‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 131 sur 256 · TAMPONNEMENT DES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

TAMPONNEMENT DES FOSSES NASALES

Je regarde comme très-dangereux le séjour de la charpie dans les fosses nasales. Ce corps étranger, laissé pendant plusieurs jours chez un vieillard auprès duquel j’avais été appelé, détermina une inflammation vive accompagnée d’une suppuration énorme et d’une fétidité insupportable. La mort s’ensuivit.

Je considère donc le tamponnement des fosses nasales comme étant une mesure extrême à laquelle on ne doit recourir qu’après avoir épuisé toutes les autres ressources.

Dans mon travail sur les hémorrhagies des cavités muqueuses ( voy . t. I, P- 176), j ai conseillé l’emploi des boutons île glace portés, soit en avant par l’ouverture de la narine, soit en arrière par l’orifice postérieur plus spacieux de la fosse nasale. On pourrait pénétrer par ce dernier orifice avec des pinces de Museux très-fortement coudées sur leurs branches.

Lorsque tous les remèdes sont restés impuissants, on peut, si l’on se décide au tamponnement, avoir recours à l’un des procédés suivants :

On introduit dans la fosse nasale qui est le siège de l’hémorrhagie une sonde ordinaire ou mieux une sonde de Belloc dont l’extrémité est amenée dans la bouche. On attache aux yeux de cette sonde les deux chefs d’un fil résistant auquel est lié un bourdonnet de charpie assez volumineux pour fermer l’orifice postérieur des fosses nasales. En retirant la sonde par la narine, on entraîne la ligature sur laquelle on tire jusqu’à ce qu’on rencontre une grande résistance provenant de l’obstacle que l’orifice postérieur des fosses nasales oppose au passage du bourdonnet.

Les deux chefs de la ligature étant alors écartés, on introduit dans leur intervalle des boulettes de charpie qui doivent être tassées dans le nez de manière à s’opposer au passage du sang qui coule dans la fosse nasale. Ce bouchon interne, recouvert en avant d’un second bourdonnet, est retenu dans le nez par un double nœud qui fixe en même temps le premier bourdonnet à l’orifice nasal postérieur. L’hémorrhagie s’arrête par la coagulation du sang qui ne trouve d’issue ni par l’un ni par l’autre des orifices antérieur et postérieur.

Pour enlever l’appareil, on dénoue le fil ou on le coupe près du nœud et on retire la charpie avec des pinces. Le bourdonnet postérieur est extrait par la bouche au moyen d’un fil simple préalablement fixé à ce bourdonnet avant son introduction.

Procédé de M. Martin Saint- Ange. — Une canule s’ouvrant dans un sac d’intestin de mouton et ayant à l’autre extrémité un robinet est in-

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