biliaires, émigré jusque dans le parenchyme du foie et dans le duodénum, au travers de conduits qu'il creuse et qui communiquent avec les voies hépatiques ; il détermine du côté des muqueuses une irritation catarrhale et parfois ulcérative, du côté de la glande, une hypérémie et une inflammation interstitielle plus ou moins considérable. Le foie est augmenté de volume et douloureux ; il existe une diarrhée intermittente, caractérisée par des selles noirâtres ou parfois sanguinolentes, dans lesquelles on rencontre le distome ou ses œufs ; la peau offre ordinairement une couleur cendrée sombre, la température et les pulsations du pouls restent normales ou deviennent fébriles ; au bout d'un certain temps, des phénomènes hydropisiques se manifestent (œdème des membres inférieurs, ascite); le malade perd l'appétit, s'émacie et tombe dans le marasme. La mort est la terminaison habituelle de cet état, pour lequel on n'a pas encore trouvé de médication ^ Des acanthothèques, le Pentastome étreint(Peiitastormi7nconstnctum) et le Pentastome denticulé (P. denticulatum) ont été rencontrés, le premier dans des kystes à la surface du foie, chez des nègres d'Egypte, le second dans des kystes du foie et des autres organes parenchymateux chez des animaux (nous avons observé en Cochinchine, une tigresse dont tous les organes, à l'exception du cerveau et du cœur, étaient farcis de parasites appartenant selon toutes probabilités à la deuxième espèce) .

■' Le distome hépatique dit pernicieux vit dans la même zone endémique que le distome pulmonaire, étudié pour la première fois par Ringer, qui lui a laissé son nom (Distoma Ringeri). Ce dernier habite dans les conduits bronchiques et dans le tissu des poumons ; il détermine des hémoptysies répétées^ dont la véritable nature est décelée par l'examen des crachats) (ils renferment des œufs caractéristiques, ovales, ambrés et pigmentés, operculés à leur extrémité la plus large, longs de 1/13 à 1/10 de millim., larges de 1/20 à 1/17; le distome offre à peu près les mêmes dimensions que l'hépatique, mais avec une forme plus élargie et plus ovale). Nous avons observé à Saigon, des hémoptysies rebelles que, rétrospectivement, nous serions portés à attribuer au parasite. (Taylor, Baëlz et Remy, 1. c. ; — Chédan, Arch. de méd. nav., 1886, XLV, 241.

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