‹ Traité clinique du rhumatisme articulaireChapitre 53 sur 109 · ARTICLE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ARTICLE TROISIÈME

Quelques considératious sur le diagnostic différentiel du rhumatisme articulaire.

Ce qui précède contient les données du diagnostic différentiel du rhumatisme articulaire aigu.

Pour distinguer cette espèce de phlegmasie articulaire de toutes les autres , il suffit de pouvoir remonter à sa cause. Mais il est un certain nombre de malades qui ne fournissent aucun renseignement satisfaisant, clair, précis, digne de foi, sur la cause déterminante interne de leur maladie. C'est là , sans contredit, une difficulté de diagnostic , mais moindre qu'on ne le croirait, au premier abord. En effet, je veux bien que certains malades ignorent si leur affection articulaire provient ou non d'un refroidissement. Mais il n'en est pas de même d'une maladie articulaire produite par une cause mécanique ou traumatique. Or, par cela même que les malades peuvent déclarer s'ils ont été exposés ou non aune cause de cette dernière catégorie , l'embarras du diagnostic diminue singulièrement. Effectivement, par cela même encore que l'affection inflammatoire des articulations est survenue sans violence extérieure, il y a de grandes probabilités pou* qu'elle se soit développée sous l'influence de la cause ordinaire du rhumatisme articulaire. Ajoutez , d'ailleurs, que la dissémination des fluxions articulaires, la coïncidence d'une endocardite, d'une péricardile , etc., sont des particularités

propres à l'arthrite rhumatismale, et qui la différencient de l'arthrite tra lunatique (1).

Quant à ces affections disséminées des articulations , à ces arthrites multiples qui peuvent accompagner les grandes résorptions purulentes, les phlébites, etc., pour les cdifondrc désormais avec un véritable rhumatisme articulaire ou l'arthrite rhumatismale, même en supposant que l'éliologie ne fournît ici aucune donnée de quelque importance, il faudrait réellement s'être bien peu familiarisé avec l'art de l'observation exacte.

Le cortège des phénomènes typhoïdes qui précède les affections articulaires dans les cas de la première catégorie (phlébites, résorptions purulentes), est un élément séméiologique tout-à-fait caractéristique. Rien de semblable n'a lieu dans le rhumatisme articulaire bien caractérisé , lequel marche, auconlraire , accompagné de l'appareil inflammatoire le plus franc et le mieux caractérisé. Sans doute , dans le courant de cette maladie elle-même, en raison de certaines complications, d'accidens divers , il peut survenir des symptômes typhoïdes plus ou moins prononcés. Mais, je le répète, ces phénomènes ne se montrent pas au début de la maladie , ne la précèdent pas surtout, et cela suffît pour le diagnostic différentiel qui nous occupe.

Restent les cas où chez des individus placés dans les conditions de diathèse purulente , typhoïde , etc., des .phlegmasies articulaires peuvent néanmoins apparaître sous l'influence d'un refroidissement. Les nouvelles accouchées, par exemple, se trouvent souvent exposées à l'influence indiquée , et certaines affections puerpérales dont elles sont atteintes constituent aussi une prédisposition aux phlegmasies purulentes des articulations. Les cas de celte catégorie peuvent être assez embarrassans.

Lorsque , malgré les recherches les plus attentives , on

(i) Ces caractères différentiels ne se rencontrent pas dans le rhumatisme articulaire fixe, borné à une seule articulation ou à un groupe de petites articulations; mais, dans ce cas, il reste toujours la donnée que nous avons signalée tout-à-l'heure.

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manquera des éclaircisseraens nécessaires à la solution du problème , il faudra se renfermer dans un doute philosophique. Mais ces cas sont exceptionnels , et la pratique prouve que les observateurs long-temps exercés contre les difficultés du diagnostic, trouvent bien rarement des cas du genre de ceux que nous signalons en ce moment.

La lecture des faits particuliers que nous avons5 rapportés dans le premier chapitre de ce traité , et des réflexions qu'ils nous ont suggérées , compléteront, je l'espère, ce que nous avions à dire du diagnostic différentiel du rhumatisme articulaire aigu. Nous renvoyons à ce complément.

TRAITEMENT DU SïftîMAftSME ARTICULAIRE. 335

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