‹ Traité clinique et practique des opérations chirurgicales, ou, Traité de thérapeutique chirurgicaleChapitre 86 sur 256 · CHAPITRE I. — MALADIES DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — MALADIES DES PAUPIÈRES

Il faut, pour enlever ces tumeurs, pratiquer une incision elliptique qui cerne leur base, puis on saisit avec des pinces, la peau unie à la tumeur et par de petites tractions on sépare cette dernière du tissu cellulaire sur lequel elle reposait.

Tumeur èlèpliantinsiiiue des paupières.

Ces tumeurs, assez fréquentes chez les individus qui habitent les tropiques, acquièrent quelquefois le volume d’une orange.

Carron du \ illards en a rapporté deux cas dans les Annales d’ oculistique (t. XXXII, p. 253, et t. XXXV, p. d30). Il eut recours à deux incisions semi -elliptiques partant de la tempe et se rendant aux limites inférieures de la tumeur; il put enlever ainsi tous les tissus malades, puis réunir au moyen de la suture. Dans les deux cas la guérison fut prompte et complète.

Mævi materai des paupières.

Les deux seuls modes opératoires qui me paraissent applicables à ce genre de tumeurs sont l’écrasement linéaire et la cautérisation sèche.

Si la tumeur présente un certain volume, si elle est susceptible d’être pédiculisée, j’engage au-dessous d’elle une ou plusieurs aiguilles de manière taire saillir le nævus, j’applique une ligature immédiatement au dessous des aiguilles, et sur le pédicule ainsi formé je place la chaîne d’un écraseur très-fin.

Lorsque le pédicule ne peut être formé, c’est à la cautérisation sèche que j’ai recours. (Voyez Traitement des taches pigmentaires par la cautérisation sèche , t. II, p. 253.)

Mollnscum des paupières.

Pour faire disparaître la difformité qui résulte de la présence de cette variété de tumeurs, on cerne la base du molluscum par deux incisions semielliptiques, on enlève la portion de peau qui le supporte et l’on réunit avec les serres-fines ou par deux points de suture.

Epicantlius.

On en a distingué deux especes, l’épicanthus interne et l’épicanthus externe. — La plus commune est sans contredit l’épicanthus interne.

X oici les méthodes curatives qui ont été proposées pour la guérison de cette difformité.

hpicanthus interne. — Procédé de Von Amman. — Placé en face du malade, le chirurgien soulève entre le pouce et l’index de la main gauche un pli vertical de la peau, et cela exactement au milieu de la racine du nez. entre les angles internes des deux yeux. Il agrandit peu à peu ce pli en

l’attirant en avant et vers lui jusqu’à ce que le double épicanthus soit complètement effacé; alors il marque avec de l’encre la circonférence delà base du pli formé, puis lâche prise. La ligne tracée circonscrit un espace ovalaire terminé un peu en pointe à ses deux bouts et long d’environ 2 centimètres de haut en bas. Il excise toute cette portion de la peau a\ecle bistouri et réunit les lèvres de la plaie par trois ou quatre épingles et la suture entortillée.

Le procédé n’est applicable qu’à l’épicanthus interne double. — Si l’ épicanthus était unilatéral, on aurait recours au procédé imaginé fpar M. Græfe : L’épicanthus étant soulevé un peu à l’aide d’une pince à griffes, dont l’une des branches est introduite sous la valvule anormale, la portion de peau est complètement excisée avec des ciseaux, puis avec le môme instrument on pratique une incision droite, longue d’environ 2 millimètres, sur la peau de l’angle interne de l’œil vers la racine du nez.

Epicanthus externe. — Cette variété a été signalée pour la première fois par M. Sichel ( Annales d’oculistique , t. XXIX, p. 211). Voici le procédé qu’il propose :

Exciser deux portions verticales et ellipsoïdes de la peau, ayant chacune un peu plus de hauteur et de largeur que le pli épicanthique, et placées sur la ligne de prolongation des deux commissures oculaires à la partie la plus reculée de chaque tempe, assez près de la naissance des cheveux pour qu’ils cachent entièrement la cicatrice. Celle-ci, en produisant la rétraction des téguments vers la tempe, efface l’épicanthus externe.

Chez une femme affectée d’éléphantiasis de la face avec épicanthus, j’ai eu recours à l’opération d’Ammon qui consiste à enlever un lambeau tégumentaire entre les deux yeux. Plus tard l’hypertrophie de la paupière devint si considérable qu’elle amena l’occlusion mécanique de l’œil. — Après avoir épuisé vainement toutes les ressources de la thérapeutique, il fallut faire l’excision d’une partie des téguments de la paupière supérieure. (Voyez Gaz. des kôp ., 27 nov. 1855.)

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