CHAPITRE III. — MALADIES DE L’APPAREIL LACRYMAL
ou dans le sinus maxillaire, ainsi que dans le cas d’exostose, comme l’a l'ait observer Dupuytren.
Il en est de même lorsqu’il y a oblitération due à une concrétion ealculeuse.
Dans le traitement par la canule, il importe de savoir que celle-ci développe quelquefois des ophthalmies qui cessent par son extraction.
6° La cautérisation est une méthode tout à fait exceptionnelle et qu'il faut se garder d’appliquer d’une manière générale; à l’exemple des anciens chirurgiens, on se presse souvent trop, et on abandonne trop vite des opérations très-bonnes et beaucoup moins sérieuses. Je pourrais citer l’exemple d’une femme opérée deux fois par i\I. Desmarres, et sans succès; elle était dans les plus mauvaises conditions, et cependant je la soumis de nouveau â la dilatation progressive et lente. Au bout de deux mois, elle fut guérie. Ce n’est point avec le séton qu’il faut faire cette dilatation, car cet agent coupe les tissus, mais bien avec des tubes à drainage; quand cette dilatation a été continuée plusieurs semaines, on peut employer une canule si on le croit nécessaire.
Placer une canule immédiatement après l’incision du sac, constitue une très-mauvaise pratique ; on arrache, on déchire la muqueuse et le périoste : de là des inflammations consécutives très-rebelles, quelquefois des abcès sous-périostiques aigus extrêmement graves. Lorsqu’au contraire le canal a été préparé au contact des corps étrangers, on place la canule avec douceur, on s’assure qn’elle est dans la bonne voie, qu’elle y est bien maintenue, etc., etc.
En résumé, si la dilatation progressive est bien faite, ou l’on peut se passer de canule, ou bien celle-ci est facilement supportée.
La destruction du sac est une méthode barbare qu’il faut mettre de côté ou réserver pour des circonstances exceptionnelles.
Hypertrophie, squirrhe et fongug île la glande lacrymale.
L’extirpation est trop souvent le seul mode de traitement applicable à ces sortes de tumeurs. YToici comment on y doit procéder.
On incise directement sur la tumeur à travers les téguments et la couche fibreuse de la paupière supérieure, parallèlement au pourtour de l’orbite. La glande étant située au dessus de l’élévateur de la paupière, on évite ainsi d’intéresser ce muscle, ce qui serait presque impossible si l’on opérait à travers la conjonctive. La glande étant mise à nu doit être isolée des parties au milieu desquelles elle est comme enclavée. Si l’on craint de blesser le globe de l’œil, on se servira au lieu du scalpel d’un instrument à extrémité mousse, puis saisissant la glande avec une pince à érigne. on 1 enlèvera après avoir divisé ses dernières connexions.
Quand les paupières sont envahies par la dégénérescence pour laquelle
on pratique l’opération, on peut prolonger la fente palpébrale par une incision commençant à la commissure externe et se prolongeant en dehors dans une étendue de 1 ou 2 centimètres. On relève ensuite la paupière supérieure, et, la faisant tenir par un aide au moyen d’une érigne, on incise la conjonctive parallèlement au rebord orbitaire. On saisit alors la glande avec une forte pince à érigne et on l’enlève en divisant les brides celluleuses qui la retiennent dans la cavité orbitaire.
Quand la dégénérescence a envahi la portion palpébrale de la glande, on est quelquefois obligé d’enlever la paupière supérieure tout entière.
Si l’œil a été détruit, il faut extirper ce qui en reste. S’il est encore entier, que la vision soit ou non abolie,, il faut le conserver.
Le 22 octobre 1851, j’ai présenté à la Société de chirurgie une malade âgée de 26 ans, atteinte d’une exophthalmie de l’œil droit, exophthalmie résultant d’une tumeur qui poussait l’œil hors de l’orbite en avant et en dedans. L’on sentait très-distinctement une tumeur dure, élastique, saillante , arrondie sur toute la moitié supérieure externe de l’orbite. La tumeur, nullement douloureuse du reste, n’était pas mobile. La malade s’était aperçue de la proéminence anormale de l’œil dès l’âge de 20 ans. Dès lors, dans l’espace de six ans, la tumeur s’est lentement accrue, et la vision a été peu à peu abolie ; un bruissement sourd et continu s’entendait à l’auscultation de cette région et la malade elle-même pouvait l’apprécier de temps en temps , surtout aux époques menstruelles.
Le 28 octobre, je fis l’extirpation de cette tumeur qui s’étendait profondément dans l’orbite, tout en ménageant complètement 1 œil qui a pu être replacé et reprendre son aspect normal.
La tumeur avait environ 35 millimètres de long sur 2 centimètres de large et à peu près autant d’épaisseur. Elle était presque conique aux deux extrémités, dont l’une constituait une espèce de pédicule de 5 à 6 millimètres de long sur 3 à 4 de large. La forme de la tumeur se rapprochait beaucoup de celle du testicule. Extérieurement, elle était entourée d’une enveloppe fibro-cellulaire peu vasculaire. Sur une coupe fraîche on constate un aspect grenu, rougeâtre, ayant la ressemblance la plus happante avec la structure des glandes en grappe ; à la pression on obtient de nombreux grumeaux que le microscope reconnaît pour des culs-de-sac glandulaires. A de faibles grossissements microscopiques, on voit bien la réunion de ces culs-de-sac allongés, en grappes(et lobulés. Les cæcums terminaux sont allongés et varient entre 1 1/2 et 1/2 millimètre en largeur. A de forts grossissements, on reconnaît leur membrane propre finement grenue recouverte de fibres très-ténues, éloignées les, unes des autres; à la face interne on voit beaucoup de noyaux d’épithélium de 1 /200 de millimètre renfermant un ou deux nucléoles punctiformes. On ne voit qu’un petit nombre "de cellules rondes de 1/100 de millimètre, mais un grand nombre de corps allongés cylindriques ou cunéiformes; leui inte