‹ Traité clinique du rhumatisme articulaireChapitre 21 sur 109 · Même état (saignée · texte numérisé non relu

Même état (saignée

24. Ictère bien prononcé; d'ailleurs mêmes symptômes; abdomen non douloureux.

25. Pouls aussi plein et aussi dur que les jours précédens; peau toujours chaude; membres inférieurs étendus , immobiles (saignée). — A quatre heures, visage terne, allongé; langue vermeille plutôt que rouge ; sorte de mouvement convulsif de la mâchoire inférieure, semblable à celui qu'on observe dans le frisson fébrile, mais sans claquement de dents; anxiété générale; pouls dicrote ; peau chaude, moins sèche qu'halitueuse ; fluctuation manifeste dans le genou gauche; sang de la dernière saignée couvert d'une couenne inflammatoire teinte en jaune (nouvelle saignée).

26. Exaspération des symptômes (saignée; Uni.; lav. d'eau de son , petit-lait nitré). Mort dans la nuit. (1)

Autopsie cadavérique, le 28 , à 9 heures du matin. (2) Extérieur du cœur d'un jaune pâle ; rougeur foncée de la presque totalité de la membrane interne et des valvules du ventricule gauche; rougeur un peu moins foncée de la membrane interne de l'aorte; caillots fibrineux et albumineux dans les cavités du cœur; rougeur intense de la veine-porte, depuis son embouchure dans le foie jusque dans ses dernières ramifications (une petite quantité de sang noir liquide dans la cavité de ce vaisseau); foie d'un jaune pâle , vésicule de cet organe distendue par une grande quantité de bile, d'un jaune

(i) On remarquera que, dans tout le cours de la maladie , chez un individu affecté d'un rhumatisme articulaire aigu et chez lequel on diagnostique une inflammation des vaisseaux , le cœur n'a pas été explore une seule fois.

(2) On doit regretter que l'ouverture du cadavre n'ait pas été faite à une époque plus rapprochée du moment de la mort. Cependant , les principales altérations trouvées dans le cœur et les vaisseaux sont telles que , rapprochées des symptômes observés pendant la vie, on ne peut guère s'empêcher de les considérer comme, provenant réellement d'une angio-cardite. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'elles n'étaient pas purement cadavériques. Au reste, on ne dit point que le cadavre présentât des traces de décomposition putride.

peu foncé. Membrane interne de l'artère crurale , d'un rouge intense. Saphène interne ouverte dans l'étendue de trois pouces, à la partie moyenne de la jambe, d'un rouge pourpre, épaissie , enflammée dans toute son épaisseur ; tissu cellulaire infiltré de sérosité. Adhérences celluleuses dans les deux côtés de la poitrine ; engorgement sanguin dt la partie postérieure de chaque poumon ; deux tubercules suppures de la grosseur d'une noisette , vers le bord postérieur et à la superficie du poumon droit.

Estomac très dilaté par des gaz , d'une rougeur assez vive, et marbré à sa petite; courbure, dans l'étendue de quatre à cinq pouces. Rougeur par plaques à la fin de l'intestin grêle. Rien de notable au cerveau.

Habitude extérieure, muscles et articulations. Peau, sclérotique et tissu cellulaire sous-cutané, jaunes; muscles d'un rouge brun.

Une grande quantité d'un pus jaune et bien lié dans la capsule des articulations fémoro-tibiales; rougeur etépaississement de la synoviale.

Réflexions. — - Certes , s'il est un exemple bien positif d'un véritable rhumatisme articulaire aigu terminé par suppuration , c'est assurément le cas que nous venons de rapporter.

Cependant , comme il est question d'une complication de phlébite dans ce cas , quelques personnes objecteront , peutêtre, que le pus trouvé dans les articulations n'était pas le résultat d'une affection inflammatoire de ces parties, et qu'il s'y trouvait comme dans d'autres cas où il existe des phlébites, indépendamment de toute affection articulaire de nature inflammatoire, ou bien encore que l'inflammation des synoviales chez le malade qui nous occupe , avait simulé un rhumatisme, mais n'en était réellement pas un. Quant à la première objection , elle est difficile à soutenir en présence des symptômes observés pendant la vie et des altérations rencontrées après la mort (qu'on n'oublie pas que les synoviales étaient rouges et épaissies , en même temps qu'elles contenaient du pus dans leur cavité). Reste donc la seconde objection. Or, je le demande, à quelle maladie des annulations

appliquera-t-on le nom de rhumatisme articulaire aigu , s'il est permis de le refuser à celle dont les symptômes , la marche et la cause déterminante (influence d'un froid humide) ont été exposés ci-dessus?

De ce que, dans certains cas de phlébite, on rencontre une quantité plus ou moins notable de pus dans quelques articulations, comme dans le tissu cellulaire, soit intérieur, soit extérieur, dans les grandes cavités séreuses, etc., on ne saurait en conclure que toutes les fois où la présence du pus dans les articulations coïncide avec une phlébite, cette dernière est la cause unique et essentielle du fait dont il s'agit, même lorsque , pendant la vie , on a observé les phénomènes les plus caractéristiques d'un rhumatisme articulaire aigu. Nous verrons, en effet, dans le courant de cet ouvrage, un bon nombre de cas dans lesquels une phlébite a été la compagne d'un violent rhumatisme articulaire aigu, je ne dis pas faux ou simule, mais tellement évident que nul observateur consciencieux ne saurait révoquer en doute sa réalité. Il y a plus : c'est que la phlébite elle-même , comme la péricardite, l'endocardite , etc. , peut être le résultat primitif de la même cause qui a produit l'affection articulaire dite rhumatisme articulaire, et cette phlébite rhumatismale , bien distincte des phlébites traumatiques sur lesquelles on a tant écrit depuis quelques années, deviendra pour nous un nouvel argument en faveurde la nature inflammatoire du rhumatisme articulaire aigu.

Remarquons d'ailleurs que, dans le cas présent, il n'est pas fait mention de pus, ni de concrétion purulente dans la veine qu'on a dit être enflammée , ce qui pourrait même jeter quelque doute sur l'existence de la phlébite dont il s'agit.

OBSERVATION II (i). — Rhumatisme articulaire aigu généralisé, bien caractérisé; traitement peu énergique. — Mort le onzième jour après le début des premières douleurs articidaires. — Toutes les articulations rliumatisées pleines d'un pus analogue à celui du phlegmon; pus dans quelques coulisses tendineuses et dans les interstices du muscle triceps-fémoral ; teinte grisâtre des synoviales des genoux.

Le nommé Bériat , fusilier au 28e de ligne , âgé de vingt-

(i) Communiquée par M. Fournon , ancien chef de clinique de M. Gasc. au Val- de- Grâce,

quatre ans, au service depuis deux ans et demi, en garnison à Paris depuis trois mois, caserne à Popincourt , entré à l'hôpital du Val-de-Gràce (serv. de M. Gasc) , le 15 janvier 1839. Cet homme était sorti de la même salle le 2 janvier, parfaitement guéri d'une bronchite, après un séjour prolongé. Du reste sa constitution paraît forte, et son tempérament est sanguin.

Il dit être malade depuis deux jours.

A son entrée , voici les symptômes qu'il présente : Céphalalgie sus-orbitaire , toux assez fréquente , sans douleur, expectoration muqueuse , peu abondante , respiration facile ; l'auscultation dénote une respiration vésiculaire normale , et la sonorité est bonne partout ; le pouls est large , plein, fréquent ; la peau chaude et sèche ; la langue est rosée, humide; la soif peu prononcée; souplesse et insensibilité de l'abdomen : pas de diarrhée; le sommeil est bon (e.gom.; p. gom.; saignée 12 onces).

16, à la visite du matin. Légère couenne opaque, dense, résistante , sur le caillot.

Le sommeil a été bon ; la céphalalgie a disparu ; la toux a été moins fréquente cette nuit que les précédentes ; l'auscultation et la percussion n'apprennent rien ; le pouls a conservé sa plénitude et sa fréquence ; même état des voies digestives (e. gom.; p. gom.; looch; 20 sangs, à Tépigastrè).

A la visite du soir, tuméfaction de V articulation radiocarpienne gauche , avec douleur, mais sans changement de couleur à la peau ; la chaleur est augmentée (20 sangsues sont appliquées autour de l'articulation malade; catapl.'). ■ 17. La nuit a été mauvaise , sans sommeil ; la douleur du poignet gauche est vive , exacerbante; ce matin, le malade a éprouvé un violent frisson ; ses dents claquent; sa face est pâle ; le pouls est très petit , mais très fréquent; la toux a cessé presque complètement ; la langue est encore humide , rosée ; la soif peu vive ; rien du côté de l'abdomen (<?. gom.; p. gom.; émulsion opiacée le soir; catap. opiacé sur le poignet).

18. Même gonflement et même douleur à l'articulation radio- carpienne gauche; cette nuit, le genou droit est de-

venu tout- à-coup le siège d'une douleur aussi vive, avec gonflement considérable sans rougeur; le pouls est plein , large et très fréquent; la peau est chaude, halitueuse ; battemens du cœur fréquens , réguliers , accompagnés d'un léger bruit de souffle au second temps,- toux peu fréquente; expectoration muqueuse ; la langue est blanche , sèche ; soif vive ; pas de douleur à la pression de l'abdomen ; un peu de diarrhée ; rien de notable du côté de la tête (e. gom.; p. gom.; émulsion anodine; 20 sangs, autour du genou droit; catapl. opiacé).

19. Le malade a passé une nuit tranquille, sommeil calme ; mais à son réveil , il a accusé une violente douleur dans l'hypocondre droit , douleur qui l'empêche de respirer et de se retourner dans son lit ; la pression ne peut être supportée ; le ventre est tendu , ballonné ; l'émission des urines n'a pas eu lieu depuis vingt-quatre heures ; on ne sent plus le globe formé par la vessie distendue ; pas de selle depuis hier ; pas de vomissemens ; la langue est rouge aux bords et à la pointe, recouverte à son centre d'un enduit blanc sale; soif très vive ; bouche amère ; pouls très fréquent , mais peu développé , facile à déprimer ; chaleur à la peau ; l'auscultation et la percussion ne fournissent aucun nouveau renseignement ; le genou droit est moins douloureux , mais le gonflement et la chaleur persistent; le poignet gauche est toujours dans le même état; la voix est affaiblie ; le malade est découragé ; sa physionomie porte l'empreinte de la tristesse ; sa face est pâle et contractée (e. gom.; p. gom.; émulsion anod.; 30 sangs, au niveau de l'hypocondre droit; f ornent, émoll.; cat.; genou et poignet malade).

20. La douleura de l'abdomen persiste, aussi vive que la veille ; pas de selle ; le malade a uriné, mais très difficilement à cause de la douleur occasionée par la contraction des muscles et du diaphragme ; météorisme vers la région épigastrique surtout ; la toux a été fréquente cette nuit , avec expectoration de crachats muqueux, acres, abondans; l'auscultation n'est pas pratiquée en arrière; en avant, la respiration et la résonnance sont bonnes partout ; faiblesse et fréquence extrême du pouls ; chaleur à la peau ; même état des

articulations malades; plaintes incessantes; découragement; faciès altéré (e. gom.; p. gom.; émulsion; saignée 12 onces; 6 ventouses scarifiées sur le thorax en avant; lavem. émoll.; foment. émoll. stir l'abdomen).

21. Couenne épaisse, résistante sur le caillot qui est luimême peu abondant; sérum limpide.

Pas de sommeil cette nuit; à l'heure de la visite, frissons, tremblement, claquement des dents, pâleur de la peau, le genou gauche et l'articulation tibio-tarsienne du même côté sont pris à leur tour; même état des articulations primitivement malades; même fréquence et faiblesse du pouls; la langue est rouge sur les bords et à la pointe, blanche au centre, sèche; soif vive; pas de selle (e. gom.; p. gom. émuls. opi.; caiapl.; foment. émoll.).

22. La nuit a été assez calme, le malade a dormi plusieurs heures ; ce matin la face est rouge, animée ; les yeux brillans; la peau est chaude et sudorale; le pouls est toujours très fréquent, mais il est plus développé , plus fort ; les battemens du cœur sont forts, mais réguliers; pas de bruit anormal; pas de souffle; le ventre est toujours très douloureux, surtout l'hypocondre droit; météorisme moindre; pas de selle; même état de la poitrine ; pas de changement dans l'état des articulations malades {e. gom.; p. gom. loochaveclg. d'extr. gom. d'opium; catapl. aux articulations malades ; foment. émoll. sur l'abdomen).

23. Bon sommeil cette nuit; l'émission des urines est plus facile, le ventre est moins ballonné; moins douloureux ; pas de selle; quant aux autres symptômes, pas de changement notable (même prescription).

1h. La nuit a été calme : ce matin le malade dit être beaucoup mieux ; la face a perdu cette rougeur fébrile des jours précédens; le pouls a conservé sa fréquence, sa force est augmentée ; le météorisme persiste ; pas de selle ; émission des urines facile; langue sèche; soif vive; toux moins fréquente; respiration et résonnance bonnes partout en avant, même gonflement et même douleur aux articulations malades (même prescripiioii).

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