‹ Traité clinique et pratique de la phthisie pulmonaireChapitre 102 sur 125 · CANNES, LE CANNET · texte numérisé non relu

CANNES, LE CANNET

moyenne, une végétation splendide et d'excellentes conditions hygiéniques, tant au point de vue des hôtels et des pensions qu'au point de vue médical, peu de maladies réclamant autant de médecins à expérience spéciale que la tuberculose. Aussi ai-je tout particulièrement étudié cette belle contrée pendant ces dernières années.

Des stations cVhiver de la Riviera di Ponenti.

Cannes est une des plus belles localités de la Riviera, abritée, même très abritée selon les points. Mais il y a des malades lymphatiques ou scrofuleux, à tempérament mou, peu excitable, à tuberculose lente et peu fébrile. Pour ceux-là, les bords de la mer, avec son air plus vif, le vent qui y souffle de temps en temps, conviennent de préférence. Le Cannet, situé en arrière, un peu sur la hauteur, est très abrité, ainsi que tout ce splendide amphithéâtre de collines, parsemées de belles villas au pied de la montagne. C'est là où les tuberculeux, les phtisiques, très impressionnables à l'air, très disposés au refroidissement, ayant facilement de la lièvre, toussant beaucoup, nerveux, excitables, trouveront un abri aussi beau que salubre. Il est donc nécessaire que les malades, en arrivant, consultent un médecin qui leur conseille l'exposition la plus favorable. A Cannes, comme ailleurs, la saison peut com* mencer à la fm d'octobre ou au commencement de novembre. Le mistral de mars et d'avril y est faible, rare et peu incommode. S'il est fort, il faut rester à la maison ou ne sortir qu'avant onze, heures ou midi, à partir de neuf à dix heures, où il est moins fort. Ces jours de vents forts passent, et le printemps, jusqu'en mai, y est très beau. D'autres vents, quelquefois forts, n'y sont pas rares au printemps; mais quelle

5U TRAITEMENT DE LA TUliEUCULOSE.

est la station tic la Riviera, quelle est la station d'hiver en général qui soit exenq)te de vents parl'ois Ibrt incommodes?

Nice est connu depuis l'antiquité comme séjour agréable, salubre, à climat doux, à ciel serein, très riche en soleil pendant l'automne , l'hiver et le printemps ; aussi les malades atteints d'aflections de la poitrine y ont-ils afflué de toute l'Europe pendant longtemps. Il est alors arrivé à Nice ce qui arrive à toutes les stations de ce genre : on y a envoyé un grand nombre de cas désespérés de tuberculose avancée, incurables dans la majorité des cas. C'est alors qu'une réaction s'est faite, et, au lieu de devenir plus judicieux dans le choix des malades à envoyer, au lieu de n'y diriger que les tuberculeux auxquels la nature, l'art, la cure climatologique pouvaient être vraiment utiles, et ces cas sont heureusement nombreux, on a attribué au climat de Nice ce qui était la faute des indications thérapeutiques mal posées et mal remplies. Le mauvais vouloir y a aidé. Eh bien, malgré les fautes graves des uns et les calomnies des autres, Nice a conservé sa belle réputation; elle est sortie victorieuse de cette lutte, et l'avenir lui réserve line place d'autant plus belle, d'autant plus assurée parmi les stations de la Riviera, que l'on a appris davantage à user de son climat d'une manière réfléchie et opportune.

Mieux que tous les raisonnements, les faits parleront et rendront témoignage au climat de Nice; analysons donc rapidement en premier lieu ses éléments météorologiques.

Nous possédons des observations exactes sur Nice depuis 1806 jusqu'à aujourd'hui. Des hommes très distingués s'en sont occupés sans interruption. Il suffit de prononcer les noms fl<> Fodéré, Risso, Richelmi, Roubandi, Naudot, Verany, Gabrol, Teysseire. Ce dernier auteur, étranger, du reste, à la médecine, a continué depuis près de trente ans ses observations météore-

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logiques. Il vient de publier dans le Nice médical * un résumé par mois de ses observations sur le climat de Nice pendant vingt-huit ans (de 1819 à 187G). Il est très-facile de contrôler l'exactitude de ses observations, vu que les journaux de Nice, le Phare du littoral entre autres, publient tous les matins, |)our Nice, le bulletin météorologique. Les ouvrages spéciaux >ur Nice, de Niepce père, de Lippert, de Thaon et d'autres, s'appuient sur les données exactes de Teysseire et les commentent judicieusement. Je m'appuierai de préférence sur la dernière édition de la monographie fort bien faite de Lippert - sur le climat de Nice, à laquelle je ferai quelques emprunts.

La température moyenne de Nice est de 15%67 G. pour toute l'année. La moyenne des mois de la cure climatologique de Nice est la suivante, d'après le tableau récent de Teysseire : novembre, 11,90; - décembre, 9,00; —janvier, 8,38; — février, 9,13; — mars, 11,08; — avril, 11,29; — mai, 17,74. Je pourrais omettre le mois de mai, qui ne réunit plus beaucoup d'étrangers à Nice; mais je l'ai analysé aussi, vu que les malades qui retournent chez eux ne retrouvent généralement un climat salubre et clément qu'à partir de la seconde moitié de mai. Si donc on fait abstraction des mois d'avril et mai, à moyenne bien plus élevée, on arrive, pour les mois les plus froids de l'année, à une moyenne de près de 10" G., encore plus élevée que celle généralement indiquée de 9%5. Le minimum de la moyenne de cette saison en janvier ne descend pas au-dessous de 8%38, et février a déjà 9%23. 11 n'y a guère de station en Europe qui offre de meilleures conditions de température, surtout si l'on ne se contente pas de publications de

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