D. — LUXATION DE L 'EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE DU RADIUS EN DEHORS
On réduit cette variété de luxation en faisant l’extension sur l’avant-bras fléchi à angle droit pendant que le chirurgien repousse le radius en avant et en dedans.
T.uxatious de l’extrémité inférieure du cubitus.
La réduction se fait de la manière suivante :
L’avant-bras étant fléchi à angle droit sur le bras, un aide fait l’extension sur la main, un autre aide la contre-extension sur la partie inférieure de l’avant-bras. Le chirurgien placé au côté externe du membre saisit l’avant-bras à pleines mains; il engage ses pouces entre le radius et le cubitus de manière à écarter les deux os l’un de l’autre, pendant que l’aide chargé de l’extension porte la main dans la supination, si la luxation est en arrière, dans la pronation, s’il s’agit d’un déplacement en avant.
En cas de récidive, on place une compresse épaisse sur le cubitus dans le sens du déplacement, et on maintient les os en contact au moyen d’un appareil inamovible.
Imxations du poignet.
Si l’on en juge par le petit nombre des cas qui ont été rapportés, la réduction ne présenterait aucune difficulté. Dès lors la simple propulsion exercée avec les deux pouces sur le carpe pour le refouler en bas et en avant devra suffire. Si cependant on ne réussissait pas par ce moyen, on pourrait recourir à la manoeuvre suivante :
t Lc maIade ^ant assis> un aide fait la contre-extension en saisissant l’avant-bras près du poignet, un autre aide fait l’extension sur le métacarpe, pendant que le chirurgien avec ses pouces refoule le carpe d’abord suivant l’axe du membre, puis dans le sens contraire à son déplacement.
taxations de l’articulation métacarpo-phalangienne du pouce.
1° Luxation en arrière.
Les cas de luxations en arrière du pouce peuvent se diviser, au point de vue de la réduction, en deux classes, celles dans lesquelles la réduction est facile, celles dans lesquelles elle est difficile.
Dans les cas de réduction facile, on peut dire que tous les procédés réussissent Lelui auquel nous donnons la préférence consiste à appliquer la pointe^ es quatre derniers doigts de chaque main contre la face anté-
rieure du premier métacarpien, tandis que les pouces placés l’un sur l'autre ou l’un à côté de l’autre, suivant le volume des parties, poussent le talon de la phalange d’arrière en avant, de manière à la ramener sur la tête articulaire du premier métacarpien.
Dans les cas difficiles l’emploi du chloroforme est de rigueur. On peut renouveler le genre de tentative dont il vient d’être parlé.
Si cette tentative échoue, il faut recourir à l’emploi des lacs qu’on dispose de la manière suivante :
Un nœud coulant est passé à la base de la phalange onguéale du pouce ou sur la première phalange de ce doigt. Ce lacs devra être tiré suivant l’axe de la position actuelle de la phalange.
Si ce moyen ne réussit pas, il faut se rappeler que le grand écueil de la réduction réside dans le défaut de stabilité suffisante du premier métacarpien. Afin d’obvier à cet inconvénient, on place au-devant de l’éminence thénar, un lacs très-fort dont les chefs se croisent sur la face dorsale du premier métacarpien de manière à presser perpendiculairement à la longueur de l’os; on met alors en jeu les forces extensives et contre-extensives, et si, après plusieurs tentatives, il restait démontré que la réduction ne peut pas s’obtenir par ce moyen, on devrait recourir à la flexion forcée, et, en désespoir de cause, à des sections sous-cutanées dirigées sur la face externe ou radiale de l’articulation métacarpo-phalangienne.
2° Luxations en avant.
Prendre un point d’appui avec les quatre derniers doigts de chaque main sur la face dorsale du métacarpien, pendant qu’on refoule la tête de la phalange, tel est le procédé qu’il convient de mettre en usage.
Luxation «les quatre derniers doigts.
M. Bourguet a réduit, au bout de quinze jours, une luxation de cette espèce en arrière. Il a eu recours au refoulement combiné avec la flexion forcée et avec des mouvements d’inclinaison latérale.
Luxations «les articulations phalaugicnnes.
Il n’y a de bien avérées que les luxations en arrière; c’est de celles-là seules que nous nous occuperons.
Tous les procédés de réduction (pii ont été proposés peuvent être ramenés aux trois suivants : l’extension, le refoulement et la flexion. On se guidera pour préférer l’un ou l’autre de ces procédés sur les indications fournies par chaque cas particulier.
La luxation est-elle récente, l’une ou l’autre des méthodes indiquées pourra réussir indistinctement.
Lorsqu’il y a chevauchement des deux os l’un sur l’autre, comme cela
arrive dans la luxation complète, c’est au refoulement qu’il faut avoir recours. L’extension ne ferait que tendre les téguments et les ligaments et appliquerait plus étroitement les deux phalanges l’une contre l’autre. Quant à la flexion, elle serait tout à fait irrationnelle, par cela seul qu’il y a chevauchement.
S’agit-il de la luxation complète en arrière de la phalange onguéale, c’est à l’extension combinée avec de légers mouvements de latéralité que l’on devra recourir. En effet, les difficultés de la réduction dépendent de la position du tendon du long fléchisseur du pouce qui, glissant en arrière sur les côtés de la phalange, se trouve placé entre les deux os. Dans cette situation, il unit son action à celle de l’extenseur en tirant et fixant la phalange onguéale sur la face dorsale de la phalange métacarpienne.
La résection de l’extrémité osseuse luxée est un moyen extrême qu’on ne doit adopter que pour les cas où les procédés précédents sont restés sans effet.