DE LA RÉSECTION OU ABLATION PARTIELLE
Le mot de résection pris dans son acception la plus générale indique toujours une ablation partielle. C'est presque constamment l'extraction d'une pièce osseuse ou cartilagineuse plus ou moins altérée.
Le principe de la résection, qui repose sur le discernement de ce qui dans
TITRE VIL — TORSION. \ \ l
une partie du corps est malade et de ce qui est sain, 'est éminemment rationnel en ce sens qu'il ne sacrifie que ce qui est nuisible, sans envelopper dans l'acte destructif et des parties malades et des parties saines. A ce point de vue, la résection constitue un véritable progrès de l'art chirurgical, et mérite de prendre une place de plus en plus importante dans les travaux d'une chirurgie qui se perfectionne.
Malheureusement l'exécution des procédés opératoires qui avaient été mis en usage entraînait de tels délabrements, de telles violences, que les résultats cliniques n'étaient point a la hauteur de l'indication, et que, tout en paraissant faire quelque chose de plus rationnel que l'amputation, on avait souvent à regretter d'avoir donné la préférence à un mode de traitement plus savant, mais plus dangereux.
Depuis les perfectionnements apportés à Tostéotomie chirurgicale, et depuis les procédés que nous avons fait connaître pour l'exécution du manuel opératoire des résections, il y a lieu de restituer à ce mode opératoire le véritable rang qui lui appartient, et de le substituer franchement à l'amputation, toutes les fois que les conditions d'exécution qui lui sont propres se trouvent réunies. Nous aurons l'occasioa de montrer plus tard conâbien quelques principes simples et féconds font de cette partie importante de la médecine opératoire, un chapitre neuf et véritablement pratique.
TITRE Vn DE LA TORSION.
Parmi les divers modes employés en chirurgie pour produire des solu* lions de continuité sans l'emploi de l'instrument tranchant, nous devons ranger la torsion.
Si} dans le cas d'une tumeur pédiculée, telle qu'un polype des fosses nasales ou un polype utérin, on saisit entre les mors d'une' pince le corps qu'on veut extraire, et si on lui' imprime des mouvements continus de rotation sur l'axe, on reconnaît qu'après un certain nombre de rotations, le pédicule subit d'abord quelques fissures, puis des déchirures plus ou moins considérables et enfin une solution complète de sa continuité.
Vient-on à examiner anatomiquement le résultat de cet acte opératoire, on reconnaît que la surface de la solution de continuité est irrégulière, spirolde, à la manière d'une vrille ou d'un tire-bouchon, et quelquefois eflSiée àla manière d'une tige de verre qu'on a fondue à la lampe. Au point de vue de l'état physiologique, ce. genre de solution de continuité a pour t^raetères fort remarquables et très-dignes d'être notés (eu égard à la pratique), qu'il ne donne pas ou qu'il donne généralement peu de sang.
1 12 PART. ï. — OPÉRATIONS COMMUNES A TOUTES LES PARTIES.
C'est le fait d'observation de cette immunité hémorrbagique qui est devenu Torigine d'un procédé opératoire hémostatique sur lequel duos insisterons quelque peu. Provisoirement nous distinguerons l'acte de U torsion en deux nuances très-distinctes, la torsion d arrachement et h torsion hémostatique proprement dite.
La torsion d'arrachement a été principalement appliquée au traitement des polypes, et il faut reconnaître que ce mode opératoire a compté plis d'une réussite. C'est à peine si, après ce genre d'ablation des polypes. il survient un léger mouvement fébrile, et si les malades ont besoin de se mettre au régime pendant quelques jours. C'est surtout aux polypes moqueux, à ceux dont le pédicule est étroit, que la torsion d'arrachement est applicable.
Quant à la torsion hémostatique^ elle a eu pour point de départ cette observation que les artères, même d'un certain calibre, lorsqu'elles sont arrachées, violemment contuses ou divisées par les projectiles de guerrtv ne fournissent que peu ou point de sang. D'une autre part, les inconv(> nients qu'il peut y avoir à laisser dans les plaies des fils susceptibles de s'opposer à leur réunion immédiate et d'y entretenir des points de suppuration, durent engager à imiter le procédé par lequel toute hémorrhagie se trouve prévenue sans l'emploi de ligatures.
La torsion hémostatique peut s'exercer suivant deux modes très-différents. Ou bien elle agit sur la continuité des vaisseaux ; ou bien elle est exécutée sur leurs extrémités béantes.
Dans le premier cas, l'artère doit être mise à découvert et isolée des veines ou des nerfs placés à son contact. Selon M. Maunoir, il faut alors saisir l'artère avec une pince.dont les branches dépourvues de mors sont terminées à leur extrémité libre par deux arêtes solides, puis briser les tuniques intetme et moyenne du vaisseau en respectant la celluleuse, 11 résulte de là, une série de sections contuses ou de hachures plus ou moins profondes. Amussat, après avoir rompu les tuniques internes par une brusque pression, à l'aide de ses pinces, faisait glisser Tinstrimient un peu moins serré de bas en haut et de haut en bas, refoulait les membranes divisées de l'un et de l'autre côté dans le tube vasculaire où elles formaient une sorte de bourrelet oblitérateur. Thierry glissait sous l'artère à oblitérer un ténacrium ordinaire et se servait de la tige de cet instrument comme d'un garrot pour tordre le vaisseau sur lui-même et lui imprimer un certain nombre de tours qui variait de quatre à dix, suivant le volume de l'artère.
Dans le second cas, c'est-à-dire, lorsqu il s'agit d'exécuter la torsion sur les extrémités béantes des artères, on peut, ou bien se contenter de saisir avec une pince le bout du vaisseau pour lui faire subir un certain nombre de révolutions sur son axe, ou bien joindre à cette manœuvre le refoule-' ment des tuniques profondes.