PRÉFACE. XI
de la manie et de la lypémanie franches et complètes, il y a toute une série de circonstances dans lesquelles chez le même sujet on trouve associés en même temps les phénomènes de l'excitation et ceux de la dépression. — Il y a en effet des malades, des lypémaniaques anxieux, des mélancoliques en stupeur, chez lesquels on constate d'une façon indubitable la coexistence de l'élément torpide de la cellule cérébrale avec l'état d'éréthisme de certaines régions. — Il peut donc y avoir simultanément des régions cérébrales dans lesquelles l'irrigation vasculaire est inégalement répartie : l'ischémie peut dominer dans les réseaux de l'écorce par exemple, et l'hyperhémie dans les noyaux centraux.
Fidèle aux faits d'observation qui m'ont servi de base à ces études, j'ai donc été amené, pour classifier cet ordre de faits, à suivre les indications de la nature, et à admettre des formes mixtes dans lesquelles chez le même sujet l'excitation et la dépression pouvaient être pathologiquement associées.
Ceci posé, un autre problème à résoudre s'est présenté à notre esprit.
Parmi l'ensemble des processus de la pathologie mentale, l'observation clinique montre que les uns sont fugitifs, transitoires et disparaissent en laissant peu de traces ; ce sont des orages qui traversent l'organisme et n'ont qu'une durée passagère, — tels sont les accès de manie, de lypémanie, et les divers phénomènes névropathiques, etc.
D'autres, au contraire, se présentent sous une forme continue, lente et progressive, avec des exacerbations et des rémissions; ils ont une allure fatale et une évolution implacable. — Les pre-