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TITRE IV. — AFFECTIONS DU LARYNX

constitué par une loupe. C’est celui dont nous faisons exclusivement usage, ce qui ne nous empêche pas de rendre justice aux ingénieux appareils de MM. Turck elCzermark.

Plaies du larynx.

Les accidents auxquels donnent lieu les plaies du larynx, accidents qui peuvent faire naître le besoin d’une intervention chirurgicale sont les suivants :

■1° La suffocation,

2° L’hémorrhagie,

3° L’emphysème,

4° La présence d’un corps étranger,

5° Le rétrécissement du larynx,

6° La perte de la phonation,

7° La fistule laryngée,

8° La fistule laryngo-œsophagienne.

1° Suffocation. — À la suite de plaies multiples, de blessures produites par coups de feu, et de l'inflammation phlegmoneuse qui peut succéder aux diverses lésions du larynx, la suffocation peut survenir et nécessiter de la part du chirurgien une intervention prompte et énergique.

Les plaies multiples et les plaies par armes à feu peuvent, en amenant un brusque changement dans la conformation du larynx, en poussant même dans l’intérieur de sa cavité des portions de cartilage devenues mobiles, provoquer une suffocation immédiate. Ce que l’on doit faire en pareil cas, c’est de pratiquer sur-le-champ la trachéotomie, afin d’aviser tout d’abord au maintien de l’acte respiratoire, et ce n’est qu’après avoir pourvu à celte nécessité pressante qu’on s’occupe de satisfaire localement aux indications que fait naître l’état particulier dans lequel se trouve le larynx.

On trouvera aux indications de la trachéotomie (t. II, p. 578) de nombreux exemples des causes de suffocation produite par les plaies du larynx.

2° Hémorrhagie. — Les hémorrhagies par plaie du larynx ne nous intéressent ici qu’autantque l’écoulement du sang se fait dans l’intérieur de la cavité laryngée. Ces hémorrhagies dépendant surtout de la lésion du rameau crico-thyroïdien quelquefois très- volumineux, étaient surtout fréquentes à l’époque où l’on pratiquait encore la laryngotomie. Mais depuis que nous avons prouvé le vice de cette opération et la nécessité d’y substituer l’ouverture de la trachée, les cas de laryngotomie sont devenus bien rares. Toutefois, si par suite d’une plaie du larynx il y avait hémorrhagie et avec elle suffocation, il faudrait même alors recourir encore à l’établissement immédiat d’une canule dans la trachée pour s’occuper ensuite sans aucun trouble de la recherche et de la ligature des artères ouvertes.

3° Emphysème. — L’emphysème résultant d’une plaie du larynx est dû a la perte du parallélisme entre la plaie cutanée et celle du conduit aérien

En pareil cas, agrandir la plaie cutanée constitue l’indication principale, et, dans le cas où l'infiltration d’air continuerait, on pourrait être obligé de pratiquer la trachéotomie afin de forcer l’air à passer par la canule et de le dériver hors de son point d’infiltration.

4° Présence d’un corps étranger. — Dans le cas où la présence d’un corps étranger: portion de cartilage, projectile, fragments d’une arme à pointe aiguë, épingle comme dans le cas de Lamartinière, etc., détermine des accidents qui obligent à intervenir, il faut commencer par voir si le corps étranger ne peut pas être extrait d’emblée et sans autre opération préalable; mais, pour peu qu’il y ait des difficultés sérieuses dans cette extraction, il ne faut pas hésiter à recourir à la trachéotomie. — C’est alors que, la canule étant mise en place, on revient, soit par un débridement de bas en haut de la trachée vers le larynx, soit par tout autre moyen, à la recherche et à l’expulsion du corps étranger.

5° Rétrécissement du larynx. — A la suite des plaies avec perte de substance, mais plus souvent encore à la suite de lésions organiques, et notamment de celles qui succèdent à la syphilis, on voit survenir un rétrécissement du larynx qui peut rendre à l’avenir indispensable la présence permanente d’une canule dans la trachée.

Obs. — Atrésie du larynx. — Dilatation par les tubes élastiques. (Bull, de la Société de chir., séance du 5 janvier 1859.) — Dans la séance du 5 janvier 1859, j’ai présenté à la Société de chirurgie un jeune homme de 20 ans entré dans mon service pour une atrésie commençante du larynx.

Ce jeune homme, atteint de laryngite sous- muqueuse pendant la convalescence d’une fièvre typhoïde, fut trachéotomisé. Depuis cette époque, qui remonte déjà à dix-huit mois, le malade a été dans la nécessité de garder sans cesse la canule, chaque tentative pour s’en passer amenant des accidents de suffocation immédiate.

Ayant eu l’intention d’établir une canule semblable à celle que M Bichet avait montrée à la Société sur un de ses malades, je dus recourir à une dilatation préalable du larynx rétréci; j’y procédai par l’emploi de tubes élastiques en caoutchouc volcariisé. Ces tubes étaient mis en place au moyen de la canule d’un trocart courbe, qui, pénétrant par la fistule, était poussée de bas en haut à l’intérieur de la bouche, et permettait de passer les tubes élastiques qui pendaient au dehors en manière d’anses.

En pratiquant l’introduction de ces tubes, je m’aperçus que la partie antérieure du cartilage thyroïde présentait une perte de substance assez considérable, et que la peau, cessant d’être soutenue dans ce point, se trouvait refoulée du côté delà cavité laryngienne, pendant les efforts d’inspiration qui n'étaient jamais plus énergiques qu’au momenl où on enlevait la canule. Il y avait donc un double obstacle au passage de l’air à travers le larynx, puisque d’une part il y avait diminution du diamètre de cette cavité, et que de l’autre une valve cutanée mobile s’abaissait sur elle, quand le malade était privé de sa canule.

Le rétrécissement du larynx fut combattu par la dilatation, au moyen des

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