‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 133 sur 256 · KYSTES INTERSTITIELS DES OS MAXILLAIRES · texte numérisé non relu

KYSTES INTERSTITIELS DES OS MAXILLAIRES

Les kystes de l’os maxillaire supérieur ont surtout attiré l’attention des pathologistes, en tant qu’ils se rattachent à des lésions ayant leur origine dans le sinus maxillaire.

Ceux de ces kystes qui sont totalement étrangers aux sinus et qui se développent dans l’épaisseur du tissu spongieux, ont été beaucoup moins étudiés. — C’est pour cela qu’il nous paraît utile de rapporter l’observation suivante qui se rattache à cette variété de kyste.

Obs. — Kyste interstitiel de l’os maxillaire supérieur. — Thuilier (Alexan- (Jrine), CO ans, faubourg Saint-Antoine, 1 97, se présente le 15 mars 1853 à la consultation.

Cette femme ressentit, il y a environ trois mois, dans la portion gauche de l’os maxillaire supérieur, une douleur analogue à celle produite par la carie dentaire. La joue était tuméfiée; bientôt il se manifesta une grosseur au niveau de la première molaire. Cette malade se traita par des cataplasmes jusqu’au jour où elle s’est décidée à venir me consulter.

Nous constatons l’existence de la tumeur dans le lieu indiqué. La muqueuse, dans cet endroit, est rouge, violacée et très-amincie. Une incision est pratiquée à 1 aide des ciseaux. Au lieu de pus, il s’écoule un liquide de couleur jaune citrin et de consistance sirupeuse. La paroi antérieure de la poche est complètement enlevée, elle est dure, comme cartilagineuse, et semble présenter une couche osseuse très-mince et papvracée.

Il existe une ouverture assez grande pour introduire le petit doigt qu’on peut enfoncer jusqu’au niveau de la deuxième phalange. On parcourt alors les sinuosités plus étendues du côté de la ligne médiane qu’en tout autre sens. On reconnaît que 1 on n’est pas dans la cavité du sinus maxillaire, mais bien dans une poche développée accidentellement, 'dans l’épaisseur du tissu diploïque placé sous la lame compacte antérieure de l’os maxillaire.

16 avril. — La malade dit qu’il s’est écoulé un peu de sang pendant la nuit; pas de douleur; attouchement de l’intérieur du kyste avec la solution au nitrate d argent, à la dose de 5 grammes pour 30 grammes d’eau.

18. — Céphalalgie intense, fièvre vive pendant la nuit; solution.

22. Pas de douleurs; les parois du kyste commencent à se rapprocher ; solution.

Quinze jours après, cicatrisation complète.

Le kyste osseux dont nous venons de parler s était donc développé dans le < iss., diploïque de l’os maxillaire supérieur. En avant, il avait refoulé la couche compacte cjui revêt la partie antérieure de l’os; en arrière et sur la paroi interne et profonde de la poche accidentelle, on reconnaissait les cannelures formées par la saillie des étuis dentaires. Car les alvéoles n’étaient point ouvertes, et le tissu compacte qui les constitue avait résisté à la destruction que causent habituellement les tumeurs de diverse nature qui se forment dans l’épaisseur des os maxillaires.

Le développement progressif des kystes maxillaires peut amener la disparition complète de l’élément osseux dans la paroi du kyste placée au dessous de la muqueuse, et dans ce cas il n’y a pas de signes différentiels bien caractérisés entre la saillie fluctuante qui forme le kyste et celle qui serait due à la présence d’un abcès. Mais pour peu qu’une lame osseuse très-mince subsiste encore dans les enveloppes du kyste, la pression avec les doigts fait éprouver une sensation de craquement qui n a point échappé aux bons observateurs et qui a été principalement notée par Dupuytren, à l’occasion des kystes du maxillaire inférieur.

Le grand écueil dans le traitement de ces kystes, soit qu’ils siègent dans la cavité du sinus maxillaire, soit qu’ils occupent l’épaisseur du tissu diploïque, c’est la récidive de la maladie par la fermeture prématurée de la solution de continuité qu’y a faite le chirurgien. Aussi est-il d’une bonne pratique de faire toujours subir une perte de substance à la paroi antérieure de ces kystes, et c’est à cette précaution qu’a été due la guérison radicale, dans l’observation qui vient d’être rapportée.

Obs. — Kyste du maxillaire inférieur. — Opération. — Guérison. — Fouré (Anne), 50 ans, couturière, entre le 12 février 1856 à l’hôpital Lariboisière, pour une tumeur dont l’origine remontait déjà à quelque temps de là et donnait lieu à des douleurs assez vives.

A l’examen, on reconnaît un kyste du maxillaire inférieur, kyste pliant sous le doigt et donnant la sensation que procure une timbale d'argent lorsque près-

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