CHAPITRE I. — MALADIES DES PAUPIÈRES
ration. Elle offre le double avantage de fixer la paupière et de s opposer à l’écoulement du sang. Elle consiste en une pince ordinaire dont une branche est terminée par une plaque qu’on engage sous la paupière et l’autre branche par un anneau dans l’aire duquel se trouve compris e chalazion ; on fixe le tout au moyen d’une vis de rappel qui exerce une compression suffisante pour empêcher le sang d’arriver aux parties qui doivent être divisées.
Nous préférons néanmoins à l’instrument de M. Desmarres, l’usage du doigt dont la pulpe portée sous la paupière nous paraît être un guide aussi sûr et plus intelligent que la pince-anneau.
Entropion.
Au point de vue opératoire nous distinguerons trois sortes d’entropion, l'entropion conjonctival, l’entropion tarsien etl’entropion musculaire.
Entropion conjonctival. — Lorsque l’entropion conjonctival peut être détruit par une déviation artificielle de la paupière en dehors, voici à quels moyens il convient de recourir.
Cautérisation. — Bien que le fer rouge ait été préconisé par Delpech et Larrey, il n’est plus employé aujourd’hui.
Les caustiques, ayant pour effet de produire sur le tissu cutané palpébral une eschare dont la chute serait suivie d’une cicatrice modulaire, seraient de beaucoup préférables au cautère actuel. L’acide sulfurique concentré appliqué sur la paupière avec un pinceau de manière à faire une sorte de traînée transversale pourrait remplir le but qu’on se propose. Mais il est difficile, en employant un pareil agent, de rester dans les limites compatibles avec un redressement parfait du voile palpébral. Ou l’on dépasse ces limites, ou l’on reste en deçà, sans compter que l’on produit une cicatrice toujours plus apparente que celle de l’excision.
Excision. — Trois procédés principaux ont été décrits :
1° Faire l’excision d’un pli cutané et abandonner la petite plaie à ellemême (Wenzel, Scarpa) ;
2° Exciser le lambeau cutané, puis réunir les lèvres de la plaie par des points de suture ou des serres-fines ; ’
3° Saisir avec des pinces le repli cutané, traverser sa base avec des aiguilles garnies de fil ou avec des épingles, puis exciser la portion de tégument qui doit être réunie par la suture.
Il va de soi que l’excision doit être transversale, la quantité de peau à exciser étant subordonnée au degré de déviation de la paupière, et l’étendue de l’excision proportionnelle à l’étendue do l’entropion.
Entropion tarsien. — Procédé de Crampton. La paupière étant saisie par son bord libre à l’aide d’une forte pince, on pratique du côté de la commissure externe une incision verticale de 2 centimètres; incision sent-
blable vers Ja commissure interne. Trois fils de soie passés dans le cartilage maintiennent le lambeau éloigné do l’œil et sont fixés avec une bandelette agglutinative sur le front lorsqu’il s’agit de la paupière supérieure sur la joue quand on opère sur l’inférieure.
Entropion musculaire. — La section sous-cutanée de l’orbiculaire a été pratiquée par F. Cunier dans un cas d’entropion paraissant résulter d’une contraction spasmodique de ce muscle.
Voici le procédé exécuté par M. Pétrequin dans un cas d’entropion spasmodique. (Ann. d'ocuiist. , t. V, p. 264.)
Liiez une ouvrière de 25 ans, aftectée d’un entropion complet siégeant sur la paupière droite, entropion dû à un spasme du muscle palpébral, M. Pétrequin fit tendre la paupière inférieure avec une pince placée à 1, angle externe; il implanta un ténotome effilé à la partie moyenne de 1 oibite au niveau du rebord osseux de la courbure orbitaire inférieure; puis, par un mouvement de bascule, il en fit filer la pointe jusqu’au bord libre de la paupière en passant derrière l’orbiculaire; alors il opéra la section de ce muscle par un mouvement de dégagement de la lame, en favorisant l’opération à l’aide du doigt appliqué sur la peau de manière à suivre tous les mouvements de la manœuvre. Puis, l’instrument fut retiré. Le résultat a été maintenu par une compression méthodique.
M. Pétrequin fait remarquer qu’il importe de faire parvenir la pointe du myotome jusqu’au bord palpébral, sous peine d’avoir un résultat incomplet. Ce sont en effet les fibres les plus rapprochées du bord palpébral qui sont contractées dans l’entropion. C’est le contraire dans l’ectropion.
Ectropion.
Eclropion conjonctival ou par excès d’étendue de la conjonctive. — La guérison de cette forme d’ectropion peut être obtenue par la cautérisation ou par l’excision.
Cautérisation. — Le nitrate d’argent est de tous les caustiques celui auquel on doit donner la préférence. On promène lentement d’une commissure à l’autre sur la muqueuse le crayon de nitrate d’argent, puis on dirige entre les deux paupières une douche d’eau froide au moyen de l’injecteur atmosphérique. Application de compresses imbibées d’eau froide pour prévenir la réaction. Cinq ou six cautérisations suffisent généralement pour remédier définitivement à la difformité.
Excision. — Procédé de Scarpa. Un repli assez considérable de la muqueuse palpébrale est saisi avec une pince ou une érigne et excisé d’un seul coup de ciseaux. L’étendue du repli conjonctival doit être proportionnée à 1 intensité de l’ectropion.
Ectropion cutané. — Les divers procédés imaginés pour guérir cette variété d’ectropion sont les suivants :