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Traité clinique des maladies du coeur et de l'aorte [electronic resource]

Le volume de « Leçons cliniques des maladies du cœur » paru en 1889, ayant déjà subi de grandes modifications dans sa seconde édition en l<S!)o, devient aujourd'hui, grâce au bienveillant accueil des lecteurs, un Traité clinique des maladie* du cœur et de l'aorte; nouveau livre, plutôt qu'une troisième édition, il est augmenté de plusieurs- chapitres parmi lesquels ceux relatifs aux anévrysmes, d'un volume entier, de nombreuses figures (167 au lieu de 65).

A ceux qui trouveraient excessive la place prépondérante que nous avons donnée à l'interprétation physiologique des symptômes et des médications avec ses longs développements, nous répondrons qu'en clinique il faut à l'avenir penser et agir physiologiquement, rappelant à l'appui ces profondes paroles de Claude Bernard :

« Il n'existe qu'une seule science en médecine, et cette science est la physiologie appliquée à l'état sain comme à l'état morbide... C'est par l'alliance féconde de la clinique et de la physiologie que nous verrons se réaliser les progrès si vivement désirés par tous les amis de la médecine positive. » Et les physiologistes sont cliniciens, puisque « l'expérience n'est qu'une observation provoquée ».

Nous devons trop à la physiologie pour ne pas reporter sur elle les progrès annoncés et accomplis, pour ne pas lui attribuer en grande partie de nombreuses découvertes en clinique et en thérapeutique, la connaissance d'une nouvelle classe de maladies, des cardiopathies artérielles et myocardiques sur lesquelles nos recherches ont été sans relâche poursuivies depuis trente années.

Autrefois, Corvisart qui qualifiait de « grand ressort de la machine humaine », le cœur, cet infatigable ouvrier de la vie, avait ainsi proclamé l'incurabilité de ses maladies : « On trouve presque partout le fatal pronostic de la mort {hœret lateri kthalis arundo). II est possible de prévenir quelquefois la maladie ; de la guérir, jamais ! »

Les découvertes des trois grands génies scientifiques au xixe siècle, de Laennec pour l'auscultation et l'anatomie pathologique, de Claude Bernard pour la physiologie et la pathologie expérimentale, de Pasteur pour la microbie et la pathogénie, ne nous permettent plus de souscrire à cette pensée de désespérance.

Nous avons souvent cherché la cause physiologique de la mort, peut-être un moyen indirect de comprendre comment on pourrait guérir ; les lésions et la pathogénie des diverses cardiopathies sont mieux connues, avec leurs allures cliniques et leur traitement ; la physiologie ne sépare pas le cœur périphérique du cœur central, et la clinique a su les réunir pour arriver à la féconde conception de Y adaptation en cardiothérapie ; suivant le précepte de Cuvier, nous nous sommes efforcé, par l'observation, d'écouter la nature, laissant aux expérimentateurs le soin de l'interroger ; à l'étude physiologique de chaque symptôme a toujours succédé celle des médications et des médicaments, ce qui nous a conduit à cette conclusion :

De toutes les maladies chroniques, ce sont celles du cœur où la médecine est le moins désarmée pour retarder , pendant de longues années, l'échéance fatale.

H. HUCHARD.

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