‹ Traité clinique et pratique des opérations chirurgicalesChapitre 132 sur 236 · TITRE VII. — FAUSSE ANKYLOSE DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

TITRE VII. — FAUSSE ANKYLOSE DE LA MACHOIRE INFÉRIEURE

l'articulation temporo-maxillaire, une gêne considérable et parfois telle que rëcartement des arcades dentaires devient impossible. Parmi les causes qui peuvent donner lieu à cette fausse ankylose, il faut mentionner certaines inflammations chroniques de l'isthme du gosier, lesphlegmasies suppuratives qui accompagnent l'éruption de la dent de sagesse, les suppurations péridentaires du fond de la bouche, etc.

A la force qui dans ces divers cas maintient les mâchoires rapprochées, j ai l'habitude d'opposer les moyens suivants H9 la vis conique, 2° le dilatateur buccal, 3° la section médiane du maxillaire inférieur, 4° la section sous-muqueuse des brides maxillaires.

Vis conique. — L'instrument consiste en une vis dont le sommet très-fin peut pénétrer dans le plus petit écartement des arcades dentaires, puis, à partir de ce sommet, l'instrument va en augmentant assez rapidement de volume vers sa base. Cette masse conique, entourée d'un pas de vis continu creusé dans la substance, qui est corne ou ivoire, est supportée par un manche donnant beaucoup de force à la main, qui imprime des mouvements de rotation à l'instrument. Dès que la pointe de l'instrument est parvenue à s'insinuer entre les arcades dentaires, dans tel ou tel point, ce qui est toujours possible, quel que soit le degré d'occlusion de la bouche, on met la vis conique en mouvement, et on la fait pénétrer à la manière d'une vrille. Il résulte de là, qu'à mesure que l'instrument pénètre avec une force presque irrésistible, à raison de la puissance que donne le mécanisme du pasde vis, la mâchoire inférieure cède et s'écarte de la supérieure.

L'emploi de cet instrument exige quelques précautions, et entre autres celle de préserver d'un contact immédiat avec l'instrument, la couronne des dents. 11 faut donc, aussitôt que cela devient possible (car dès le début de l'écartement ce n'est encore qu'à grand' peine que la pointe de la vis peut être introduite), placer sur la couronne des dents, en haut et en bas, un petit morceau de cuir replié en gouttière. Si l'on emploie, dans le but de protéger les dents, un corps exempt de tenue et de rigidité, du linge, par exemple, il se chiffonne sous le mouvement de la vis, et le but est manqué. — Cet instrument, doué d'une grande puissance, m'a paru constituer le moyen le plus simple et le plus rapide dans son action, quand il s'agit d'obtenir de force l'écartement des mâchoires.

Dans mon mémoire sur la carie alvéolaire latente j'ai rapporté l'observation de deux sujets chez lesquels j'ai eu recours avec un plein succès à l'emploi de la vis conique.

Dilatateur buccal. — On trouvera à l'article Hypertrophie des amygdales une description détaillée de cet instrument et des avantages attachés à son emploi.

Section médiane de Vos maxillaire inférieur. — Nous réservons cette ressource extrême pour les cas où l'usage des moyens précédents serait resté impuissant à écarter les maxillaires rapprochés.

486 SECT. V. — OPER. SUR L'APPAREIL BUCCO-PHARYNGIEN.

Supposez qu'il existe des brides maxillaires qu'on ne puisse pas étendre par la vis conique ou parle dilatateur, on peut, en sectionnant sur la ligne médiane l'os maxillaire inférieur diviser la difficulté et la réduire, si elle est comme 4 à la proportion de 2. Les chances de vaincre l'obstacle seront donc augmentées de moitié.

En outre on se ménage ainsi, s'il y a lieu, une facilité extrême pour la ténotomie des muscles rétractés.

Section sous-muqueuse des brides maxillaires. — Une ponction est faite à la muqueuse ; le ténotome introduit à travers cette petite ouverture est glissé le long delà face postérieure de la mâchoire et parallèlement à elle aussi loin qu'il peut atteindre. Le tranchant de l'instrument est alors dirigé soit en haut, soit en bas, de manière à diviser tout ce qui résiste, en respectant, autant que faire se peut, l'intégrité de la muqueuse.

TITRE VIII

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