‹ Traité clinique des maladies du cœurChapitre 16 sur 107 · BESCRIPTION SUCCINCTE DES TISSUS CONSTITUANTS DU COEUR · texte numérisé non relu

BESCRIPTION SUCCINCTE DES TISSUS CONSTITUANTS DU COEUR

§ 1«. — Du tissu musculaire des parois du cœur, et description NPoVEni-P des muscles tenseurs , redresseurs ou releveurs des valvules auriculo-venUieulaires.

La substance musculaire constitue réellement la base et comme la charpente de l’organe central de la circulation?

(C En raisori de la forpne çopique du ventricule, ces deux régions vont en se rapprocliant Tupe de l’autre à mesure qu’elles se portent de la tiqse dp ce ventricule à sa pointe : elles ne sont donc pas exactement parallèles.

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Plus dense , plus ferme et d’un rouge plus foncé que celui des muscles ordinaires ou 'volontaires , le tissu musculaire du cœur est composé de couches plus ou moins nombreuses, dont la disposition a long-temps été pour les anatomistes une énigme impénétrable. ^Sténon, le premier, s’exerça à démêler cet inextricable lacis musculaire : ses efforts ne purent y parvenir. Les tentatives de plusieurs anatomistes postérieurs à Sténon ne furent guère plus heureuses. Enfin, dans ces derniers tepaps, les mains fiabiles de MM. Wolff , Duncan , Gerdy et Filhos sont parvenues à mieux dérouler les fibres tortueuses et cireçnvolutées du cœur. Il résulte des recherches de ces derniers anatomistes , que les ventricules sont formés de plusieurs couches musculaires superposées , et dont le nombre est différent pour chacun d’eux. Ces couches musculaires sont , selon M. Gerdy, au nombre de six pour le ventricule gauche, et au nombre de trois seulement pour le ventricule droit, ce qui explique pourquoi le premier e^t bjen plus épais que le second. D’ailleurs, la direction et l’étendue des fibres qui constituent ces plans musculaires ne sont pas les mêmes. Les fibres des couehes externes sont , en général, obliques de haut en bas, d’avant en arrière , et de droite à gauche ; les moyennes sont dirigées en sens contraire, et les plus profondes, qui se réunissent pour former des espèces de colonnes saillantes à l’intérieur des ventricules, sont pour la plupart longitudinales. Les couches superficielles oeeupent toute la eireonférenee des ventricules, en passant par la pointe du cœur, tandis que les autres diminuent de longueur et de largeur, à mesure qu’elles deviennent plus profondes : voilà pourquoi les ventricules sont plus épais à leur base qu’à leur pointe. Suivant une loi énoncée par M. Gerdy, toutes les fibres , quelles que soient d’ailleurs leur étendue , leur situation et leur direction, forment des espèces dansés dont la convexité regarde la pointe du cœur , et qui sont plus ou moins superficielles à une extrémité et profondes à l’autre ; de sorte ,

ANATOMIE DU CŒDE.

par exemple , que les fibres externes et internes sont les mêmes , renversées et ayant traversé l’épaisseur du ventricule. Les extrémités de ces anses musculaires s’insèrent constamment à la base du cœur, au pourtour des divers orifices auriculaires et artériels des ventricules , soit immédiatement, soit par les tendons attachés aux valvules auriculoventriculaires.

Les oreillettes ont également une structure très compliquée; elles sont composées de deux plans charnus, l’un «xterne , l’autre interne. Dans l’oreillette droite , le tissu musculaire , moins abondant que dans la gauche , laisse entre ses fibres des intervalles où les membranes interne et externe du cœur se touchent presque immédiatement. Cette disposition est très remarquable chez certains individus affectés d’une dilatation considérable de l’oreillette droite, avec épaississement de ses faisceaux charnus.

M. Filhos a publié , dans une excellente thèse sur la physiologie et la pathologie du cœur, quelques recherches que je m’empresse de consigner ici. Il a nombre de fois cherché la continuité des fibres externes ou contournées du ventricule gauche avec celles qui forment le plan moyen , et il n’a jamais pu parvenir à la constater. Constamment il a vu les fibres externes se contourner de droite à gauche et de haut en bas, former une spirale vers la pointe de ce ventricule , et se terminer enfin à un raphé bien manifeste.

De ce raphé partaient les fibres contournées internes, se comportant absolument comme les précédentes , mais dans une direction tout opposée.

Les fibres du ventricule droit n’affectent pas, suivant M. Filhos , une disposition semblable à celle des précédentes : elles semblent former des demi-ellipses dont les extrémités sont dirigées en haut et la convexité en bas. Du reste, les fibres externes sont sensiblement dirigées de haut en bas, et ies fibres internes se portent dans un sens opposé.

Après avoir exposé ces remarques anatomiques et signalé

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l’opposilion qui existe entre elles et celles de M. le professeur Gerdy, M. le docteur Fillios en déduit des corollaires physiologiques qu’il n’est pas le lieu de rapporter ici.

Les fibres musculaires du cœur, en se réunissant en faisceaux, forment, à l’intérieur des cavités de cet organe , ce que les anatomistes et les physiologistes appellent les colonnes charnues du cœur, lesquelles, fort mal étudiées jusqu’ici, diffèrent suivant qu’on les considère dans les oreillettes ou dans les ventricules , ou même dans chacune de ces cavités en particulier. C’est ainsi qu’elles sont bien plus prononcées dans les ventricules que dans les oreillettes; qu’elles sont plus nombreuses dans le ventricule droit que dans le gauche , mais que celui-ci en contient de plus volumineuses que ne le sont celles de l’autre; c’est ainsi que l’oreillette droite en est pourvue dans une grande partie de son étendue , tandis que l’oreillette gauche n’en offre que dans son appendice.

Certaines colonnes charnues, en s’entrecroisant dans toutes les directions , donnent à la surface interne des ventricules l’aspect d’une espèce de réseau dont les mailles seraient d’inégale grandeur et les filets de grosseur différente.

Quelques uns des piliers charnus, détachés dix cœur dans toute leur partie moyenne , n’y tiennent que par leurs extrémités , et par leur contraction doivent agir à la manière de la corde d’un arc que l’on tend.

D’autres colonnes charnues, libres seulement à l’une de leurs extrémités , donnent naissance à une foule de petits tendons qui vont se fixer au bord libre des valvules auriculoventriculaires. Nous allons consacrer quelques développements à la description des colonnes de cette dernière catégorie , que les auteurs n’ont point encore sufi&samment étudiées, et que nous considérerons ici comme de véritables muscles spéciaux, ayant pour fonction de relever les valvules lorsqu’elles ont été abaissées pendant la diastole ventriculaire , et de produire ainsi l’occlusion des orifices.

AZfATOMIE DU CŒUR.

On verra par cette description , comme on a déjà pu entrevoir par ce qui précède , que les colonnes charnues ne sont point disposées avec cette confusion dont parlent quelques anatomistes. On ne saurait trop le répéter, il n’y a rien de confus dans la nature; tout y estj au contraire , bien ordonné ; tout y a ses lois , pour nous servir du langage de Montesquieu , et chaque diversité est uniformité^ chaque changement est constance.

Les colonnes charnues que nous regardons comme üh appareil musculaire constant dans son mode dé disposition anatomique , ainsi que dans son mode d’action phÿsîôlogi-. que , bien qu’il soit sujet, comme tous les appafëiïs dii même genre, à certaines variétés; ces colonhés charnues, disons-nous , ont été assez exactemènt indiquées dans Ÿ Àndtomie descriptive de Bichat, mais n’ont pas été décHtëé àved tous les détails nécessaires, et leurs fonctions ont été tbut-âfait méconnues. Ce que je dis ici de V :Ânatomie descriptivë dé Bichat s’applique aux traités d’anatomie posiéfieüfé à celuilà; On y chercherait vainement une description complètement satisfaisante des colonnes charnues qui nous occïïpètït et des cordages tendineux par lesquels elles v'dht sè fixer aux valvules. Aucun de leurs auteurs n’a détëfminé d’uïïé manière précise, n’a pour ainsi dire analysé la sitüàtidn àe ces muscles , ni par conséquent fait ressortir lé rapport dé leurs conditions anatomiques avec le rôle qu’ils jouëiit dâhs le mécanisme des mouvements valvulaires.

Deux colonnes charnues , saillantes à ï’în'té'riéiif dé la cavité ventriculaire gauche , grosses qüëiqüéfôis comnië lé petit doigt , naissent par de nombreux fàîscè’âux de la pstfoi postérieure du ventricule, l’une en dehors, vefé la jôhctiôtt de la face antérieure de cette cavité avec sâ face postériéüré pour former le bord gauche du cœur, l’outré en dedaBS t un peu ên deçà du sinus où la facé postérîeurë du véntricille vient se continuer avec celle formée pâr la cloison înterventriculaire. Après avoir pris en quelqde sorte leftr ra-

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cine non loin de la pointe du cœür, les deux colonnes que noos décrivons se dirigent de bas en haut, et parvenues vers la moitié de la hauteur de la cavité ventriculaire , elles se détachent complètement de la paroi où elles avaient pris naissance , pour se terminer par une extrémité mousse , arrondie , dont aucun anatomiste n’a bien décrit la remarquable et presque constante disposition.

Cette extrémité se partage en plusieurs fascicules qui se réunissent ensuite de manière à ne plus composer que deux ou trois faisceaux principaux : ceux-ci forment, eh se contournant, un cercle incomplet j c’est-à-dire écb ancré du côté par lequel les deux Colonnes së regardent récipro-' quement; Des deux faisceaux dont nous venons dé parler , l’un est antérieur ou supérieuri l’autre postérieur ou ihfé-î rieur ; chaque faisceau postérieur est un peu plus court qaë le faisceau antérieur qui lui correspond^ ét est aussi un peu moins gros. Du faisceau antérieur de chaque col onnë, partent plusieurs tendons qui vont s’insérer à la lanié antérieure de la valvule bicuspide j ils s’y rendent en divergeant,et rayonnent pour ainsi dire à la manière des plis d’un éventail. De chaque faisceau postérieur partent d’autres tendons qui vont également en rayonnant sé fixer à la lamé postérieure de la valvule bicuspide. Les angles de réunion des deux lames de cette valvule reçoivent aussi dès tèndohs, de telle façon que tout le pourtour èlliptique de la valvule indiquée est muni de filets tendineux, qui sont des subdivisions de ceux que nous avons dit naître de l’extrémité du double faisceau terminal de chaque colonne.

A l’endroit où les deux Colonnes se terminent en se partageant en faisceaux, comme il vient d’ètre dit, elles laissent entre elles, lorsque la cavité du ventriculè est déployée, un intervalle de 8, loou 12 lignes (18, 23 ou 27 millim-. ): d’où il suit que, dans ce point, les tendons de ces colènnës soM fort éloignés les uns des autres, tandis qu’en raison de leur convergence réciproque vers le milieu du bord de chaque

akatomie du cceub.

lame valvnlaire, ils ne tardent pas à se rapprocher, et se touchent presqneparleurs côtés au point de leur commune insertion. Il résulte de ce que nous venons de voir, que rien n’estplus régulier que lamanière suivant laquelle la valvule mitrale reçoit les filets ten dineux dont elle est si abondamment pourvue. Constamment, en eÉFet, les faisceaux antérieurs des deux colonnes charnues que nous étudions, fournissent les filets tendineux de la lame ou valve antérieure, tandis que ceux de la lame ou valve postérieure lui sont envoyés par les faisceaux postérieurs des colonnes indiquées , et toujours aussi chacune de ces colonnes s’insère à la moitié seulement de la double lame valvulaire qui lui correspond.

La colonne droite ainsi que les tendons qui en partent sont, en général, un peu plus volumineux que la colonne gauche et ses tendons. J’ai essayé de compter deux ou trois fois les filets tendineux dont est garnie la valvule mitrale, et j’ai trouvé que leur nombre était d’environ vingt-cinq.

Il naît aussi des côtés des colonnes qui nous occupent et de quelques autres colonnes beaucoup plus petites traversant en sens divers la surface ventriculaire, un certain nombre de minces filets tendineux dont l’insertion a lieu, non à la valvule mitrale , mais aux parois ventriculaires ellesmêmes.

Dans l’intervalle qui sépare les deux muscles tenseurs ou releveurs de la valvule bicuspide, existent quelques faisceaux charnus, dirigés transversalement de l’un à l’autre, et qui semblent destinés à les rapprocher ou du moins à les fixer dans leur position.

Outre les deux principales colonnes qui viennent d’être décrites, on en trouve bien, chez certains sujets, quelques autres beaucoup plus petites qui vont s’insérer par des filets tendineux au contour de la valvule mitrale ; mais dans ces cas eux-mêmes les colonnes de cette dernière espèce ne semblent réellement que des appendices adjuvants des deux colonnes principales.

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