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CHAPITRE I. — MALADIES DES PAUPIÈRES

lèvres de la plaie cutanée. (Pour plus de détails, voir la leçon publiée par nous Gaz. des hôp. , n° du 27 juillet 1844.)

Itlépharoptosis.

On en distingue plusieurs espèces : le ptosis congénial, le ptosis hypertrophique, le ptosis traumatique, le ptosis atonique et le ptosis paralytique. Nous ne parlerons ici que des variétés de blépharoptosis qui peuvent nécessiter l’intervention chirurgicale.

Ptosis par hypertrophie. — Pour remédier au ptosis par hypertrophie, on a proposé d’enlever un pli transversal de la peau. Avec une pince large et à bords convexes, pince à entropion, on saisit le tégument dans le point où il paraît le plus relâché, et, après s’être assuré qu’on n’a saisi ni trop ni trop peu de peau et qu’on ne s’est pas trop approché du bord libre de la paupière, on fixe les branches de la pince et l’on retranche le pli ainsi formé à l’aide d’un ou de deux coups de ciseaux.

Ptosis congénial. — On a tenté dans plusieurs cas, mais sans succès, l’ablation d’un pli transversal des téguments.

M. Hunt, de Manchester, a imaginé pour le ptosis congénial et pour le ptosis traumatique le procédé suivant :

Incision supérieure se faisant immédiatement au dessous du sourcil et s’étendant de chaque côté jusqu’au delà des commissures de la paupière. Incision inférieure s’approchant jusqu’à une petite distance du bord tarsien de la paupière et rejoignant l’incision supérieure à chacune de ses extrémités, de manière à enlever une portion de peau en forme de feuille d’olivier. On réunit les bords de la plaie avec les serres-fines.

Ptosis traumatique. — Même opération que pour le ptosis congénial.

Ptosis paralytique. — Le docteur Macknesf a eu recours, pour remédier aux inconvénients de cette forme de ptosis, à l’appareil suivant :

Une mince pièce d’ivoire formant un segment de cercle est attachée à un ressort d’environ 0m,22 de long. L’extrémité libre de ce ressort est portée à travers les cheveux par dessus le sommet de la tête jusqu’à l’occiput. Le morceau d’ivoire s’applique sur la paupière pour la tenir relevée ; il est si étroit qu’il se cache aisément dans un pli de la paupière. Le malade acquiert facilement l’habitude de lever le ressort pour permettre le clignement et de le replacer ensuite.

On a imaginé, dans le même but, une petite pince en fil d’archal formant a l’une de ses extrémités un ou deux tours de spirale qui agissent comme un ressort; cette pince est' facilement soulevée par la paupière dont un pli transversal a été introduit entre les branches de la pince.

Lagophthalmie.

On désigne sous ce nom une perte de substance siégeant sur le bord de i une des paupières, de telle sorte que, l’occlusion de ces voiles membraneux devant rester désormais incomplète, une partie de la surface de l’œil demeure exposée à l’action de l’air.

Divers moyens ont été proposés pour remédier aux différents cas qui peuvent se présenter :

i° Dans le cas de cicatrice peu étendue et irrégulière des téguments: excision de la cicatrice et rapprochement exact des lèvres de la plaie ;

2° Dans le cas de cicatrice transversale, incision sous-cutanée de toute la paupière supérieure, y compris le cartilage ; on attire ensuite la paupière fortement en bas et on la maintient à l’aide de bandelettes agglutinatives;

3 Dans le cas de cicatrice verticale longue, dure et élevée, raccourcissant surtout la partie moyenne de la paupière: excision de la cicatrice à l’aide de deux longues incisions demi-elliptiques ;

4° Dans le cas de raccourcissement d’une paupière saine et exempte de cicatrice : incision sous-cutanée de l’élévateur de la paupière.

Tumeurs des paupières.

1° Tumeurs cancéreuses.

Quand la tumeur s’étend du bord libre au bord adhérent de la paupière, on l’enlève par une incision en V et l’on réunit les bords de la plaie au moyen de la suture entortillée. Si au contraire la tumeur occupe une grande étendue du bord libre de la paupière, il vaut mieux procéder à son ablation par une incision semi-lunaire que l’on pratique avec des ciseaux courbes et assez forts pour enlever la tumeur d’un seul coup.

2° Tumeurs iibro-plastiques.

Dans un cas de tumeur fîbro-plastique énorme de la paupière supérieure, tumeur tombant si bas que les cils se trouvaient presque de niveau avec le menton (diamètre vertical, 0m, 135 ; diamètre transversal, 0m, 162). Baudens disséqua la tumeur de bas en haut en conservant une portion de peau suffisante pour suppléer à la perte que la conjonctive devait nécessairement subir et en évitant d’intéresser l’orbiculaire des paupières, l’élévateur de la paupière supérieure et le cartilage tarse. L’opération fut trèslongue et laborieuse, attendu que laportion supérieure de la tumeur pénétrait dans l’orbite, et adhérait au globe de l’œil en partie atrophié et à la sclérotique. Néanmoins on parvint à disséquer la portion de peau dont on avait besoin pour établir la nouvelle paupière, et de plus à rattacher à celle-ci, à l’aide de quelques points de suture, le bord libre de l’ancienne en conser-

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