DE J.A MÉNINGITE TUBERCULEUSE
temps, puis le coma pcrsislc sans inlen-uption aucune; les cris hydrencéphaliques continuent au milieu de cette profonde dépression. Ce nom d'hydrencéphalique, généralement adopté, n'est cependant pas tout à fait exact, ce même cri s'entendanf aussi, quoique moins fréquemment, dans d'autres maladies aiguës de l'enfance. Pendant cette période ultime, des spasmes et des convulsions se montrent, spasmes dans les muscles de la face, roulement des yeux, strabisme, spasmes dans les paupières incomplètement fermées, grincement des dents, mouvements automatiques des membres, mouvement continu de mastication, soubresauts des tendons, tremblement des membres, trismus, roideur tétanique du tronc, opistothonos, contractures puis spasmes toniques, contracture d'un membre, d'une articulation, rétraction de la tête qui s'enfonce en arrière dans les coussins, plus rarement contracture et rétraction latérale de la tête. Ces spasmes cloniques et toniques passent par moments à des convulsions générales, presque épileptiformes; mais dans ces cas on doit soupçonner également l'existence de tubercules cérébraux. Les muscles qui ont été le siège des spasmes tombent ensuite dans le relâchement. Lorsque les spasmes cloniques changent de caractère pour devenir toniques, il existe ordinairement aussi des tubercules cérébraux. Dans des cas rares, les muscles gardent après les spasmes une fixité cireuse sans contracture, comme dans l'état cataleptique, et ils peuvent conserver pendant quelque temps les poses bizarres qu'on leur donne.
Après les convulsions surviennent des symptômes variés de paralysie, pendant lesquels les spasmes peuvent encore se montrer de temps en temps, mais en devenant rares. Les paralysies qui portent sur les nerfs crâniens affectent le facial, l'oculo-moteur, et entraînent de la blépharoptose d'un côté ou
les deux à la fois, de la gêne paralytique de la déglutition. 'ai narcose générale et l'insensibilité de la muqueuse buccale M'uvent aussi faire que les malades gardent un peu dans la bou- •lie les liquides ingérés, pour les avaler ensuite. La dysphagie •aralytique complète appartient aux phénomènes terminaux. La )aralysie peut frapper un bras, une jambe, quelquefois les deux iiembres du même côté, mais elle peut s'amender, se voir ensuite lans un autre membre, pour devenir de nouveau plus forte lans le membre affecté antérieurement. La paralysie est quel- }uefois accompagnée d'une hyperesthésie qui, ainsi que l'anes» hésie, peut se manifester avec des localisations etune intensité .ariées, et changer de siège. Il est probable que la propagation le la méningite à la pie-mère rachidienne contribue à provoquer me partie de ces troubles si variés du système nerveux. . Les troubles de la vue sont fréquents. Sans compter le stra- )isme et le mouvement désordonné des muscles des yeux, la liplopie n'est pas rare chez les enfants d'un certain âge et chez les adultes. L'amblyopie et la cécité, passagères ou durables, la s'observent que vers la fin. Les pupilles, rétrécies d'abord, .0 dilatent plus tard et sont inégales, même lorsqu'elles sont rùs-larges ; elles réagissent de moms en moins, et à la fin elles li'viennent insensibles à la lumière.
La respiration devient inégale aussi vers la fin; elle est tantôt superficielle et lente, tantôt plus accélérée, profonde, suspicieuse. J'ai observé une fois la respiration de Cheyne-Stokes, • mais chez l'adulte ce phénomène est probablement plus frél'ient, vu qu'il a lieu essentiellement sous l'influence du système nerveux. Des sueurs partielles, rarement générales et profuses, ont lieu vers la fin également; c'est à ce moment qu'il y a souvent rétention ou évacuation involontaire des urines.
La mort arrive rarement d'une manière l apide et inattendue
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OU dans un accès de convnlsions. Ordinairement elle survient dans le coma, après un épuisement de plus en plus complet, quelquefois avec une phase typhoïde dans laquelle on observe des fuliginosités autour de la bouche et des narines. Quelquefois les malades reprennent des lueurs de connaissance avant la lin. La phase terminale peut se prolonger; il est probable que l'insensibilité, le coma profond, la langueur croissante de toutes les fonctions sont dus alors à l'épanchement de plus en plus considérable dans les ventricules du cerveau, avec ramollissement central. Chez quelques malades, des spasmes, des contractions, des paralysies partielles se montrent jusqu'à la mort; le plus souvent tous les symptômes spasmodiques cessent pendant la période terminale. Pendant l'agonie, l'anestbésie devient de plus en plus complète, les mouvements réflexes paraissent abolis, les sens ne réagissent plus, la peau se refroidi!, des sueurs partielles visqueuses et froides surviennent, le pouls devient irréguher, presque imperceptible, la respiration est de plus en plus rare et irrégulière.
Je n'ai de notes exactes sur la durée totale de la maladie que pour vingt et une de mes observations. En voici le résultat:
Mort au bout de 3 à 7 jours 2 cas
Les cas de moins d'une semaine de durée sont donc rares, et encore ont-ils été précédés très-probablement d'une période latente. Rilliet et Barthez indiquent comme durée moyenne trente-deux jours. Je ne puis pas admettre cette moyenne de plus de trois semaines, sauf d'assez nombreuses exceptions.