TITHE III. — DÉFORMATION DU NÉZ
l’observation généralement laite que le décubitus le plus ordinaire a lieu sur le côté droit du corps. Nous n’avons pas besoin de dire que, dans 1 hypothèse dont il vient d’être parlé, l’agent de la déviation serait la pression exercée latéralement sur le lobule parles corps sur lesquels la tête repose.
Pour d’autres, la cause de la déviation réside dans la manière dont le sujet a l’habitude de se servir du mouchoir. Telle est l’opinion de Béclard, qui attribuait la déviation à droite de la pointe du nez à ce que l’action de se moucher s’accomplit chez le plus grand nombre des individus avec la main droite.
Quelques-uns font remonter la cause du phénomène à des pressions exercées sur la face lors de l’accouchement.
Certaines déviations sont le résultat incontestable de violences brusques qui ont produit des lésions traumatiques. Enfin nous ne parlerons pas des déviations caractéristiques dues à l’altération syphilitique des os propres du nez.
Ce rapide aperçu a dû suffire pour faire voir que les déformations de l’appareil olfactif externe doivent être distinguées en deux classes : celles qui tiennent à une déviation osseuse ; celles qui tiennent à une déviation de la partie cartilagineuse. C’est uniquement de ces dernières que nous nous occuperons.
Les diverses causes dont nous avons parlé, nous ne les discuterons pas pour plusieurs raisons :
1° Parce que nous croyons pouvoir indiquer une cause bien autrement physiologique et rationnelle de la plupart des déviations du nez;
2° Parce que, tant que la déviation n’a pas d’influence fâcheuse sur les fonctions, elle ne justifie guère les efforts que ferait le chirurgien pour remédier à un inconvénient très-minime, et telle est la condition dans laquelle se trouve l’immense majorité des individus; c’est même là sans doute la cause pour laquelle cette question de l’étiologie est si mal étudiée et présente le vague dont nous avons parlé;
3° Enfin, parce que n’ayant en vue que des déviations sérieuses et nuisibles à l’exercice des fonctions, et devant proposer contre elles un moyen chirurgical, nous avons autre chose à faire que de discuter gravement sur la question de savoir si le nez est bien exactement au milieu du visage et comment il cesse de s’y trouver.
Pour nous, la cause essentielle, celle qui donne lieu à des indications thérapeutiques et diagnostiques, c’est la déviation de la cloison. Cette déviation tient elle-même, dans le plus grand nombre des cas, à un défaut d’harmonie, dans le développement du nez ; en un mot, à ce que la cloison tend à prendre des dimensions plus considérables que celles de l’espace qui lui est normalement réservé.
Supposez une lame osléo-cartilagineuse comme le diaphragme nasal limitée en haut et en bas par des parties inflexibles comme la voûte et le
plancher des fosses olfactives. Supposez que, pincé en quelque sorte entre ces deux points fixes, ce diaphragme tende à acquérir des dimensions plus considérables que ne l’est l’espace réservé à la cloison : force lui sera de s’infléchii latéi alement, soit d un côté, soit de l’autre; de là une incurvation plus ou moins marquée.
A un degré faible, pas d’accidents. — A des degrés de plus en plus prononcés, se présente une série de phénomènes qui élèvent la difformité d’abord légère à l’état de maladie caractérisée et réclament toute l’attention du chirurgien.
Plusieurs lois j ai été consulté pour des cas de ce genre, et notamment pour un jeune homme de la Touraine, âgé d’à peu près 19 ans et placé en pension à Paris dans une institution préparatoire aux Ecoles spéciales. Je fis construire dans ce cas par M. Béchard un petit appareil de pression au moyen d’un cercle entourant la tête et supportant une tige recourbée armée d’une petite pelote destinée à comprimer le côté saillant de la cloison.
Dans les degrés modérés, la déviation a pour effet de diminuer la capacité d une des fosses nasales en agrandissant celle du côté opposé ; mais la compensation n’est qu’apparente, en ce sens que ce n’est pas l’ampleur de la ca's ité nasale qui règle sa mesure d’utilité dans l’accomplissement de l’acte respiratoire, mais bien le degré d’ouverture de la narine et de sa continuation, en sorte que l’obturation d’une narine ou du conduit qui lui succède, peut supprimer d’emblée la moitié d’une prise d’air si complètement nécessaire dans son intégrité et si bien calculée pour le besoin de la fonction, qu’il y a gêne dès que le champ normal de l’ouverture est tant soit peu diminué par une cause quelconque.
La capacité moindre d’une des fosses nasales donne lieu à un enchifrènement assez fréquent; elle modifie le timbre de la voix; enfin elle altère la conformation régulière du nez ; mais nous sommes convenus de ne pas nous arrêter sur les degrés faibles qui seraient sans doute un objet fort intéressant de recherches curieuses. Nous ne faisons commencer notre étude que là où l’intervention chirurgicale nous paraît positivement réclamée.
Donc, quand la déviation est très-forte, voici ce qu’on observe : 1° la fosse nasale vers laquelle se porte la cloison est complètement obstruée ; 2° le bombement peut aller au point de donner lieu aux apparences d’un diaphragme horizontal qui ferme la cavité nasale d’un côté.
11 y a plus, la saillie peut prendre des dimensions telles que la cloison vienne presque sortir à l’orifice delà narine par une sorte d’ampoule. Ces cas de renflement ampullaire ont pour premier inconvénient de donner quelquefois lieu à des erreurs de diagnostic trop connues des chirurgiens pour que je m’en occupe en ce moment. Mais de plus cette configuration anormale s’accompagne d’une déviation tellement prononcée du lobule du